New York 1997

Un grand merci à StudioCanal pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « New York 1997 » de John Carpenter.

New_York_1997

« Une fois à l’intérieur, vous serez seul. Ne l’oubliez pas. »

En 1997, Manhattan est devenu une immense prison ghetto où vivent, en microsociété, trois millions de prisonniers. Victime d’un attentat, l’avion du Président des États-Unis s’écrase en plein Manhattan avec des documents ultrasecrets. Snake, un dangereux criminel, est chargé, en échange de sa grâce, de partir à la recherche du Président. Parachuté dans Manhattan, il dispose de vingt-quatre heures pour mener à bien sa mission… 

« C’est bien qu’un homme n’oublie pas son passé »

New_York_1997_Lee_Van_Cleef

A l'instar de son ami George Romero, John Carpenter se fait connaitre par le biais des productions indépendantes et du cinéma de genre. Après le thriller policier « Assaut », remake moderne et urbain à peine voilé du « Rio Bravo » de Hawks, il brille dans le registre du cinéma horrifique en signant coup sur coup « Halloween » et « Fog » qui cartonnent au box office. De quoi lui ouvrir les portes des grands studios hollywoodiens. Placées sous le signe de la science fiction, les années 80 seront ainsi pour lui des années fastes, marquées par les succès de « New York 1997 », « Christine » ou encore « Starman », tous devenus depuis des films cultes. Jusqu'à l'échec du pourtant très drôle « Jack Burton dans les griffes du mandarin », qui marque un coup d'arrêt à sa carrière et le pousse à retourner vers le cinéma indépendant. 

« Dans quelques heures, le Président ne vaudra plus rien »

New_York_1997_Harry_Dean_Stanton

Écrit en 1974 en plein scandale politique du Watergate mais tourné en 1981, « New York 1997 » imagine un monde futuriste post apocalyptique dans lequel la Grande Pomme serait devenue une gigantesque prison à ciel ouvert, regroupant les pires malfrats que l'Amérique ait jamais compté. Une sorte d’enfer sur Terre et sans doute le pire endroit de la Terre pour perdre (et pour retrouver) le Président américain. De prime abord, Carpenter signe ici un film de science-fiction malin et parfaitement huilé qui, en dépit des années, n'a (presque) pas pris une ride. Les décors de cette grande ville à l’abandon sont ainsi toujours aussi bluffants, tandis que les effets visuels (signés du jeune et alors inconnu James Cameron) reste très honnêtes pour l’époque. Mais « New York 1997 » est aussi et surtout un film d'action futuriste à l'efficacité redoutable, enchainant ainsi les morceaux de bravoure (la virée en voiture au milieu des vandales, le combat sur le ring contre un colosse). Mais ce qui fait la saveur du film, c'est avant tout sa dimension transgressive :  pour la première fois il nous est montré un New York interlope glauque, symbole d'un pays décadent et rongé par la criminalité, la violence et la corruption. Les institutions ne sont pas non plus épargnées par Carpenter, à l'image du Directeur de la prison, sorte de nervis autoritaire et cynique, ou du Président américain lui-même, présenté comme manipulateur, pleutre et pleurnichard. Une espèce de  marionnette qui vaut plus pour les informations qu'il transporte que pour ce qu'ils représente réellement. Une sorte de crime de lèse-majesté inédit jusque là au cinéma. En creux, le film dit aussi beaucoup de l'évolution de la société américaine en ce qu'il démythifie le héros américain traditionnel qui n'est plus ici un vengeur masqué prêt à donner sa vie pour la veuve et l'orphelin mais une sorte de criminel marginal et rebelle dont les motivations demeurent bassement individualistes et opportunistes. A sa façon, Carpenter capte là un peu de cette sensation de spleen et de désenchantement post-hippie qui domine ce début des années 80. Porté par un Kurt Russell charismatique qui trouve ici l'un des rôles les plus emblématiques de sa carrière, le film peut compter aussi sur de formidables seconds rôles comme Lee Van Cleef, Ernest Borgnine ou Harry Dean Stanton pour assurer le show et s'imposer comme l'une des meilleures séries B des années 80. Définitivement culte. 

New_York_1997_Kurt_Russell

***

Le blu-ray : Le film est présenté en version tirée d’un Master 4k restauré. Il est proposé en version originale américaine (2.0 et 5.1) ainsi qu’en version française (5.1) et allemande (2.0). Des sous-titres anglais (pour sourds et malentendants), français et allemands sont également disponibles.

Côté bonus, le film est accompagné de trois commentaires audio de John Carpenter et Kurt Russell, de la productrice Debra Hill et du Directeur artistique Joe Alves et enfin de la comédienne Adrienne Barbeau et du Directeur de la photographie Dean Cundey. Cette très riche édition rend parfaitement hommage à ce film culte, en proposant également un deuxième disque contenant plus de deux heures de bonus, à savoir : « Les révélations dur le film », la scène d’ouverture supprimée, les modules « Snake Plissken : un homme d’honneur », « I am Taylor : interview de l’acteur Joe Unger », « Big challenges in Manhattan : focus sur les effets spéciaux », une galerie photos et des bandes-annonces originales.

Edité par StudioCanal, « New York 1997 » est disponible en blu-ray ainsi qu’en édition steelbook blu-ray 4k ultra HD, depuis le 5 décembre 2018.

Le site Internet de StudioCanal est ici. Sa page Facebook est ici.


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