[CRITIQUE] : Wonderland, le royaume sans pluie

[CRITIQUE] : Wonderland, le royaume sans pluie

Réalisateur : Keiichi Hara

Avec les voix de : Mayu Matsuoka, Anne Watanabe, Masachika Ichimura, Nao Toyama, ...
Distributeur : Art House
Budget :-
Genre : Animation, Fantastique
Nationalité : Japonais
Durée : 1h55min

Synopsis :

Akané est une jeune fille rêveuse. La veille de son anniversaire, elle se rend chez sa tante antiquaire pour récupérer son cadeau. Dans l’étrange bric-à-brac de la boutique, elle pose sa main sur une pierre magique. S’ouvre soudain un passage secret d’où surgit Hippocrate, un alchimiste venu d’un autre monde. Il veut convaincre Akané qu’elle est la Déesse du vent vert dont parle la légende et qu’elle seule peut éviter la terrible sécheresse qui menace son royaume. Accompagnées par l’alchimiste et son disciple Pippo, Akané et sa tante s’engagent dans un voyage fantastique pour sauver Wonderland.

Critique :
S'il avait tout pour être un grand film d'aventure épique, #Wonderland est une grosse déception, qui manque de rebondissements ou de tensions narratives pour créer de l'intérêt, malgré quelques instants d'enchantement. @CookieTime_LE #Annecy2019 pic.twitter.com/AMXKmUAxXz— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) June 14, 2019

Wonderland, le royaume sans pluie est le nouveau film de Keiichi Hara, qui nous revient quatre ans après le succès de Miss Hokusai (prix du jury d’Annecy en 2015). Il adapte ici un livre pour enfant écrit par Sachiko Kashiwaba, Chikashitru Kara no Fushigi na Tabi (Le voyage étrange au sous-sol), publié en 1988, qui semble être inspiré par l’histoire de Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles. Vu le pedigree du réalisateur et l’histoire, nous étions en droit d’attendre quelque chose d’intéressant. Mais les astres ne semblent pas être du côté de Hara, le film étant en dessous du talent du réalisateur.


[CRITIQUE] : Wonderland, le royaume sans pluie

Contrairement à Alice, Akane l'héroïne du film n’est pas entraîné par hasard dans le monde parallèle du sous-sol de son amie, mais parce qu’elle une élue, censée sauver le prince et donc le pays de la sécheresse. Nous sommes face à une banale histoire du passage à l’âge adulte, loin du fantasque de Caroll. Le personnage de Chi, l’adulte un peu délurée qui accompagne notre héroïne ne participe jamais vraiment à l’intrigue, son rôle est superflu et sert uniquement de parité dans le road-trip, avec deux hommes qui entraînent les deux jeunes femmes étrangères dans l’inconnu.


[CRITIQUE] : Wonderland, le royaume sans pluie

Le spectateur a du mal à cerner le thème du film. Devenir mature, adulte ? Prendre de la confiance ? Comment peut-on bien aborder ces sujets quand le film ne met jamais Akane face aux questionnements ? Wonderland entoure le personnage dans une histoire sûre et controlée, elle n’est jamais véritablement en danger. Elle ne se remet pas en question, dans son caractère ou ses choix, car rien ne la gêne dans l’histoire, vu que les problématiques ne la concernent pas directement. Cela vient surtout de la pauvreté du scénario, qui manque de rebondissements ou de tensions narratives pour créer de l'intérêt. Le parcours initiatique de Akane est lisse, entravé parfois par de léger désagréments (la voiture qui tombe en panne, le fait de dormir sans confort, … des problèmes mineurs). Le pire arrive, quand un de ses guides, l’alchimiste Hippocrates, est transformé en mouche par les méchants. Il disparaît pendant une bonne partie du film, mais Akane et ses amis ne s’en préoccupent jamais, ils continuent leur chemin.


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L'héroïne, présentée comme l’élue qui sauvera le monde parallèle, n’est en fait pas très utile. On apprend que l’eau manque, que le monde est entrain de perdre sa couleur mais au final, elle sert juste à soutenir moralement le prince. On a vu plus badass. Et cela pose problème car le scénario reproduit un cliché de genre, qu’une femme ne sert qu’à être un soutien moral pour un homme de pouvoir. Même visuellement, nous ne sentons jamais l’urgence et le danger.

Il serait de mauvaise foi que de citer uniquement les côtés négatifs (même s’ils sont légions). Hara arrive parfois à nous enchanter avec ce monde kawai. Que ce soit le petit compagnon de Hippocrates, Pippo, les moutons fluffy, les vêtements d’hiver, tout est fait pour être extrêmement mignon et parfois cela fonctionne. Mais hélas, c’est trop peu pour qu’on soit totalement indulgent.
[CRITIQUE] : Wonderland, le royaume sans pluie

Nous avons l’impression que le livre pour enfant n’était pas assez dense pour être intéressant en tant que long-métrage. Il ne contient pas assez de substance pour être pleinement captivant pour les adultes, mais contient aussi beaucoup de moment creux pour que les enfants tiennent jusqu’au bout. Wonderland, le pays sans pluie trouvera difficilement son public.


Laura Enjolvy


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