[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #120. Hellraiser

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #120. Hellraiser

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Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #120. Hellraiser
#120. Hellraiser Le Pacte de Clive Barker (1987)
Il est assez injuste de voir combien le 7ème art s'est entêté à laminer l'enthousiasme et la créativité illimitée ce pauvre Clive Barker, monument de la littérature horrifique - il n'est pas blasphématoire de le considérer comme l'égal de Stephen King -, qui n'avait pourtant que pour seul ambition de célébrer le genre de la plus respectueuse des manières.
Force est d'avouer également, que le cinéaste à un univers très personnel, loin d'être propisce à attirer en masse les majors à sa porte (qui n'hésiteront pas à massacrer ses oeuvres, quand elles ont eu la faiblesse de se hasarder à le convoquer), lui qui est parcourut d'un romantisme déviant, ou le pouvoir des rêves, la monstruosité - sous toutes ses formes -, la souffrance physique la plus jouissive qui soit (il n'a jamais caché son goût pour le sado-masochisme, et en même temps il est très difficile pour lui de le faire dans ses oeuvres), ou même une sexualité totalement débridée et sans tabou (inceste, zoophilie, tout est permis chez Barker).

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Moins épique que son hymne sincère et étrange aux freaks que fut le merveilleux Nightbreed/Cabal (et quel score de Danny Elfman, bordel...) mais surtout moins charcuté que son fiévreux Le Maître des Illusions, Hellraiser qui marquait son premier passage derrière la caméra, est de loin son meilleur long, aussi fragile soit-il.
Décrit par le cinéaste lui-même comme une " histoire d'amour malade ", et articulé autour d'un pitch sommaire mais accrocheur parce que pétri de mystère et d'interdit (un homme qui est tombé sur une sorte de boîte de Pandore qui le transporte dans un monde imaginaire ou de monstrueuses créatures, les Cénobites, le dévorent, arrive à revenir sur Terre et demande à la femme de son frère, son amante, de le nourrir pour qu'il reprenne vie et une apparence plus... humaine), Hellraiser est une oeuvre aussi fascinante et déroutante que partiellement frustrante sous de nombreux aspects.
Passionnante tant Barker y projete toutes ses marottes ou presque, au coeur d'un enchevêtrement presque miraculeux de visions folles - parfois à la limite du grotesque - et sublimes (les apparitions démentes des Cénobites, dominés par le charismatique Pinhead), mettant en place l'idée dévastatrice que l'amour, la sexualité et la souffrance peuvent s'entrechoquer pour mieux former un tout démoniaque, ou le plaisir de la chair sous toutes ses formes, n'a plus aucune limite.
Frustrante parce que Barker a privilégié la rugosité enivrante de son histoire (un huis clos horrifique d'une sobriété rare, malgré l'esprit foisonnant de son créateur), à sa beauté esthétique, tant la photographie (éclairé comme le plus mauvais et fauché des gialli) couplé à une mise en scène sensiblement plate (qui est pourtant constamment relevée par un score dément de Christopher Young), ne parvient jamais à rendre justice à une romance glauque, elle-même plombée par un jeu d'acteur salement inégal (Sean Chapman en tête).

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Des défauts certes dommageable mais qui n'atteignent pourtant jamais l'aura folle qui émane de ce premier long, un bonheur d'horreur pure et romanesque, qui rend résolument mélancolique à chaque vision, quand on laisse nos esprits se remémorer ce qu'est devenu la suite de la franchise (seul le second opus, Les Écorchés, arrive à lui être supérieur), entre les mains des deux monstres Weinstein, via leur laboratoire d'expérimentation Dimension.
Et alors qu'un reboot - une arlésienne à Hollywood -, semble enfin sur de bons rails à Hollywood, et qu'un show (vraiment bandant sur le papier) pointe le bout de son nez du côté de chez HBO, il est donc de bon ton de refaire un petit coucou aux Cénobites, et de les laisser nous emmener une nouvelle fois dans les méandres d'un enfer ou la raison n'a pu lieu d'être...
Jonathan Chevrier

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