[CRITIQUE] : Buñuel après l’âge d'or

[CRITIQUE] : Buñuel après l’âge d'or

Réalisateur : Salvador Simó

Avec les voix de : Jorge Uson, Fernando Ramos, Luis Enrique de Tomas, Cyril Corral,...
Distributeur : Eurozoom
Budget : -
Genre : Animation
Nationalité : Espagnol
Durée : 1h20min

Synopsis :

Suite au scandale de la projection de L’ÂGE D’OR à Paris en 1930, Luis Buñuel se retrouve totalement déprimé et désargenté. Un ticket gagnant de loterie, acheté par son ami le sculpteur Ramon Acin, va changer le cours des choses et permettre à Buñuel de réaliser le film TERRE SANS PAIN et de retrouver foi en son incroyable talent.


Critique :

#Bunuelaprèslagedor alterne animation et véritables images du documentaire, donnant un impact fort et un hommage profond à une oeuvre importante.Animé par la passion du cinéma, il est une belle ode à l’amitié et à l’admiration, où l’émotion transperce (@CookieTime_LE) #Annecy2019 pic.twitter.com/JhwCSS1zuh— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) June 11, 2019

C’est une forte histoire d’amitié. C’est comme cela que Salvador Simó , réalisateur de Buñuel après l’âge d’or a présenté son film. Comme son titre l’indique, le film s’intéresse à un passage particulier du réalisateur espagnol : sa vie après son film L’âge d’or, considéré par les uns comme un grand film, par les autres comme un blasphème horrible qu’il faut censurer. Simó, après une carrière dans l’animation et les effets spéciaux aux USA (Le Livre de la jungle, Skyfall, etc…) retourne dans son pays natal pour adapter le roman graphique de Fermín Solís. Il est en compétition au festival d'Annecy et sort la semaine prochaine dans nos salles.

[CRITIQUE] : Buñuel après l’âge d'orQuand on mentionne le nom de Luis Buñuel, on pense à ses films surréalistes, comme Le chien andalou ou L’âge d’or, deux films très étudiés dans les écoles de cinéma, pour la force de leur montage et l’analyse politique qui en découle. Mais, après le mauvais buzz autour du dernier film, sa carrière semble fini. Personne ne veut le produire, en France ou en Espagne. Eli Lotar, un photographe lui donne un livre, et ainsi un nouveau projet. Ce livre est écrit par Maurice Legendre et s’intéresse à une région reculée d’Espagne, Las Hurdas, considérée comme la plus pauvre et la moins développée. Buñuel veut en faire un documentaire, pour mettre en lumière ces villageois et les aider. Son ami de longue date, Ramon Acin, lui fait la promesse : si jamais il gagne à la loterie, il lui produit son film. Cette promesse, dite dans un bar, a toutes les chances de ne jamais se réaliser. Pourtant, trois semaines plus tard, fait incroyable : Ramon gagne. Encore plus incroyable, il tient sa parole. Avec Eli, Pierre le cameraman et son ami Ramon, Buñuel part pour Las Hurdas faire son film. C’est le film de la dernière chance, pour prouver au monde qu’il n’est pas juste un provocateur, dans l’ombre de Dali, mais un artiste à part entière, qui peut se nourrir de la réalité. Terre sans pain est lancé.

Buñuel après l’âge d’or fait encore plus que de parler d’un grand réalisateur, il suit la transformation d’un artiste, personnelle et créative. Le réalisateur provocateur, celui qui s’habille en prête dans les café de Paris, celui qui choque le Vatican avec ses travaux surréalistes se retrouve devant la pauvreté et la misère. Il en est sur, il peut changer les choses grâce à son documentaire, montrer une partie de l’Espagne inconnue du public parisien et d’ailleurs. Simó s’intéresse à son processus créatif, à la relation avec son producteur (et ami), montrant les rouages de l’industrie cinématographique (à petite échelle). Le film montre aussi qu’on ne peut pas faire un film seul, l’esprit d’équipe et la coordination sont nécessaires. Buñuel après l’âge d’or dépeint les limites de la réalité au cinéma, le pouvoir de la mise en scène et comment la création peut être une fièvre où l’artiste peut totalement oublier tout principe éthique. Le film nous pose intelligemment la question : faut-il aller aussi loin dans la création ?

[CRITIQUE] : Buñuel après l’âge d'orBuñuel après l’âge d’or alterne animation et véritables images du documentaire, donnant un impact fort et un hommage profond à une oeuvre importante, d’un réalisateur de renom. Le film est animé par la passion du cinéma, par une ode à l’amitié et à l’admiration, où l’émotion transperce. Malheureusement, le métrage est un poil long, une ombre au tableau puisque le film peut parfois se répéter ou tomber dans le pathos facile. Mais il vaut le détour, rien que dans le fait de donner envie de découvrir la filmographie (hautement intéressante) du bonhomme.


Laura Enjolvy

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