Les affameurs

Un grand merci à Rimini Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Les affameurs » de Anthony Mann.

Les_affameurs

« La place d’un homme n’est pas au bout d’une corde »

Deux hommes au passé trouble, Glyn McLyntock et son ami Emerson Cole, escortent la longue marche d'un convoi de pionniers. Arrivés à Portland, les fermiers achètent des vivres et du bétail que Hendricks, un négociant de la ville, promet d'envoyer avant l'automne. Les mois passent et la livraison se fait attendre. McLyntock alors retourne à Portland avec Baile, le chef du convoi. Ils découvrent une ville en proie à la fièvre de l'or. Hendricks, qui prospère en spéculant sur ce qu'il vend aux prospecteurs, refuse de livrer la marchandise. Cole et McLyntock s'en emparent de force. Mais les vivres suscitent la convoitise de tous...

« Il est parfois bon pour un homme d’avoir une étoile qui le conduise »

Les_affameurs_James_Stewart

Après une première carrière au théâtre durant les années 20 et 30, Anthony Mann rejoint Hollywood à la fin des années 30 d’abord comme superviseur des acteurs sur des grosses productions (« Autant en emporte le vent », « Rebecca ») avant de devenir l’assistant de Preston Sturges. De fil en aiguille, il réalisera ses premiers films au début des années 40. Se faisant la main sur nombre de séries B policière, il s’impose peu à peu comme l’un des maîtres du film noir (« Marché de brutes », « Il marchait la nuit », « Le grand attentat »). Mais c’est bien avec l’univers du western, genre qu’il aborde à partir de 1950 avec « La porte du diable », qu’il s’impose comme un cinéaste majeur. Surtout, outre les classiques « L’homme de l’ouest » (1958, avec Gary Cooper) ou « La ruée vers l’ouest » (1960, avec Glenn Ford), on retiendra les cinq westerns dans lesquels il dirigera James Stewart - son acteur fétiche - qui représentent sans doute l’acmé de sa filmographie.

« Vous n’êtes pas habillé pour voir Hendricks. Prenez au moins un revolver. »

Les_affameurs_Julia_Adams

Adaptation du roman éponyme de Bill Gulick, « Les affameurs » est ainsi le deuxième film de ce corpus, après « Winchester 73 » et avant « L’appât », « Je suis un aventurier » et « L’homme de la plaine ». Partant d’une trame assez classique - un aventurier mène un convoi de pionniers qui veulent s’établir à l’ouest - qui sera plus ou moins réutilisée pour « Je suis un aventurier », Mann signe un formidable western construit comme une fable morale. Car chez Mann, les héros sont toujours des êtres complexes et tourmentés. Ici, McLyntock, le héros, est un ancien pillard rangé des diligences et bien décidé à rentrer dans le rang en cachant scrupuleusement son passé à ses nouveaux compagnons. Jusqu’à ce qu’il sauve du lynchage Emerson Cole, personnage au passé tout aussi trouble que lui et qui connait sa réputation. Les deux hommes seront dès lors unis par une étrange amitié et surtout par un profond respect. Jusqu’à ce que leur nature profonde ne reprenne le dessus. L’approvisionnement des colons sera alors pour McLyntock un véritable chemin de croix, l’occasion d’expier ses péchés et de se racheter une conduite, tandis qu’il devra affronter Cole, son double maléfique rongé par la cupidité. En creux de ce western psychologique haletant, dans lequel la violence est le plus souvent suggérée et laissée hors champs (comme dans cette introduction où le héros élimine méthodiquement cinq indiens menaçants), le cinéaste pose aussi la question passionnante de l’individu (et de fait de l’individualisme) par rapport à la communauté, seule structure pouvant apporter l’accomplissement et la félicité.  Un immense western.

Les_affameurs_Arthur_Kennedy

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Le blu-ray : Le film est présenté dans un nouveau Master Haute-Définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

Côté bonus, le film est accompagné d’une conversation entre les journalistes Mathieu Macheret et Bernard Benoliel (41 min.) ainsi qu’une archive rare, une interview de James Stewart datant de 1973 (75 min.).

Edité par Rimini Editions, « Les affameurs » est disponible dans une très belle édition collector combo blu-ray + DVD, depuis le 19 mars 2019. Cette édition comprend également un fac-similé du numéro de mars 2019 de la revue L’Avant-Scène Cinéma, consacré aux Affameurs (100 pages).

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