[CRITIQUE] : Adoration

 [CRITIQUE] : Adoration

Réalisateur : Fabrice Du Welz

Acteurs : Thomas Gioria, Fantine Harduin, Benoît Poelvoorde,...
Distributeur : Les Bookmakers / The Jokers Films
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Belge, Français.
Durée : -.

Synopsis :

Paul, un jeune garçon solitaire, rencontre Gloria, la nouvelle patiente de la clinique psychiatrique où travaille sa mère. Tombé amoureux fou de cette adolescente trouble et solaire, Paul va s’enfuir avec elle, loin du monde des adultes...


Critique :

Épuré, maniant l'universel et le singulier avec un naturel jamais heurté et un humanisme terrassant, distillant une ambiance hallucinante digne de la plus triste et violente des poésies, #Adoration est une jusqu'au-boutiste et délicate ode à l'amour et à la folie #ÉtrangeFestival pic.twitter.com/XEi1eYyHHu— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) September 10, 2019

Si la fonction de distributeur de cinéma implique qu'il faut avoir une sacré paire de bijoux de famille, nul doute que The Jokers Films ne serait pas un partageur de rêves isolé dans la distribution hexagonale et pourtant, peu de firmes peuvent se targuer d'avoir dans ses tiroirs sur les dernières semaines, un thriller architectural mué par une implacable lutte des classes - Parasite de Bong Joon-ho -, un cauchemar anxiogène sur un couple débarquant dans un quartier faussement tranquille - Vivarium de Kenneth Lonergan -, un drame sur la rédemption humble et touchante d'un néo-nazi - Skin de Guy Nattiv - et un véritable OFNI dans le paysage cinématographique francophone, signé par un habitué de ce genre d'exploit...

Soit Adoration de Fabrice Du Welz, qui se paye une arrivée prestigieuse au coeur d'un Étrange Festival fait pour lui.
Passionnant film d'ailleurs que le nouveau long-métrage du papa de Vinyan (perdu un brin des radars depuis l'expérience américaine mitigée qu'incarnait le burné Message From The King, pur B movie rétro porté par Chadwick Boseman), véritable fable bouleversante et intense d'une petite heure et demie, sans aucun compromis et qui répond parfaitement aux cauchemars sur pellicule Calvaire et Alleluia (dont il clôt la " trilogie des Ardennes ").
[CRITIQUE] : Adoration

Accroché aux basques d'une fuite sauvage entre le doux Paul, âme crédule qui laisse son coeur s'éprendre de Gloria, la nouvelle patiente perturbée de l’hôpital psychiatrique dans lequel travaille sa mère (elle souffre de schizophrène, et ses crises incontrôlables peuvent s’avérer souvent dangereuses autant pour elle que son entourage), Adoration se veut comme une fable fragile et littéralement à fleur de peau, d'une initiation à la dure de deux jeunes dont l'innocence est constamment confrontés au mal de leur condition, et ou le cadre somptueux mais caractériel des Ardennes dans lequel ils voguent, n'est qu'un indicateur subtil des tourments qui les habitent.

Épuré, intime et visuellement à tomber (incroyable travail de Manu Dacosse à la photo), maniant l'universel et le singulier avec un naturel jamais heurté et un humanisme proprement terrassant, distillant une ambiance hallucinante, digne de la plus désespérée et violente des poésies, interprété par des comédiens impliqués et totalement offerts au film (Thomas Giona et Fantine Harduin ont tout pour être des next big things du cinéma francophone); Adoration est une merveilleuse et jusqu'au-boutiste ode à l'amour, à la folie et à la souffrance, un récit initiatique délicat, unique, fascinant mais surtout beau à en crever.
Qu'on se le dise, le talentueux Fabrice Du Welz nous est revenu avec une grosse claque, rien de moins.


Jonathan Chevrier


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