Pas de Printemps pour Marnie


Pas de Printemps pour Marnie

Alfred Hitchcock c'est une carrière immense, une filmographie pléthorique avec son lots d'immenses chefs d’œuvres et d'errements. Comme tant d'autre avant lui, on ne retient souvent que les meilleurs et les plus connus, tel que « Pas de Printemps pour Marnie  » par exemple. C'est un film qui était depuis un certain temps sur mon étagère. Un film dont j'ai souvent repousser le visionnage. Pourquoi ? Je ne sais pas ! Et c'est lorsque France 5 le rediffuse que je décide enfin de le regarder. Une découverte pleine de promesses aux côtés de Tippi Hedren et Sean Connery.
« Mark Rutland sait qu'à chaque nouvel emploi Marnie Edgar déleste ses employeurs. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il l'engage tout de même comme secrétaire-comptable dans sa maison d'édition. Un jour, la jeune femme s'enfuit avec la caisse. Mark s'aperçoit du vol et donne le choix à Marnie entre le mariage ou la dénonciation à la police »


Loin d’être le chant du cygne comme j'ai pu le lire ici et là, « Pas de printemps pour Marnie » ou « Marnie » en VO est un film qui ne manque pas d'ambitions. On retrouve « le » compositeur phare du réalisateur, le grand Bernard Hermann qui s'occupe une nouvelle fois (8ème collaborations) de la musique, Sean Connery traine son allure fraîche d'agent secret de la couronne tout auréolé du succès de James Bond contre Dr No, après « Les Oiseaux » 
Tippi Hedren la dernière muse de Hitchcock rejoint le casting; le tout dans un simili thriller psychologique adapté d'un roman de Winston Graham du nom de « Marnie », sortie quelques années auparavant … 
En substance le scénario de Jay Presson Allen est intéressant !« Marnie » est un personnage qui ne manque pas d'aspérités, d'un côté un traumatisme qu'elle ne surmonte pas, de l'autre une « Marnie » qui change d'apparence à chaque nouveau vol qu'elle commet. Avant de rencontre le « gars » qui la fera changer. Mais voilà, si l'ambition est là, si Alfred Hitchcock possède toujours cette science du découpage et du suspense qu'il met au service du film; hélas me concernant cela ne marche pas ! « Pas de Printemps pour Marnie » est un film branché sur courant alternatif, rongé par un réalisateur qui a perdu toute notion de subtilité.

Le scénario est téléphoné et Hitchcock surligne absolument tous les éléments clés de l'intrigue. De facto, il n'y a rien qui se dégage de cette histoire, le réalisateur peine grandement à créer de la tension, des frissons ou ne serait ce qu'un soupçon d'émotion. Les personnages sont unidimensionnels et on ne ressent aucun empathie pour eux, ce qui pour moi est un gâchis au vue des deux interprètes présents. Cependant, il n'y a pas que ça qui m'agace avec ce film. En effet, lors de la conception du film, le réalisateur Alfred Hitchcock s'est montré comme le pire des salopards avec sa star Tippi Hedren, au point de vouloir littéralement la posséder. Une chose qu'il a commencer sur le tournage des Oiseaux, avant de continuer sur « Pas de Printemps pour Marnie », instaurant peu à peu une atmosphère plus que lourde sur le plateau, jusqu'au jour ou elle refusa des avances de nature sexuelles. Un choix courageux qui a pourri la vie de Tippi Hedren, car lier par un contrat avec A. Hitchcock, il a compromis la suite de sa carrière, refusant pour elle des propositions de films particulièrement intéressant. Donc quand je lis cela, après avoir vu le film, « Marnie » prend une dimension que je ne soupçonnais pas ou ce n'est plus Sean Connery que je vois, mais bien le réalisateur avide de son actrice, de la posséder, qui cherche à tous faire pour qu'elle soit sienne, ne cessant jamais alors de la manipuler pour arriver à ses fins. « Pas de Printemps pour Marnie » passe alors d'un film que je trouve mauvais, à un film abject, symbole de l’obsession malsaine d'un homme pour une femme.
Pour finir, je ne vous dirais pas de « cancelled » Alfred Hitchcock, ni même de ne pas voir ce film, mais juste de temps en temps de vous renseigner sur comment le film est fait, car comme ici, il réserve bien des surprises.
Pas de Printemps pour Marnie


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