LE PRINCE OUBLIÉ (Critique)

Par Cliffhanger @cliffhangertwit
SYNOPSIS: Le Prince Oublié est le nouveau bébé de Michel Hazanavicius avec Omar Sy, Bérénice Béjo et François Damiens en têtes d'affiche. Si la bande annonce ne nous avait clairement pas transcendé, elle avait au moins eu le mérite de nous rendre un petit peu curieux du résultat final grâce au pays imaginaire qui y était représenté et le parti pris du film d'instaurer une ambiance de conte. Doté d'un budget confortable, le long métrage a été un peu éclipsé par Sonic qui est le divertissement familial du moment (du moins en termes d'entrées, pour le reste c'est une autre histoire, confer notre critique à ce sujet). Mais le Prince Oublié est-il pour autant oubliable ?

Le Prince Oublié est le nouveau bébé de Michel Hazanavicius avec Omar Sy, Bérénice Béjo et François Damiens en têtes d'affiche. Si la bande annonce ne nous avait clairement pas transcendé, elle avait au moins eu le mérite de nous rendre un petit peu curieux du résultat final grâce au pays imaginaire qui y était représenté et le parti pris du film d'instaurer une ambiance de conte. Doté d'un budget confortable, le long métrage a été un peu éclipsé par Sonic qui est le divertissement familial du moment (du moins en termes d'entrées, pour le reste c'est une autre histoire, confer notre critique à ce sujet). Mais Le Prince Oublié est-il pour autant oubliable ?

Comme l'illustrait d'emblée la bande annonce, le film fait voyager le spectateur entre deux univers : le monde réel et le monde imaginaire. Ce dernier étant une allégorie de la vie réelle de Djibi ( Omar Sy) et plus particulièrement de la relation qu'il entretient avec sa fille Sofia (jouée par les excellentes Keyla Fala et Sarah Gaye). Si ces deux mondes ont vocation à être complémentaires il apparaît rapidement dès la première partie du film que l'aspect conte de fée ne se justifie que trop rarement : étonnamment les passages dans la vie réelle, sans être passionnants, sont plus intéressants que ceux du monde imaginaire car ces derniers viennent fréquemment casser le rythme sans véritablement offrir d'intérêt supplémentaire. Les personnages du conte sont d'ailleurs dénués d'atouts (y compris le Prince incarné par Omar Sy) tout comme le monde imaginaire en lui-même qui demeure aussi fade qu'il est coloré. La démarche semble ainsi vaine et limitée. Côté casting Sarah Gaye qui incarne Sofia pendant la majeure partie du film est impeccable et donne beaucoup de force à son personnage. Omar Sy fait du Omar Sy. François Damiens qui joue Pritprout dans le monde imaginaire semble s'amuser sans que cela ne soit spécialement communicatif, le potentiel comique de l'acteur n'étant pas du tout exploité. Quant à Bérénice Béjo qui incarne Clotilde, la voisine de pallier de Djibi, elle a probablement le rôle le plus transparent du film, son personnage n'étant qu'un banal rouage dans une machine déjà mal huilée.

Le monde réel est principalement centré sur Djibi, sa fille Sofia, la voisine un peu envahissante incarnée par Bérénice Béjo (personnage qui s'avère donc être le comble de l'inutilité et ne sert que de faire-valoir) et Max ( Néotis Ronzon), un camarade de classe de Sofia qui semble éclipser Djibi dans le cœur de cette dernière. Sofia devient grande, elle vit ses premiers émois et refuse d'être traitée comme une enfant ad vitam aeternam, ce que Djibi vit assez mal lui qui a toujours eu l'habitude d'avoir énormément de complicité avec sa fille. Bientôt Djibi va se sentir exclu et ses aventures à travers le monde imaginaire ont vocation à illustrer cette transition et à lui donner la clé pour surmonter cette épreuve et accepter que son rôle de père est en pleine mutation. Le gros hic c'est que comme nous l'évoquions plus haut, les scènes en question n'apportent les trois-quart du temps aucun gain par rapport à celles du monde réel. Les seuls moments qui font véritablement sens étant ceux où Djibi se retrouve coincé dans le monde des oubliés. Ces passages nous permettent non seulement d'avoir quelques personnages plus amusants et atypiques à nous mettre sous la dent (qui nous ont d'ailleurs un peu rappelé Toy Story) mais au-delà de ça, Djibi y retrouve la mère de Sofia, et c'est probablement la seule plus-value de cette excursion sur la psychologie de Djibi. Le reste des pérégrinations nous montre des aventures qui visuellement prennent l'aspect d'un conte tandis que nous assistons aux mêmes péripéties dans le monde réel, dès lors ce sont des évènements identiques qui se déroulent en parallèle sans que nous ne comprenions l'intérêt de regarder deux fois les mêmes choses hormis pour contempler des effets spéciaux (au demeurant bien faits) étalés à l'écran. A ce stade les deux mondes n'apparaissent pas vraiment complémentaires, chacun chevauchant l'autre sans réussir à en faire un tout homogène.

Michel Hazanavicius accouche donc d'un conte familial qui, s'il est bien réalisé s'avère bancal, cousu de fil blanc, mièvre et sans grande consistance. Le relation entre Djibi et sa fille a le mérite de sonner vraie et de nous offrir quelques dialogues père/fille agréables. Le monde imaginaire à l'allure de parc d'attractions n'est quant à lui que de la poudre aux yeux, l'aspect visuel ayant a priori été la seule préoccupation du projet au détriment de l'ambiance et de l'amusement. Avec un François Damiens au casting, et plusieurs personnages un peu loufoques (les oubliés) sans doute espérions nous davantage de piquant afin de donner un peu de folie et de relief à ce monde imaginaire. Malheureusement à la fin de la séance, le Prince est d'ores et déjà oublié, ce qui est bien dommage même si l'ensemble n'est pas foncièrement désagréable.

Titre Original: LE PRINCE OUBLIÉ

Réalisé par: Michel Hazanavicius

Sortie le: 12 février 2020

Distribué par: Pathé

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