![[CRITIQUE] : Hellboy [CRITIQUE] : Hellboy](https://media.paperblog.fr/i/890/8909095/critique-hellboy-L-dPzJNd.jpeg)
Réalisateur : Neil Marshall
Acteurs : David Harbour, Ian McShane, Milla Jovovich, Daniel Dae Kim, Sasha Lane,...Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Fantastique, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h01min.
Synopsis :
Hellboy est de retour et il va devoir affronter en plein cœur de Londres un puissant démon revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance.
Critique :
#Hellboy est un ratage fascinant, un film de fanboy qui rate trop souvent le coche pour pleinement tirer vers le haut un concept cloué au pilori avant même sa sortie.
Inoffensif et techniquement perfectible donc, malgré un vrai esprit de bande bis barrée et férocement régressive pic.twitter.com/tKecD9a3mt— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) May 2, 2019
En ces temps où la concurrence du cinéma super-héroïque lutte tant bien que mal - et surtout mal, il faut l'avouer - pour tenter de reprendre le terrain facilement conquis ces dernières années par Disney et Marvel, on ne pouvait que guetter avec une crainte certaine et un espoir rachitique, la montée en puissance de Lionsgate dans le game, avec le reboot loin d'être désiré de la franchise Hellboy, échoué au cinéaste jadis prometteur Neil Marshall.
Un solide faiseur et véritable amoureux du cinéma de genre, qui avait su replacer sur la carte du fantastico-horrifique, sans forcément avoir une grammaire cinématographique férocement dense, le film de loup-garou bricolé et jouissif - Dog Soldiers -, et le survival viscéral dans les entrailles de dame nature - le chef-d'oeuvre The Descent -, avant de gentiment se perdre avec des péloches sincèrement bis mais croulant bien trop autant sous leurs défauts que leurs multiples références pas toujours bien digérés.
S'il conserve les bastons à la Kirby ou l'on s'emplafonne avec jouissance et où l'on éclate son prochain dans un bain de sang franchement délirant, il zappe totalement l'imagerie lovecraftienne puissante chère à Del Toro mais surtout, il se perd dans une intrigue boursouflée par des références mythologiques et littéraires bazardées sans la moindre envie ni cohérence, où les personnages, croqués avec les pieds, n'arrivent jamais à être un tant soit peu plaisant à suivre ni empathiques... là ou le cinéaste mexicain offrait une dimension romantique bouleversante à son histoire, avec un triangle amoureux malin (la bête Hellboy et le " banal " Myers face à la belle Liz), se transformant en une love story adulte touchante malgré le destin funeste qui les attend dans le second film.
Impossible également de ne pas taper du poing sur la description totalement risible du héros, Gaston Lagaffe du pauvre à la stature jamais imposante - même s'il tente veinement de rivaliser avec le Darkness de Legend -, épuré de toute la thématique mère de l'oeuvre de Mike Mignola, qui faisait tout le sel de sa personnalité : la thématique tragique du choix, d'un héros pas toujours bien dans sa peau et qui se cherche, tiraillé entre sa nature profonde - le mal absolu - et son amour pour l'humanité et un père de substitution, qui l'a élevé comme son propre fils malgré sa différence.
Inoffensif et techniquement perfectible donc, et surtout méchamment inutile malgré ses quelques bonnes intentions, noyées sous l'océan moribond du minimum syndical sans saveur et foutraque.
Jonathan Chevrier