Séries – HOMELAND | THE PLOT AGAINST AMERICA | UNORTHODOX | SELF MADE

Par Taibbo

HOMELAND S08 (myCanal) – 15/20

Goodbye Carrie…
Homeland se termine avec une dernière saison et un dernier épisode à la hauteur d’une série qui a globalement toujours su conserver des standards très élevés, parfois au prix des choix radicaux. Toujours haletant, rarement décevant. Et Carrie + Saul restera l’un des duos non romantique les plus iconique de cette décennie de séries TV. Ça fait tout drôle de dire adieu…

THE PLOT AGAINST AMERICA S01 (OCS) – 16/20

Une uchronie dense et glaçante qui suit une famille juive du New Jersey au début des 40′ alors que Lindbergh a évincé Roosevelt de la présidence, se refusant à faire entrer les USA en guerre et ménageant le régime nazi. Avec son acuité habituelle, aussi bien sociale, politique qu’économique, Davis Simon (The Wire, The Deuce) fait violemment résonner ces événements fictifs avec l’actualité américaine, bien que le roman de Philip Roth dont il est adapté ait été écrit au début des années 2000.
Il dévoile patiemment comment le populisme peut virer au fascisme et comment la bête immonde et sournoise tisse sa toile pernicieusement.
Toujours aussi précis et fin dans la construction de personnages complexes, il intensifie la tension dramatique au fil des épisodes avec une authenticité terrifiante.
En revanche, six épisodes, c’est bien trop court, je n’avais même pas compris que la saison était terminée…

UNORTHODOX (Netflix) – 14/20

Série saisissante sur une jeune femme fuyant le quotidien de la communauté juive ultraorthodoxe de Willamsburgh à Brooklyn, un quotidien coupé du reste du monde, Unorthodox est construit sur le décalage très éclairant entre la fragile nouvelle vie de Esti à Berlin, traquée par son mari, et son passé raconté en flash back (mariage arrangé , découverte tragique de la sexualité, apprentissage de la musique en cachette…)
La mini-série est à la fois instructive et émotionnellement chargée, notamment lors de son dénouement très réussi. Elle le doit en grande partie à la fragilité et l’intensité de son actrice principale.

SELF MADE (mini-série Netflix) – 11/20

Self Made retrace le parcours de la première femme afro-américaine millionnaire, un modèle de rêve américain que la série prend soin de constamment challenger, faisant de l’histoire de Madam CJ Walker l’exception plus que la règle. Au delà de ses très bonnes intentions, Self Made manque profondément d’ampleur, son exécution est plutôt cheap, sa réalisation peu inspirée (les scènes imaginaires sont assez gênantes) et les personnages secondaires sans grand relief. Octavia Spencer fait cependant bien le job.