GLASS : La grande évasion ★★★★★

Une conclusion unique à une trilogie qui l’est tout autant. La boucle est bouclée en beauté. 

Dix-neuf ans après Incassable et deux ans seulement après Split, M. Night Shyamalan nous revient avec le troisième et supposé dernier volet de sa trilogie super-héroïque. Une trilogie que personne ou presque n’avait vu venir, certes envisagée comme telle par son auteur à l’époque d’Incassable, mais relancée de façon tout à fait inattendue à l’occasion des dernières minutes de Split. Depuis, l’attente fut longue mais fort heureusement, la voici récompensée à l’arrivée. Pourtant, le résultat étonne encore une fois, grâce aux contraintes budgétaires que le réalisateur s’est fixées pour conserver une totale liberté.

GLASS : La grande évasion ★★★★★

Glass commence quelques semaines après les événements de Split. Kevin Wendell Crumb (James McAvoy, dans le rôle de sa vie) poursuit ses méfaits et séquestre quatre pom-pom girls à l’intérieur d’un vieil entrepôt désaffecté, tandis que David Dunn (Bruce Willis) tente de remonter sa piste, avec l’aide de son fils Joseph, désormais adulte, qui le guide à distance en lui parlant dans son oreillette. L’affrontement ne tarde pas à éclater mais est très vite interrompu lorsque le Dr. Ellie Staple (Sarah Paulson, glaciale) assistée par la police, les retrouve et les fait enfermer dans un hôpital psychiatrique, avec Elijah Price (Samuel L. Jackson) comme codétenu. L’intrigue prend alors une tournure surprenante et privilégie l’angle psychanalytique. Les trois prisonniers/patients, retenus dans leur cellule respective, spécialement équipée pour les canaliser, deviennent les sujets d’une thérapie de groupe forcée où le Dr. Ellie Staple cherche à les convaincre qu’ils n’ont jamais eu de super-pouvoirs.

Shyalaman insinue dès lors le doute moins chez le spectateur que chez ses personnages qui, dans l’incapacité d’user de leur potentiel, vont devoir s’accrocher à leur croyance. La très belle idée du film est d’associer à chacun des trois protagonistes un allié ou un proche. Si Joseph soutient son père, Elijah peut compter sur sa mère et Kevin sur Casey (Anya Taylor-Joy, peu présente mais toujours aussi bouleversante), seule victime rescapée de Split. Leur implication permet ainsi à Shyamalan de créer des parallèles avec les précédents volets, au détour de flashbacks notamment, issus des scènes coupées d’Incassable, afin de renforcer la continuité globale de sa trilogie et le lien émotionnel qui nous unit aux personnages.

GLASS : La grande évasion ★★★★★

Glass se distingue aussi par sa conscience aiguë de l’univers des comics, disséqué ici par Elijah Price, sorte de narrateur intra-diégétique, dont l’obsession pour les super-héros conditionne la moindre de ses réflexions. Une approche théorique et méta-filmique qui se joue ouvertement des codes, aussi accentuée par la présence d’écrans de surveillance tout au long du film. Des écrans qui pourraient représenter les cases d’une bande-dessinée, dont il faudrait s’extraire, s’évader, pour quitter la fiction et rejoindre la réalité. Une impression que la mise en scène de Shyamalan prolonge encore davantage par la biais de regards-caméra, venant briser peu à peu le « quatrième mur ».

Même s’il n’échappe pas toujours à quelques raccourcis ou facilités de scénario, ce troisième volet réussit à faire converger les destins de ses personnages dans un dernier acte anti-spectaculaire, à la fois audacieux et riche en émotions. Il n’est pas impossible que le spectateur en sorte frustré mais une proposition aussi originale, dans un contexte sclérosé par la standardisation, mérite toute notre attention.

Réalisé par M. Night Shyamalan, avec Bruce Willis, Samuel L. Jackson, James McAvoy, Sarah Paulson

Sortie le 16 janvier 2019.


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