[CRITIQUE] : Fast & Furious : Hobbs & Shaw

[CRITIQUE] : Fast & Furious : Hobbs & Shaw

Réalisateur : David Leitch

Acteurs : Dwayne Johnson, Jason Statham, Idris Elba, Vanessa Kirby, Eiza Gonzalez..
Distributeur : Universal Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h16min.

Synopsis :

Depuis que Hobbs, fidèle agent de sécurité au service diplomatique des Etats-Unis, combatif mais droit, et Shaw, un homme sans foi ni loi, ancien membre de l’élite militaire britannique, se sont affrontés en 2015 dans Fast & Furious 7 ; les deux hommes font tout ce qu’ils peuvent pour se nuire l’un à l’autre.
Mais lorsque Brixton, un anarchiste génétiquement modifié, met la main sur une arme de destruction massive après avoir battu le meilleur agent du MI6 qui se trouve être la sœur de Shaw. Les deux ennemis de longue date vont devoir alors faire équipe pour faire tomber le seul adversaire capable de les anéantir.


Critique :

Blockbuster testostéroné, généreux et cartoonesque à souhait,#HobbsAndShaw est un pur divertissement popcorn qui étire malheureusement son délire jusqu'à l'épuisement. Bigger, faster mais pas better qu'un autre Fast & Furious, le délire est solide mais ne séduit pas complètement pic.twitter.com/FaZEi8wAsW— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) August 7, 2019

Aussi fou que cela puisse paraître, c'est sans doute la première fois depuis que le blockbuster ricain se fait le maître omniprésent (mais pas imposant) de nos sorties estivales, qu'un spin-off nous attire définitivement plus que la franchise dont il est originaire.

C'est dire l'attention toute particulière que l'on porte à Fast & Furious : Hobbs & Shaw, premier et potentiellement seule (sauf suite) aventure extérieure aux badasseries de plus en plus WTF de Dom Toretto et de sa familia, échouée au désormais "in" David Leitch, et visant à nous convaincre d'une vérité dont on est pourtant déjà pleinement conscient : le duo Dwayne Johnson/Jason Statham est absolument génial, et méritait pleinement un délire solo à la hauteur de leur démesure.
[CRITIQUE] : Fast & Furious : Hobbs & Shaw

Officiellement neuvième opus, chiffre littéralement astronomique pour une franchise charnière du cinéma d'action moderne, se devant d'atteindre - au minimum - le statut de monument du fun littéralement WTF et cartoonesque des trois derniers films (les plus spectaculaires mais pas forcément les plus mémorables), Hobbs & Shaw déçoit un brin dans sa volonté d'être un good trip burné ultime, tout autant qu'il incarne pourtant un solide plaisir coupable comme on en fait que trop peu (ou tout du moins, d'aussi réussi).

Bigger, Faster mais point Better que la référence Fast Five (le plus réussi de la franchise après le film original) malgré une accumulation de moments proprement énormes, le film de David Letich enfonce le clou en offrant un show mené tambour battant encore plus imposant, délirant et remarquable, sorte de Bond movie régressif et shooté à la testostérone, prenant savoureusement les courbes d'un buddy movie dynamique là où la série jouait, jusqu'à maintenant, la carte du divertissement choral - même si sensiblement (pour être poli) centré sur Vin Diesel.
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Auto-parodique, cartoonesque, référencé et même à la lisière du méta concernant ses interprètes (on pense instinctivement au clin d'oeil totalement improbable concernant Statham, citant directement le remake de Braquage à l'Italienne signé F. Gary Gray) enchainant les cascades à une vitesse folle, avec un souci du rythme remarquable, dénué de toute finesse narrative et y allant constamment franco dans le déballage de l'action outrancière - les scènes énormes se comptent à la pelle -, le métrage, qui fait perdurer avec force l'exercice d'escalade ridiculo-fun de la saga Fast & Furious, est d'une générosité de tout instant... quitte à furieusement usé son auditoire par son excessivité jamais réellement canalisée.

S'il est d'habitude facile d'accepter le lot d'incohérences d'un script volontairement prétexte ne cherchant aucunement à aller plus loin que divertissement estival régressif à souhait, alternant punchlines cocasses et envolées viriles, la pillule est cette fois un poil plus difficile à digérer tant Hobbs & Shaw avait su attiser plus que de raison nos attentes, pour au final ne jamais vraiment se donner les moyens d'y répondre à l'écran.
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Engoncé dans une pluie numérique pas toujours digeste, des dialogues limités (mais fun) et un montage maniaque plombant sensiblement l'impact des bourre-pifs entre héros virils, le film de David Leitch surfe tout du long sur la vague du " juste divertissant " tout en ayant inexplicablement toutes les armes en main, pour proposer beaucoup plus.

Que ce soit l'utilisation foireuse de son vilain génétiquement modifié, qui pense que l'avenir de l'humanité réside dans la cyber-augmentation (Idris Elba, convaincant en Superman Black), son pitch aguicheur même si dépourvu de sens, sur une menace mondiale (un virus d'extinction, qui change un peu des habituels débats nucléaires) ou sa manière totalement futile d'étirer en longueur une histoire qui aurait méritée qu'on lui taille un bon bout de gras dans le cuissot (une bonne trentaine de minutes facile) : Hobbs and Shaw prolonge beaucoup trop sa folie furieuse et en anéantie de facto presque toute sa magie destructrice, là où le tout récent John Wick 3, boxant sensiblement dans la même catégorie, savait ménager les effets de son coup de tatane dans les valseuses pour le rendre encore plus violent et puissant.
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Reste que l'on en a tout de même pour son argent, surtout quand on est un amoureux des blockbusters volontairement régressif à l’action absurde teintée de testostérone, écartant avec jouissance les si ennuyeuses lois de la physique.

Avant tout et surtout parce que le tandem Chris Morgan/Drew Pearce sait jouer de l'alchimie des contraires qui animent son duo titre, visiblement aussi heureux d'être derrière la caméra que nous à les mirer (leur bromance est géniale) et qu'il replace une nouvelle fois le thème charnière de la saga - la famille - au centre des débats.
Alors même si les intrigues sont aussi minces qu'une feuille de papier cul Lotus, si la gestion de l'espace-temps est encore démente, si David Leitch peine à marquer de son emprunte la franchise (même si il fait preuve d'un savoir-faire solide) et que le casting cabotine joyeusement en masse; Hobbs & Shaw est une œuvre badass et jubilatoire qui ne se refuse rien (même quand elle fonce droit dans le mur) et ne peut pas totalement laisser indifférent son auditoire, malgré la petite déception qu'il incarne.
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Si son moteur commence réellement à s’essouffler, et que ce spin-off avait tout en lui pour lui injecter un coup de Nos salvateur, la franchise Fast & Furious s'offre un nouveau et joli bolide de divertissement popcorn, et le meilleur blockbuster ricain de cet été ciné 2019.

Oui, ce n'était pas si difficile...


Jonathan Chevrier


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