LES DEMOISELLES DU TÉLÉPHONE (Critique Saison 3) Quatre héroïnes qui s’inscrivent parfaitement dans un monde en transition…

LES DEMOISELLES DU TÉLÉPHONE (Critique Saison 3) Quatre héroïnes qui s’inscrivent parfaitement dans un monde en transition…LES DEMOISELLES DU TÉLÉPHONE (Critique Saison 3) Quatre héroïnes qui s’inscrivent parfaitement dans un monde en transition…

SYNOPSIS: Alors que Lidia croit enfin au bonheur, la tragédie frappe. La carrière des intrépides opératrices aux histoires d'amour toujours complexes évolue de manière surprenante.

Netflix et l'Espagne, ça commence à ressembler à une histoire d'amour. Après avoir installé leur site de production dans la capitale espagnole et fait un carton avec leur première co-production espagnole, la compagnie américaine n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. Les Filles du Téléphone s'était payé un très joli succès critique et commercial lors de sa sortie en 2017, non seulement aux US, décrochant un score de 91% sur le site Rotten Tomatoes (le pape du bon goût télévisé américain), mais également en Asie, puisque la série s'est vu couronnée d'un Prix de la Meilleure Série Étrangère au dernier Festival International de Télévision de Shanghai. Un très beau succès pour la créatrice Teresa Fernández-Valdés (qui a notamment travaillé sur deux autres sensations espagnoles : Velvet et Grand Hotel) et la boîte de production Bambú Producciones, qui pousse Netflix à commander rapidement une troisième saison avant même la diffusion de la seconde, puis une quatrième saison dans la foulée. L'occasion pour les fans de se replonger dans l'entre-deux guerres espagnoles pour y retrouver leurs quatre standardistes préférées.

Le succès de la série repose avant tout sur ses acteurs et sur l'alchimie un peu magique, un peu électrique, un peu poétique qu'ils sont parvenus à créer. On ne se lassera jamais de remarquer à quel point le trio amoureux central composé de Lidia Aguilar ( Blanca Suárez), Carlos Cifuentes ( Martiño Rivas) et Francisco Goméz ( Yon González) fait des étincelles. Ces trois-là se sont rencontrés sur les plateaux du tournage d' El Internado, la série d'Antena 3 sortie en 2007, et après sept saisons à travailler ensemble, on aurait pu s'attendre à ce qu'ils finissent par se lasser mais pas du tout : ils s'harmonisent les uns aux autres avec l'agilité et la grâce des interprètes qui se connaissent par cœur, et c'est un vrai plaisir de les voir évoluer à l'écran. Quoique les filles du téléphone soient un peu éparpillées en cette saison, Marga ( Nadia de Santiago), Carlota ( Ana Fernández) et Ángeles ( Maggie Civantos) sont toujours là les unes pour les autres, comme les trois mousquetaires du Madrid des années 20. On est en plein "âge d'argent" et alors qu'artistes et philosophes espagnols s'exportent dans le reste de l'Europe, l'Espagne traverse une période de crise politique qui annonce la chute de la monarchie et le début de la dictature, et la capitale fourmille d'esprits en ébullition qui pensent le monde différemment : on discute de révolution sexuelle, de droit du travail, de féminisme, et nos quatre héroïnes s'inscrivent parfaitement dans ce monde en transition. Chacune évolue à son rythme, se confrontant à des démons de différentes tailles et de formes multiples, mais elles se retrouvent toutes unies dans leur désir commun de vivre leur vie telle qu'elles l'entendent.

L'atmosphère recréée dans toute son opulence, entre une image riche de couleurs et de lumière dorées et une musique aux accents jazzy très délicats. Cette saison, les directeurs de la photographie Óscar Durán et Alfonso Postigo succèdent à Jacobo Martínez et Daniel Sosa Segura mais respectent les codes visuels établis par les deux premières saisons. La série joue davantage des codes de la telenovela que par le passé, avec notamment, l'arrivée d'un jumeau et la présence plus marquée de la police, mais le fait que l'histoire soit racontée du point de vue d'une femme, et l'énergie déployée par les quatre personnages centraux empêchent la série de tomber dans le cliché et le coutumier. Les Filles du Téléphone est une série de genre, de même qu'une série genrée, qui mets en valeur les amitiés féminines et la solidarité de celles qui ont partagé les mêmes injustices, ce qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais qui a le mérite d'être divertissante, surprenante parfois et toujours fidèle à elle-même. Blanca Suárez est resplendissante dans ce rôle complexe de femme qui a vécu dans toutes les strates de la société espagnole, et sa performance vaut, à elle seule, la peine de jeter un coup d'œil à la série. Venez pour son actrice principale et restez pour voir comment elle et ses amies vont s'en sortir.

Crédits: Netflix


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