[CRITIQUE] : The Lovebirds

Par Fuckcinephiles


Réalisateur : Michael Showalter
Acteurs : Kumail Nanjiani, Issa Rae, Moses Storm,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Comédie, Romance, Policier.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h26min.

Synopsis :
Un couple au bord de la rupture se retrouve impliqué dans un meurtre mystérieux. Les anciens tourtereaux doivent tout mettre en oeuvre pour effacer leurs noms sur la liste des suspects sans que leur conflit personnel prenne le pas sur leur objectif premier ; être disculpés.



Critique :

Dans la droite lignée de #DateNight et #GameNight, pas toujours fin mais souvent désopilant, tirant parfaitement parti de ses interprètes (le couple Issa Rae/Kumail Nanjiani est parfait),#TheLovebirds est une balade absurde jouissivement punchy et extravagante, qui fout la banane pic.twitter.com/uTA721Ul6i— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) May 22, 2020

Avec un contenu alternant entre le très divertissant et le profondément oubliable, Netflix est sensiblement la seule plateforme à nous avoir abreuver de productions nouvelles à un rythme régulier, rompant un brin la monotonie d'un confinement ou justement, les sorties étaient quasiment forcées à être aux abonnés absentes.

Premier fruit, en plein confinement, d'un deal entre une major et une plateforme, l'alléchante comédie The Lovebirds de Michael Showalter (larguée sans vergogne par une Paramount qui avait déjà fait le coup en 2018 avec le tandem Annihilation/The Cloverfield Paradox), portée par le couple Kumail Nanjiani/Issa Rae, vient tenter de nous convaincre que oui, même si le déconfinement est déjà bien entamé et que la chaleur commence à doucement se faire sentir, il sera bon de rester chez soi et de profiter... de sa télévision.

Copyright Netflix


Articulé autour d'un pitch tragicomique qui n'a, à première vue, rien de particulièrement original, The Lovebirds démontre pourtant très vite tout son mojo génial, et se hisse sans forcer tout en haut de ce que le catalogue Netflix a à proposer de plus hilarant.

On y suit un couple en bout de vie, Jabril et Leilani, engagés dans le genre de fin de relation qui les pousseraient incessamment sous peu, à enfoncer le dernier clou du cercueil qui les mènera à leur séparation.
Et un soir, au mauvais endroit au mauvais moment après un énième date chaotique, ils finissent par être les deux seuls témoins de la mort d'un cycliste, logique dans le sens où l'arme du crime est tout simplement... leur Subaru.
Dès lors, et malgré les conflits qui les unissent, ils vont se lancer dans une course effrénée et jouer aux détectives stagiaires dans les rues de la Nouvelle-Orléans, pour se disculper de ce crime...
Petite frangine des délirants Date Night (Tina Fey, Steve Carell, what else ?) et Game Night (Rachel McAdams, Jason Bateman... what else bis), voire même plus directement de Comme un Oiseau sur la Branche - d'où le titre -, plongeant tête la première dans l'absurde avec une frénésie enthousiasmante, The Lovebirds joue habilement la carte du polar comico-romantique qui se démarque gentiment du tout commun mais surtout, de la formule Apatow-esque qui domine gentiment le genre depuis près de deux décennies maintenant.
Dominé par une confiance en soi et en ses effets assez rafraîchissante, la péloche évite soigneusement de nous submerger de bêtises sourdes ou de punchlines faciles (le ratio de vannes faciles et de gags plus physiques, est subtilement réparti), et laisse suffisamment de place autant à ses interprètes (le couple Nanjiani/Rae est aussi unique que complémentaire) qu'à son intrigue solidement structuré, pour épouser un équilibre étonnant entre la romcom burlesque mais réaliste, la comédie policière entraînante et un reflet assez sombre et politique de notre société contemporaine.

Copyright Netflix


Mieux, il trouve dans le concept improbable d'un mystère criminel farfelu, la bonne toile de fond pour explorer les fondements du couple, et les raisons de son essouflement/effondrement passé un certain temps (en abordant notamment la futilité du mariage, la fréquence des relations sexuelles,...), démontrant même pourquoi, parfois, faire le travail nécessaire pour maintenir sa relation à flots, peut vraiment en valoir la peine.

Pas toujours fin mais (très) souvent désopilant, tirant parfaitement parti de ses interprètes (qui n'est pas la uniquement pour se féliciter aveuglément et de manière totalement superficielle, d'avoir fait primer la diversité) et de ses saillies sociopolitiques (drôles parce que vraies), The Lovebirds est une balade absurde jouissivement punchy et extravagante, pour laquelle il est vraiment, vraiment difficile de ne pas tomber sous le charme.


Jonathan Chevrier