[FUCKING SERIES] : Dirty John saison 1 : Le diable sous mon toit

[FUCKING SERIES] : Dirty John saison 1 : Le diable sous mon toit
(Critique - sans spoilers - de la saison 1)

On peut sans doute voir une petite pointe de cynisme dans la volonté de Netflix - le hasard du calendrier serait un poil gros -, de balancer pour la St-Valentin, un show qui n'est pas DU TOUT romantique à ses abonnés : Dirty John avec le mésestimé Eric Bana et la (toujours) merveilleuse Connie Britton, tant il dépeint avec une exactitude rare, l'enfer du quotidien d'une femme sous le joug de la violence psychologique de son compagnon.

Un pied de nez osé mais infiniment salvateur tant le show, inspiré d'une histoire vraie, est un vrai moment de télévision douloureux et nécessaire, dont la diffusion dès la " fête des amoureux " (ou plutôt la fête des confiseurs, fleuristes, bijoutiers and Co) ne pouvait pas être plus pertinente.
Placé au coeur d'une rencontre somme toute banale entre un homme et une femme via une application de rencontres amoureuses, le show dévoile toute la complexité d'une emprise psychologique sur une victime lucide et alertée par ses proches (ici ses deux filles, qui ne sentaient pas cette histoire dès le départ), mais totalement dans l'incapacité de réagir même face à un danger dont elle a parfaitement conscience de l'existence.

[FUCKING SERIES] : Dirty John saison 1 : Le diable sous mon toitLoin de dépeindre les victimes comme de simples femmes naïves (même si la rapidité dont le personnage de Debra, vraie femme accomplie, se fait berner par l'escroc drogué et violent qu'est John, frôle la fragilité extrême) ou les bourreaux comme de simples pervers narcissiques (on a ici à faire à un vrai psychopathe dans toute sa splendeur), Dirty John dévoile les raisons du " pourquoi ", analyse les comportements humains pour mieux étayer les ressorts (jouer sur l'angoisse du célibat à un âge avancé, le manque de confiance en soi,...) et les maux terribles d'une manipulation sournoise que l'on pense abracadabrantesque sur le papier, mais qui s'avère pourtant bien réelle.

Finement scriptée et joliment concise pour mieux maintenir sa tension (6 épisodes, rien de plus), campé à la perfection par un casting impliqué (Connie Britton est bouleversante de fragilité là ou Eric Bana est tout en charisme animal) même si tourné comme un téléfilm du pauvre sans budget ni saveur, la série est un sommet de thriller psychologique à la lisière de l'horrifique, qui se place intelligemment dans le camp des victimes et non dans celui du monstre manipulateur.
Après la petite claque You, Netflix enfonce le clou avec la plus maîtrisée et terrifiante Dirty John, pour ne pas oublier que le diable est sous bien plus de toit qu'il n'en a l'air...


Jonathan Chevrier


[FUCKING SERIES] : Dirty John saison 1 : Le diable sous mon toit

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