Un justicier dans la ville 2

Par Platinoch @Platinoch

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Un justicier dans la ville 2 » de Michael Winner.

« Il y a deux ans, j’ai déjà donné moult détails à la police de New-York et ça n’avait pas servi à grand chose »

Cinq ans après avoir nettoyé les rues de New York de sa faune la moins fréquentable, Paul Kersey mène une existence paisible à Los Angeles, auprès d’une nouvelle compagne, une journaliste. Mais, à nouveau, le destin le frappe de plein fouet. Enlevée et violée par une bande de voyous, sa fille se suicide. Accablé, il retrouve un à un ses agresseurs et, de sang froid, leur applique le châtiment suprême.

« Vous savez à qui on a à faire ? A un con qui se prend pour Zorro ! »

On prend (à peu près) les mêmes et on recommence ! Huit années après le succès populaire de « Un justicier dans la ville », un projet de suite est imaginé par les producteurs israéliens Menahem Golan et Yoran Globus, dont la société de production, Cannon Films, s’imposera comme la grande spécialiste de la série B d’action musclée des eighties. Avec des têtes d’affiches telles que Sylvester Stallone (« Cobra », « Le bras de fer »), Chuck Norris (la trilogie « Delta force ») ou Jean-Claude Van Damme (« Bloodsport », « Cyborg »). Reste que ce projet n’allait pas de soi : l’auteur du roman original, Brian Garfield, déçu de l’adaptation de son roman, se montra particulièrement peu enthousiaste, tandis que Charles Bronson était éventuellement prêt à cachetonner à la condition expresse et non-négociable que ce soit son ami Michael Winner qui dirige le film. Alors même que Menahem Golan se voyait bien en prendre les commandes. Mais au terme d’âpres négociations, le projet fut finalement lancé. Et déclencha au final encore plus de polémiques que le premier opus.

« Tu crois en Jésus ? Dans ce cas ça tombe bien car tu vas le retrouver ! »

On avait laissé Paul Kersey sur le quai d’une gare à Chicago, après qu’il ait été chassé discrètement par la police d’une ville qu’il avait contribué sinon à assainir, mais au moins à réveiller. On le retrouve ainsi quelques années plus tard à Los Angeles où il semble avoir reconstruit autant que possible sa vie. Mais Paul Kersey est un type du genre malchanceux. Du genre à être rattrapé par les emmerdements même à l’autre bout du continent. Et au détour d’une fête foraine familiale, le voilà la cible d’une bande de rue. Son seul tort sera de se défendre. Ce qui équivaudra à remettre une pièce dans le juke-box. A ce jeu-là, le même joueur joue encore. Mais cette fois-ci la violence passera un nouveau palier. Contrairement au premier opus où la violence était globalement suggérée, Michael Winner fait ici le choix de l’étaler au grand jour dans un déferlement d’images chocs, qu’il s’agisse de l’interminable viol collectif de la gouvernante ou des sévices sexuels infligés à sa propre fille qui finira par se suicider. Dès lors, si Kersey reprend son costume de vengeur nocturne, ce ne sera plus pour dézinguer à tout va des voyous, mais bien pour punir et éliminer les coupables de ce double meurtre. Et c’est là toute l’immense différence entre les deux films. Un glissement du vigilante vers le revenge, qui rend de fait les crimes de Kersey moralement plus justifiables, à défaut d’être véritablement acceptables. Ce qui, par ricochet, rend le film d’autant plus jouissif que les méchants sont ici d’infâmes salopards. Une suite aussi bonne que l’originale donc et qui connaitra trois suites (1985, 1987 et 1994) tout à fait dispensables.

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Le DVD : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

Côté bonus, le film est accompagné des modules « Contre les critiques du film » (55 min.) et « Sur le tournage » (7 min.) ainsi que d’une bande-annonce originale.

Edité par Sidonis Calysta, « Un justicier dans la ville 2 » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 26 octobre 2019.

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.