[CRITIQUE] : Rémi sans Famille

Par Fuckcinephiles

Réalisateur : Antoine Blossier
Acteurs : Daniel Auteuil, Maleaume Paquin, Virginie Ledoyen,...
Distributeur : Mars Films
Budget : -
Genre : Aventure, Famille, Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h49min.

Synopsis :
Les aventures du jeune Rémi, orphelin recueilli par la douce Madame Barberin. A l’âge de 10 ans, il est arraché à sa mère adoptive et confié au Signor Vitalis, un mystérieux musicien ambulant. A ses côtés, il va apprendre la rude vie de saltimbanque et à chanter pour gagner son pain. Accompagné du fidèle chien Capi et du petit singe Joli-Cœur, son long voyage à travers la France, fait de rencontres, d’amitiés et d’entraide, le mène au secret de ses origines…


Critique :

Prenant littéralement aux tripes et au coeur, Antoine Blossier fait de son #RémiSansFamille un vrai conte de noël touchant, juste et intemporel, une épopée enjouée et émotionnellement forte, portée par la prestation lumineuse et habitée d'un Daniel Auteuil merveilleux en Vitalis pic.twitter.com/SYXidP4WQJ— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) 12 décembre 2018

Pour tous les trentenaires, ou en passe de passer ce cap pas si difficile à franchir que cela (mensonge), Rémi sans Famille c'était avant tout et surtout un put*** de dessin animée bad trip qui nous plombait la moindre matinée de vision intensive de la télévision, au même titre que Les Malheurs de Sophie (même si tout homme n'assumera jamais de l'avoir regardé, comme pour Sailor Moon).

Car, entre deux mangas délirants et souvent sanglants (ah DBZ et Les Chevaliers du Zodiaque <3), voir l'histoire de gamins méchamment abimés par la vie et véritables souffres douleur du mauvais sort, ça n'avait rien de fun, surtout que ce pauvre Rémi voyait quand-même mourir tous ceux qu'il aimait, humains comme animaux (à tel point que l'on pouvait légitimement se demander qu'est-ce qu'il pourrait bien lui arriver de pire à chaque nouvel épisode).

Alors l'idée de mirer, vissé dans son fauteuil et dans une salle obscure, un tel jeu de massacre sur grand écran, n'avait sensiblement rien d'attirant pour tous les enfants traumatisés par la version animée d'Ozamu Dezaki... et pourtant, Antoine Blossier (le sympathique teen movie A Toute Epreuve), a réussi la prouesse de s'approprier avec finesse du roman Sans Famille d’Hector Malot, pour en faire une fable certes toujours douloureuse, mais surtout un vrai film d'aventure infiniment sincère et bouleversant.

Reprenant au pied de la lettre l'histoire initiale tout en se permettant le luxe de quelques coupes/modifications pas forcément gênantes (exit Mattia et quelques animaux, le personnage d'Arthur devient désormais une jeune fille,...), le cinéaste fait de son adaptation une épopée enjouée au coeur de contrées françaises rarement aussi sublimées à l'écran, une magie visuelle de chaque instant (la photographie est aussi soignée que la mise en scène est maitrisée voire même parfois étonnamment expérimentale) qui ne recule pourtant jamais devant une fatalité dramatique inéluctable, filmé avec une justesse déchirante et sans le moindre pathos de supermarché indigeste - comme bon nombre de films du genre produits par l'hexagone -, même s'il joue presque un poil trop la carte d'une voix-off un poil trop surprésente.

Prenant littéralement aux tripes et au coeur, Antoine Blossier fait de son Rémi Sans Famille un vrai conte de Noël touchant et intemporel, qui assume totalement ses références (même les plus improbables) et élevé au rang de séance immanquable de cette fin d'année grâce à la performance lumineuse d'un Daniel Auteuil absolument merveilleux en Vitalis (son plus beau rôle depuis très, très longtemps), véritable glu d'un univers et d'un film qui lui doit beaucoup.

On redoutait que la séance soit trop dure - elle l'est, dans un sens - voire traumatisante (comme le dessin animé), elle est surtout incroyablement charmante et délicate.
La belle surprise des fêtes de fin d'année, avec Spider-Man : New Generation.


Jonathan Chevrier