LES CREVETTES PAILLETÉES (Critique)

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SYNOPSIS : Après avoir tenu des propos homophobes, Mathias Le Goff, vice-champion du monde de natation, est condamné à entraîner " Les Crevettes Pailletées ", une équipe de water-polo gay, davantage motivée par la fête que par la compétition. Cet explosif attelage va alors se rendre en Croatie pour participer aux Gay Games, le plus grand rassemblement sportif homosexuel du monde. Le chemin parcouru sera l'occasion pour Mathias de découvrir un univers décalé qui va bousculer tous ses repères et lui permettre de revoir ses priorités dans la vie.

Avec Les Crevettes Pailletées, on est à mi-chemin. Mi-chemin entre Le Grand Bain et The Full Monty. Mi-chemin entre Rasta Rockett et Priscilla, folle du désert. A la croisée des genres entre film de potes et film populaire, entre film sur le sport et road movie. Alors que l'on suit les péripéties d'une équipe de water-polo gay affublée d'un coach récalcitrant en route pour un championnat en Croatie, sont abordés au fil de l'eau les thèmes inhérents à l'idée de départ de Cédric Le Gallo : l'expression de la différence évidemment, de l'acceptation et de l'intégration, moins évidents mais toujours férocement d'actualité, et l'esprit de groupe, qui s'apparente ici à une véritable famille. Et, finalement, la quintessence de ce film, c'est ça : un road movie entre potes, aux prises avec leurs démons, entre grandes exaltations et multiples déceptions.

LES CREVETTES PAILLETÉES (Critique)

Damien ( Romain Lancry) et Xavier ( Geoffrey Couët), les plus turbulents, irritent Joël ( Roland Menou) un quinqua aigri, militant de la première heure devenu intolérant et qui vieillit mal, pendant que Vincent ( Félix Martinez) goûte à ses premiers amours avec une naïveté touchante. Cédric ( Michaël Abiteboul), jeune papa, ne trouve plus sa place à la maison, tandis que Fred ( Romain Brau) laisse exploser sa féminité chèrement acquise avec superbe. Quant à Alex ( David Baiot), il a le cœur brisé depuis sa rupture avec Jean ( Alban Lenoir), lequel lutte depuis des mois contre un cancer des os. Leurs vies, leurs aspirations et autres espoirs déçus s'entrechoquent avec bienveillance, mais beaucoup de violence aussi parfois, leurs heurts exacerbant à la fois la difficulté et la chance d'être différent, tant dans le milieu sportif qu'au quotidien. Avec beaucoup de tendresse, Cédric Le Gallo et Maxime Govare dépeignent une fratrie éclectique, un rien dysfonctionnelle, qui se moque ouvertement d'elle-même et s'en donne à cœur joie, tant qu'elle ne laisse personne au bord de la route. Au milieu de leur joyeux tapage, Matthias ( Nicolas Gob) un athlète sanctionné pour avoir dérapé lors d'une interview en lâchant des propos homophobes - symptôme préoccupant de leur banalisation, passée dans le langage courant - subit d'abord leurs excentricités... Mais la première impression n'est pas toujours la bonne.

LES CREVETTES PAILLETÉES (Critique)

En s'appuyant sur des personnages - parfois (presque inévitablement) archétypaux - aux personnalités fondamentalement très contrastées, Cédric Le Gallo et Maxime Govare ouvrent en grand les portes d'une communauté encore " à part ", marquée du sceau de l'incompréhension. Pour autant, si les clichés homosexuels défilent, avec une vulgarité assumée à 200%, c'est pour mieux souligner la singularité de la communauté LGBT, loin d'être tendre avec ses propres membres. Avec leur franc-parler, les personnages déjouent tour à tour victimisation excessive et homophobie passive, dédramatisent les sujets encore brûlants de l'homosexualité dans le monde du sport et de la transidentité, ringardisent la figure mère de La cage aux folles et sa vision primaire. Un bémol : la parole libérée et décomplexée de ces athlètes à paillettes ne manquera pas d'échauder les plus réservés. Et un regret : si les valeurs de partage, de solidarité, de respect et de dépassement de soi, indissociables du sport, servent de socle au film, on y parle finalement assez peu de sport, celui-ci se concentrant d'avantage sur ses personnages que sur leurs prouesses dans le bassin. Une carence qui affaibli un peu cette belle escapade entre potes. Entre jolie réussite et petit ratage, le film porte haut les couleurs d'une communauté fortement contrastée mais, ironiquement, creuse le clivage à vouloir trop fédérer. Véritable feel-good movie, formidable déclaration d'amour à ses personnages (inspirés des vraies Crevettes), on leur souhaite de nager (très) longtemps en salles, et de vous en mettre plein la vue.

LES CREVETTES PAILLETÉES (Critique)

Titre Original: LES CREVETTES PAILLETÉES

Réalisé par: Cédric Le Gallo & Maxime Govare

Casting : Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul...

Genre: Comédie

Sortie le: 08 mai 2019

Distribué par: Universal Pictures International France

LES CREVETTES PAILLETÉES (Critique)

BIEN


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