[CRITIQUE] : Le lac aux oies sauvages

[CRITIQUE] : Le lac aux oies sauvages

Réalisateur : Diao Yinan

Acteurs : Hu Ge, Gwei Lun Mei, Liao Fan,...
Distributeur : Memento Films Distribution
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Chinois.
Durée : 1h50min
Synopsis :
Un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Ensemble, ils décident de jouer une dernière fois avec leur destin.


Critique :

Tragédie contemporaine abstraite, glaciale et violente au constat social fort dans une Chine bouillonnante, #Lelacauxoiessauvages est une expérience fascinante et enivrante, qui ne pâtit que de ses quelques souci narratifs et d'un élan romantique manquant cruellement de passion. pic.twitter.com/m3s6a6miIW— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) November 29, 2019
Dans le wagon des ultimes petites curiosités de la dernière réunion cannoise, à atteindre les salles obscures en ces dernières heures de 2019 - The Lighthouse arrive d'ici quelques semaines pour définitivement boucler la boucle -, Le lac aux oies sauvages du cinéaste chinois Diao Yinan (le solide Black Coal), a su se faire attendre, comme s'il présentait qu'il incarnerait une séance à part pour tout cinéphile avide d'expérience si ce n'est complètement originale, au moins plaisante et maîtrisée.

Bonne pioche, puisque la bande incarne un pur trip halluciné et onirique au récit simpliste - voire même méchamment épuré - mais accrocheur, articulé autour de la puissance évocatrice d'une mise en scène virtuose, un brillant exercice visuel dont chaque cadre minutieux et éclairé, et un véritable uppercut pour une rétine qui n'en demandait peut-être pas autant.
Couleurs saturées, travail incroyable sur les ombres et les reflets, caméra au plus près des corps et des âmes, embrassant les détresses des visages, une tension haletante ou même la rudesse des coups portés, le film peut se voir comme une formidable galerie de peintures hantées par une inventivité folle et un sur-esthétisme grisant, catapultant son intrigue nébuleuse et tragique (la quête de rédemption et le sacrifice pour préserver les siens, d'un ancien chef de gang qui tente de racheter ses crimes passés, qui s'amourache en chemin d'une prostituée voulant quitter le milieu), vers le polar noir silencieux et romanesque de l'âge d'or Hollywoodien.
[CRITIQUE] : Le lac aux oies sauvages

Entre contemplation et poésie certaine, la bande est une errance nocturne entre songe silencieux et réalité charnelle, qui pousse continuellement le spectateur à se perdre dans sa vision, quitte à lui-même se perdre dans la propre confusion narrative qu'il veut provoquer, tout en étant, paradoxalement, très clair dans ce qu'il désire montrer et provoquer (en gros : être simple et pourtant difficile d'accès à la fois), malgré un manque cruel de profondeur dans l'écriture de ses personnages (archétypaux), dont l'empathie n'est provoquée que par la dureté de leur odyssée et non par ce qu'il dégage réellement à l'écran.

Tragédie contemporaine abstraite, glaciale et violente (empallement avec un parapluie et décapitation à la clé) au constat social prégnant dans une Chine bouillonnante, Le lac aux oies sauvages est une expérience fascinante et enivrante, qui ne pâtit que de ses quelques souci narratifs mais aussi et surtout de son élan romantique un brin tordu et manquant sincèrement de passion.
Étonnant, viscéral et renouant avec l'esprit puissant du film noir des 40's/50's (on pense même très souvent à Hitchcock à sa vision), le troisième long de Diao Yinan - un bonhomme qui a clairement le polar dans le sang -, est clairement son plus abouti, un film tout spécialement destiné - mais pas que - aux spectateurs qui voient dans le septième art, une opportunité d’enchaîner les moments électrisants et d'admirer un balai séduisant où l’interaction des ombres et des néons épousent les possibilités infinies des corps en mouvement.
Vivement la suite, vraiment.


Jonathan Chevrier

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