LE MEILLEUR RESTE A VENIR (Critique)

LE MEILLEUR RESTE A VENIR (Critique)LE MEILLEUR RESTE A VENIR (Critique)

SYNOPSIS: Suite à un énorme malentendu, deux amis d'enfance, chacun persuadé que l'autre n'a plus que quelques mois à vivre, décident de tout plaquer pour rattraper le temps perdu.

Il y a 7 ans au moment de la sortie du premier film de Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière, Le Prénom, nous écrivions que le public serait enchanté " par sa manière virevoltante de dire les choses avec virtuosité et érudition "et le gros succès de ce premier long métrage (3.3 millions d'entrées) nous donna raison. S'ils n'ont pas arrêté de travailler loin de là (deux pièces, Un dîner d'adieu et Tout ce que vous voulez, l'écriture d'Un Illustre Inconnu réalisé par Matthieu Delaporte, puis de Papa et Maman 1 & 2 ainsi que la création de la série télé qui en fut adaptée), leur second opus réalisé ensemble s'est néanmoins fait attendre. Nourries de leur quotidien, les histoires des deux scénaristes s'ancrent forcément dans ce qu'ils vivent et ressentent et la disparition de la comédienne Valérie Benguigui quelques mois après avoir remporté le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa prestation dans Le Prénom a fait office de déclic, couplé à un problème de santé qui a touché Matthieu Delaporte, qui durant quelques semaines a cru être atteint d'une tumeur maligne, ce qu'il n'avait confié qu'à Alexandre De La Patellière. De là est donc né le sujet de leur nouveau film, deux amis croyant chacun que l'autre n'a plus que quelques temps à vivre et qui décident de profiter de ces derniers moments ensemble avec comme corollaire l'amitié passée sous le prisme de l'épreuve comme révélateur de la force des sentiments. Dit comme ça on pourrait croire que l'on va avoir notre quota de pathos et de séquences lacrymales, mais, pour ne pas aller à l'encontre de leur tempérament, les deux auteurs-réalisateurs impriment leur science de la comédie et du tempo à leur récit et emballent avec Le Meilleur reste à venir un film qui va vite et qui file droit au cœur.

LE MEILLEUR RESTE A VENIR (Critique)

Et pourtant Le Meilleur reste à venir n'est pas que le film que l'on attend, c'est un film surprenant à plus d'un titre, drôle bien sûr avec ses répliques chirurgicales qui ravissent par leur pertinence et leur subtilité mais qui ne sont que la partie immergée de l'iceberg. Car avec un tel sujet, le duo ne se prive pas d'apposer à leur histoire une émotion d'abord diffuse, puis qui prend toute son ampleur dans un dernier tiers tragique et beau à la fois, où les notions d'amitié et de fraternité prennent tout leur sens et offrent au film une densité que l'on se surprend à prendre de plein fouet. La dichotomie d'abord entre le premier et le second tiers du film décontenancent dans un premier temps, car le drame qui se noue est repoussé par la mécanique comique avant d'envelopper tout la fin du film et de nous étrangler d'émotion. Avec cette histoire sur ce qu'il faut dire ou ne pas dire et sur la manière de protéger ceux qu'on aime des mauvaises nouvelles, les deux auteurs parviennent à raconter l'intime avec un véritable talent et un équilibre parfaitement dosé entre humour et émotion à l'image de ce qui se faisait fréquemment dans le cinéma des années 70. Car on pense évidemment à César et Rosalie ( Claude Sautet, 1972), - le prénom du personnage de Bruel ainsi que sa gestuelle faisant fortement penser au César interprété par Yves Montand- ou à Un éléphant ça trompe énormément ( Yves Robert, 1974) - et au personnage magnifique d' Etienne Dorsay auquel Jean Rochefort prêtait ses traits-, les deux films ayant qui plus est en commun le scénariste mythique Jean-Loup Dabadie dans la filiation duquel s'inscrivent Matthieu Delaporte et Alexandre De La Pattelière.

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Pour qu'on y croit, pour qu'on s'attache à nos deux protagonistes et que leur amitié ne fasse aucun doute, il fallait deux acteurs dont le jeu et l'entente transpirent la cohérence et la justesse et le tandem' Fabrice Luchini et Patrick Bruel qui se retrouvent 34 ans après P.R.O.F.S ( Patrick Schulmann, 1985) est un choix qui semble être une évidence. La très bonne idée du film (et aussi un choix qui demande un petit temps d'adaptation) est que l'on s'attend à voir Luchini dans un registre d'emphase auquel il nous a habitués dans ses prestations télé et Bruel, plein de charme mais plus tempéré, et étonnamment c'est le contraire qui s'opère, les deux comédiens impliqués et charismatiques comme jamais, se sortant parfaitement de ces registres dans lesquels ils trouvent encore le moyen de nous surprendre. Leur tempo comique et leur entente ne faisaient aucun doute mais couplé à d'intenses moments d'émotion, leurs performances sont complètes. Bruel a une scène que l'on ne dévoilera pas où il est proprement bouleversant et dont on ne doute pas qu'elle fasse écho à son histoire personnelle et Luchini a lui aussi droit à des moments qui nous laisse les yeux humides. Le Meilleur reste à venir n'est pourtant pas qu'un film de mecs. Les deux rôles féminins qui comptent dans le récit sont non seulement magnifiquement écrits et incarnés par Zineb Triki et Pascale Arbillot, mais elles ne sont jamais les faire-valoir des deux stars et l'attention que les auteurs leur ont témoignée est suivie d'effets probants à l'écran. Peut-être moins efficace que Le Prénom mais aussi plus libre dans la forme et libéré des conventions de l'adaptation théâtrale, Le Meilleur reste à venir démontre si besoin était qu Alexandre Matthieu Delaporte sont des auteurs qui comptent et qui savent varier les plaisirs. De La Patellière et Ça tombe bien parce que vu le titre de leur film, on est désormais encore plus impatients de découvrir leur prochain projet.

LE MEILLEUR RESTE A VENIR (Critique)

Titre Original: LE MEILLEUR RESTE A VENIR

Réalisé par: Matthieu Delaporte & Alexandre de la Pattelière

Casting: Patrick Bruel, Fabrice Luchini, Zineb Triki, Pascale Arbillot...

Genre: Comédie dramatique

Sortie le: 04 décembre 2019

Distribué par: Pathé

LE MEILLEUR RESTE A VENIR (Critique) TRÈS BIEN


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