La montagne des neuf Spencer

Un grand merci à LCJ Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La montagne des neuf Spencer » de Delmer Daves.

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« On n’a jamais vu un Spencer qui ne tienne pas sa parole ! »

Au milieu dune vallée champêtre du Wyoming, sous les montagnes majestueuses du Grand Teton, la vie quotidienne d’une famille modeste constituée d’un couple uni et de ses neuf enfants. Les parents travaillent d’arrache-pied pour pouvoir offrir à leur progéniture plus qu’ils n’ont pu avoir eux-mêmes, à savoir une bonne éducation et surtout une instruction riche et complète. Leur fils aîné venant d’obtenir son diplôme de fin de « terminale », leur but est qu’il puisse désormais se rendre à l’Université même si ce doit être au détriment de leur propre confort, la maison neuve envisagée depuis longtemps par la mère risquant de grever ce budget éducatif.

« Si elle t’aime avant le mariage, alors elle t’adorera après »

La_montagne_des_neuf_spencer_Henry_Fonda

S’il n’est peut-être pas considéré de nos jours comme étant l’un des réalisateurs majeurs de l’âge d’or des studios hollywoodiens, Delmer Daves n’en demeure pas moins aujourd’hui encore l’un des cinéastes les plus humanistes de son époque. C’est ainsi lui qui, le premier, réhabilite véritablement les indiens dans l’univers du western (« La flèche brisée », 1950). Cet ancien scénariste à succès, collaborateur régulier des cinéastes Mervin LeRoy et Frank Borzage, qui écrivit notamment les succès « La forêt pétrifiée » d’Archie Mayo et « Elle et lui » de Leo McCarey, demeure aussi le cinéaste par excellence des antihéros, ces hommes ordinaires parmi la foule capables néanmoins de s’élever au nom d’un idéal de justice (« Les gladiateurs », « 3h10 pour Yuma »). S’il consacra la majeure partie de sa carrière de réalisateur au genre du western (« L’homme de nulle part », « La colline des potences », « Cow-boy »...), sa filmographie compte aussi quelques très bons films noirs (« La maison rouge », « Les passagers de la nuit ») et quelques teen comédies plutôt modernes et progressistes pour l’époque (« La soif de la jeunesse », « Amours à l’italienne »). Tourné en 1963, soit un an avant la fin de sa carrière, « La montagne des neuf Spencer » est son antépénultième réalisation.

« Merci de m’avoir fait un fils comme lui »

La_montagne_des_neuf_spencer_Maureen_OHara

Adapté d’un roman de Earl Hamner Jr (qui connut quelques années plus tard une honnête carrière de scénariste, adaptant notamment « Le petit monde de Charlotte »), « La montagne des neuf Spencer » est une jolie chronique rurale de l’Amérique de l’après-guerre. On y suit la vie d’une famille d’humbles travailleurs, attachés à cette terre pourtant peu amène qui est la leur depuis de nombreuses générations. Mais en 1963, alors que l’Amérique est en pleines mutations économiques et sociales, Daves filme ici ce moment où les territoires ruraux les plus isolés sont à leur tour rattrapés par la modernité. Comme si au fond, la génération du père Spencer, bien que vivant pourtant en parfait harmonie avec son environnement (beaucoup d’entraide entre voisins, communauté soudée, patronat très patriarcal), était vouée à disparaitre rapidement sur l’autel de la modernité et de la société de consommation. Loin de chercher à opposer anciens et modernes, ou pire encore ruralité et urbanité, Daves signe là une très jolie (et joyeuse) chronique familiale, dans laquelle chaque génération est fière du (dur) travail qu’elle a accomplit, avec toujours cette idée que cela permettra à la génération suivante de vivre mieux. Sans jamais être dans la complainte. Et tant pis s’il faut se contenter de vivre simplement sans pouvoir nécessairement accomplir ses (petits) rêves. « La montagne des neuf Spencer » est ainsi une admirable chronique qui s’inscrit dans la lignée des grandes fresques fordiennes - on pense beaucoup à « Qu’elle était verte ma vallée », mais aussi à « L’homme tranquille », l’extravagance en moins - à qui elle emprunte toute sa tendresse et sa belle humanité. Porté par les formidables Henry Fonda et Maureen O’Hara, le film est une très belle surprise à (re)découvrir.

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Le DVD : Le film est présenté en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

Aucun bonus spécifique ne vient compléter cette édition.

Édité par LCJ Editions, « La montagne des neuf Spencer » est disponible en DVD depuis le 5 février 2020.

Le site Internet de LCJ Editions est ici. Sa page Facebook est ici.


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