Le traitre

Le traitreVu comme un traître , se ressentant comme un homme d'honneur
Tommaso Buscetta, celui qui fit voler en éclat Cosa Nostra dans les 80’s et 90’s, méritait bien un film. Tout le monde se souvient des deux grands moments qui marquèrent ces années noires parsemées de meurtres et de règlement de compte par centaines : le maxi-procès des cadres de l’organisation mafieuse dans ce tribunal hors norme équipé de cages pour les inculpés ET l’attentat spectaculaire du Juge Falcone sur un autoroute sicilien. Au cœur de ces événements, deux hommes phares ; celui qui décida de faire tomber l’organisation (Buscetta) ET l’étoile montante corléonaise sans foi ni loi Toto Riina. Marco Bellochio en se concentrant sur le premier et en laissant dans la pénombre le second choisit de démystifier l’image romantique de la mafia que l’on se plait à idéaliser en regardant la superbe trilogie de Coppola, « Le Parrain ». L’italien se démarque ici des réalisateurs italo américain ayant traité par le passé le sujet mafieux : Coppola, Scorcese, De Palma,… Et pourtant au combien son ouverture autour d’une fête mafieuse luxueuse sur les hauteurs de Palerme ressemble à si méprendre à la scène du mariage du « Parrain 1 ». Cette séquence se termine par une photo aux sourires crispés et par un feu d’artifice annonciateur de la déflagration d’un système à venir. Et là Bellochio nous montre un Buscetta en retrait soit à travers une fenêtre ou une porte entrouverte observés complots et négociations allés bon train ; une mise en scène témoignant qu’il a déjà un pied dedans et l’autre dehors d’une organisation dont il ne reconnait plus les valeurs. Et le film va s’attacher durant 2h20 à cela, comment évolue la mafia et qu’est ce qui fait un homme d’honneur. Bellochio réussit un sacré tour de force en restant hyper fidèle à ce qu’était Buscetta, un homme d’honneur et non repenti. De fait, il désolidarise la question de l’aveu de celle de la repentance. Buscetta livrant ses anciens collègues par fidélité au premier code d’honneur de Cosa Nostra. Il incarne ainsi un personnage tiraillé entre sa collaboration avec le système judiciaire et sa fidélité à une mafia traditionnelle fantasmée. Et là les échanges entre Falcone et Buscetta sont de hautes volées. Buscetta ne se verra jamais comme une balance et ni comme un repenti ; ce film nous plonge dans la psyché complexe de ce personnage mais de tous ces mafieux aux références entre bien et mal perverti par des années de mafia. Après Bellochio reste dans une fracture très classique avec des ellipses académiques mais bien construites. Volontaire ou non, nous ne comprendrons pas tout dans un film centré autour des moments clés de la mise à mort d’un système. Le documentaire de Mosco Levi Boucault nommé « Corléone » bien plus complet est alors un bon complément à un film qui manque d’un petit supplément d’âme.
Sorti en 2019
Ma note: 15/20

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