[CRITIQUE] : Manhattan Lockdown

Par Fuckcinephiles

Réalisateur : Brian Kirk
Acteurs : Chadwick Boseman, Sienna Miller, J.K. Simmons, Taylor Kitsch,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Thriller, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min

Synopsis :

Une course-poursuite infernale pour appréhender deux tueurs de flics à New York. L’inspecteur Davis est prêt à tout pour les coincer, d’autant qu’une gigantesque machination se dessine derrière leurs agissements. Pour les piéger, il va complètement isoler l’île de Manhattan, fermant l’ensemble de ses ponts, dans une spectaculaire opération… La traque peut commencer.


Critique :

Rythmé et solidement charpenté, #ManhattanLockdown, dominé par un Chadwick Boseman charismatique en diable, est un petit plaisir couplable humble et efficace, un polar nerveux et un poil moderne, fleurant bon le 90's flavor.
Un bon bis prenant et relax, pour bien démarrer 2020... pic.twitter.com/WmwYzG00EU
— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) January 1, 2020

Honteusement starifié sur le tard grâce à son arrivée en grande pompe au coeur du Marvel Cinematic Universe dans le costume imposant (et important) de Black Panther, Chadwick Boseman est pourtant l'un des talents les plus sûrs du cinéma ricain de ses dix dernières années, alignant les personnages emblématiques - et historiques - à la pelle (Jackie Robinson, Thurgood Marshall, James Brown,...), dans l'ombre des grosses majors, bien conscient qu'on ne se construit plus vraiment une filmographie (une carrière peut-être), en accumulant les blockbusters sans âmes.

S'il n'a décemment pas l'étoffe d'un Marshall, Manhattan Lockdown (on préfère son titre vo, 21 Bridges), premier long-métrage du cinéaste irlandais, a pourtant le très bon ton de renouer avec une certaine idée du B movie burné et décomplexé des 90's, de ceux qui fleurent bon le bitume et la poudre, et qui n'ont clairement pas besoin d'un script férocement alambiqué pour divertir son auditoire.

Du bon actionner qui dépote quoi, épousant les contours d'un thriller contemporain solidement ancré dans son époque, articulé autour des aléas d'un flic du NYPD dur et imperturbable dans la mise en application de ses idées moraux : une poursuite implacable de justice, motivée par une tragédie un brin standard pour le genre (un papa flic mort dans l'exercice de ses fonctions), vécu par le passé.

Une source de lumière vengeresse dans une société en déliquescence (il est même célébré officieusement comme un tueur de tueurs de flics), où même les représentants de la loi et de la justice ont une éthique des plus relatives.
Alors que l'on commence à juger son comportement en interne, il est catapulté à la tête d'une enquête médiatisée impliquant un sacré vol de drogues et un bain de sang au sein des forces de police de la ville, poussant justement les flics, histoire de légitimer le titre aussi, à fermer toutes les sorties (ponts, chemins de fer, métros) de l'île de Manhattan.
Production tout droit échappée des 90's et du catalogue de Joel Silver (la mégalomanie des explosions monstrueuses et diverses en moins), visant à incarner une récréation ludique musclée plus qu'un thriller complexe visant à imposer son style au forceps, la péloche se démarque pourtant de la concurrence récente en offrant une sensibilisation accrue et étonnante aux injustices systémiques et aux inconduites liées aux forces de police.
Un regard par balles de l'éthique fragile des représentants de la loi - sans être trop ostentatoire ni même nihiliste -, qui ne cherche pas pour autant aller chercher ardemment du bout de la caméra une certaine clarté morale (ce qu'il fait pourtant un peu, malheureusement).

Un polar moderne, rugueux et " woke mais pas trop ", prenant et bien foutu (mise en scène léchée, avec quelques cadres inventifs et choisis avec soin, faisant transpirer un esprit new yorkais sur des décors en dur venant de... Philadelphie !) avec son héros charismatique remettant peu à peu ses méthodes et incarné à la perfection par un Boseman habité.

Rythmé (il sait quand quitter les bavardages pour l'action à la dure, bien aidé par l'excellent score de Henry Jackman et Alex Belcher) et solidement charpenté (script basique mais moins jusqu'au-boutiste que ses petits cousins HK ou coréens), Manhattan Lockdown est un petit plaisir simple humble et efficace, fleurant bon le 80's/90's flavor.
Un bon bis sincère et relax, pour bien démarrer l'année.


Jonathan Chevrier