[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #63. Lethal Weapon 3

[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #63. Lethal Weapon 3

© 1992 WARNER BROS


Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 90's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 90's c'était bien, tout comme les 90's, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, prenez votre ticket magique, votre spray anti-Dinos et la pillule rouge de Morpheus : on se replonge illico dans les années 90 !



[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #63. Lethal Weapon 3
#63. L'Arme Fatale 3 de Richard Donner (1992)
S'il est toujours difficile de concocter une suite digne d'un brillant premier film, la tâche est encore plus ardu quand un film doit faire ne serait-ce qu'aussi bien que deux pures bombes ayant donné un sévère coup de peps à un genre qui en avait cruellement besoin.
C'était la mission définitivement impossible qui était donné à Richard Donner et ses scénaristes (dont fût gentiment exclu Shane Black, une monumentale erreur comme le fera si bien dire le bonhomme à Jack Slater, dans son scénario de Last Action Hero), et qui ne sera relevé qu'en partie avec Lethal Weapon 3, une superproduction qui a sournoisement distillé un venin de comédie ample au coeur de la violence sombre et brutale du dyptique original (même si le second tendait déjà un brin, vers le côté obscur du mainstream), rendant sa recette certes toujours aussi délectable, mais définitivement moins remarquable et ce, même si elle contient suffisamment de munitions en elle, pour faire succomber le plus difficile des fans de Riggs et Murtaugh.

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© 1992 WARNER BROS


Reposant sur l'intrigue furieusement vaporeuse et vermifugée d'un ex-flic (Stuart Wilson, pas charismatique pour un sou) volant des armes confisquées par la police de L.A. pour les fournir à des gangs et se remplir les poches dans le but de se payer son propre empire immobilier (ne cherchez pas plus, ça ne va pas plus loin), tranchant de facto avec les empires de la drogue plus cohérents des vétérans du Vietnam (le premier) et des criminels/diplomates sud-africains (le second); la péloche - et Donner - se repose donc alors sur ses personnages (assise suffisamment puissante, surtout aux vues de ses interprètes, en pleine possession de leurs rôles depuis le départ) et son action bruyante et pétaradante, capable de faire frémir de joie tous les amateurs des prods de l'époque made in Joel Silver.
Preuve de son virage résolument moins torturé et sombre (mais pas moins tragique), l'accent émotionnel est cette fois pleinement mis sur Murtaugh, qui compte de plus en plus les jours le rapprochant de sa retraite (alors qu'il se demande pourtant dans le même temps, si le fait de raccrocher fera de lui un vieil homme), et qui va devoir faire face de tuer un jeune adolescent dans l'exercice de ses fonctions - et qui plus est un ami de son fils, Nick -, même si le trauma est vite évacué (il conçoit vite que ce n'est pas de sa faute si le garçon est mort, ni même de la faute du garçon en lui-même, mais bien les gens qui ont mis le pistolet dans sa main).

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© 1992 WARNER BROS


Plus significatif, outre le fait de donner plus de place à un Leo Getz/Joe Pesci encore plus hystérique, c'est voir l'aspect gonzo/suicidaire de Riggs être mis un brin - bon, beaucoup - en sourdine (excepté lors d'une course-poursuite à moto et à contre-sens, qui rappelle To Live and Die in L.A), au contact d'un nouveau love interest aussi déjantée que lui, Lorna Cole (merveilleuse René Russo), qui gagne son coeur en démontrant qu'elle peut infliger autant de dégâts à son corps, que lui le peut avec le sien; mais qui surtout est une belle promesse d'avenir pour lui (qui était plutôt poissard en amour) et la franchise (ses aptitudes au combat et sa répartie font un bien fou).
Mais il ne faut pas oublier non plus, au-delà de cette chute du degré de folie, une manière proprement démentielle de le montrer comme un ami égoïste, ne voulant absolument pas que son meilleur - et seul - ami prenne sa retraite (ce qui était plus subtil dans le second film, qui mettait un point d'honneur à en faire de vrais frères), et ne réfléchissant pas une seule seconde à ne pas le mettre en danger (là ou dans les films précédents, il mettait surtout sa propre personne sur la corde raide).
Moins inventif et inspiré et ne s'arrêtant plus vraiment sur les petites pièces de théâtre intimes qui émaillaient les opus précédents (un dîner chez Murtaugh, les pauses contemplatives sur la plage chez Riggs,...), L'Arme Fatale 3 joue toutes ses billes sur un humour vraiment drôle (un comique de situation solide, quelques punchlines et jeux de mots plutôt bons) et une action rythmée pour pallier ses défauts béants (un méchant qui n'est pas fondamentalement utile à l'intrigue, un aveu d'échec à ne pas pouvoir reproduire la recette magique du dyptique précédent,...).

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La retraite semblait déjà proche et pourtant, ils nous étaient tout de même bien difficile de vouloir dire au-revoir tout de suite à Riggs et Murtaugh; heureusement qu'un quatrième et - pour le moment - dernier film, redressera un brin la barre en joignant les deux bouts/styles de la saga dans un final hybride mais grisant.
Ils n'étaient pas trop vieux pour ses conneries, et la franchise ne l'est définitivement pas assez pour qu'on s'en lasse...
Jonathan Chevrier

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