Star Trek: Into Darkness

Par Inglourious Cinema @InglouriousCine


Après avoir signé le sympathique « Star Trek » (2009), ainsi qu'un vibrant hommage aux diverses productions Amblin Entertainement avec « Super 8 » (2011), il revient aux manettes, avec la suite intitulée « Star Trek : Into Darkness ». Celle-ci s'inspire du second film de la franchise,
« Star Trek 2 : La colère de Khan » sortie en 1982 et réalisé par Nicholas Meyer.

« Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos… Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive. Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe. »Le « Star Trek » de 2009 m'avait plutôt bien plu, même si des facilités d'écritures, tant au niveau de l'intrigue que des personnages étaient parfois très irritant. De plus l'effet « nouveau Star Trek » n'aidait pas J.J Abrams dans son entreprise, car il fallait une fois de plus plantait le décor de cet univers si riche et foisonnant. Un aspect que désormais il n'a plus à prendre en compte, il se concentre sur l'histoire et uniquement cela, pour notre plus grand plaisir.Il retrouve les scénaristes du premier opus, Roberto Orci et Alex Kurtzman, ainsi que Damon Lindelof. Ensemble ils nous racontent une histoire pleine de rebondissements, qui finit d'asseoir la position de James Kirk comme commandant de l'Enterprise, au travers du prisme de « Khan » et des thèmes abordés comme être responsable, le militarisme, le terrorisme, le respect des règles et l'avidité, que cela soit comme ami ou commandant. Le personnage de Khan est symptomatique de ce que le film nous dit ! Khan Noonien Singh dans l'univers de STID est un humain génétiquement modifié, fruit d'une expérience comme tant d'autre dans son genre, qui se termina par une guerre entre ceux modifié génétiquement et les humains lambda.
Plus fort, plus intelligent et impitoyable, il est le soldat « parfait » ! Des qualités que Marcus, commandant en chef de Starfleet apprécie, notamment pour sa capacité à créer des armes, missiles comme vaisseaux. Et en faisant cela, le commandant oublie sa position, son rôle et se comporte à la manière de Khan, en une personne prête à tout pour atteindre son but, ici faire régner la terreur pour maintenir l'ordre ! Khan n'est alors pas qu'un simple antagoniste, mais bien l'incarnation des peurs et des craintes d'un régime qui deviendrait autoritaire. Ce que Marcus matérialise en donnant des ordres contraire à l'éthique de Starfleet en demandant la mort de Khan, ou en attaquant volontairement Kirk et son vaisseau afin d'effacer toutes les traces de ces méfaits. Malgré des intentions louables en apparence, cela démontre que parfois en utilisant des méthodes répréhensibles, on devient soi même quelqu'un qu'il faut appréhender et que l'équilibre qui régit toute société peut devenir en un instant extrêmement précaire …
Donc si le début poussif m'a fait peur, que certaines scènes totalement gratuites m'ont déplu (Alice Eve en sous-vêtement sérieusement ?), cette suite est bien plus digeste que son prédécesseur. J.J Abrams déroule son intrigue avec fluidité, débarrasser enfin des impératifs du « reboot », fruit de bon nombres de mes tracas avec le premier. Le duo Kirk/Spock est la locomotive qui tire l'intrigue vers le haut et Khan un antagoniste de haut vol, qui amène de l’ambiguïté morale.Un ensemble cohérent ou le réalisateur orchestre avec intelligence les diverses péripéties auquel il soumet ces acteurs. De Nibiru, en passant par les dédales de coursives du vaisseau de Marcus, jusqu'à Londres, les scènes se suivent et ne se ressemblent pas, jusqu'au climax final imposant bien que moins grisant que le précédent. Rien ne prend le pas sur ce que le film raconte, tout est là pour nous amener à un but précis, sans jamais rompre l'équilibre entre l'humour, l'action et l'émotion ! Et d'un point de vue visuel, c'est tout aussi riche qu'en 2009. On retrouve Dan Mindel à la photographie (Chef op que l'on retrouvera deux ans plus tard dans SW7) qui capte comme personne l'atmosphère si particulière de l'Enterprise; Scott Chambliss aux décors qui fait de l'excellent travail et Michael Kaplan aux costumes ! Puis on retrouve une fois de plus les deux mêmes monteuses Mary Jo Markey et Maryann Brandon, ainsi que Michael Giacchino qui signe une bande originale des plus réussies ! Quant au casting, il est excellent, ni plus, ni moins, avec des nouveaux venus charismatiques comme Benedict Cumberbatch ou encore l'inamovible Peter Weller.