Les Veuves, critique

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Plus qu’un braquage au féminin, Les Veuves est un véritable film social et politique qui mériterait presque quelques nominations aux prochaines cérémonies de récompenses. Voilà, c’est dit.

Les Veuves, critiqueAprès son oscar du meilleur film pour Twelve Years a Slave il y a déjà quatre ans, que pouvait faire le réalisateur anglais Steve McQueen. On n’aurait certainement pas parié sur un film de braquage, et pourtant il s’approprie le genre avec brio et surtout en emportant avec lui un casting impressionnant, même pour les petits rôles.

Le pitch est évidemment assez simple. Quatre braqueurs sont tués lorsque leur dernier coup tourne mal. Leurs femmes, sont menacées par le politique mafieux en campagne à qui ils devaient une assez grosse somme d’argent. Elles vont alors se serrer les coudes et retrousser leurs manches pour finir le boulot et pouvoir vivre leur vie.

Braquage, remède pour le deuil

Dès le départ, McQueen donne sa note d’intention. Entrecoupant la fin de ce fameux braquage mortel avec des images de la vie de couple des personnages, il montre bien que malgré l’action, c’est surtout l’irruption de l’intime et le travail de deuil qui va primer. Et c’est bien le cas de l’ensemble du film puisque si il y aura évidemment les phases inévitables de préparation et de cambriolage, on voit clairement que ce n’est pas ce qui intéresse le réalisateur de Hunger et Shame.

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Non, ce qui l’intéresse, c’est de voir comment ces quatres femmes vont surmonter la mort de leur mari et entrevoir ce qu’il y a après le deuil. Nous avons donc Viola Davis, impériale, intense, qui va se battre pour garder ce qu’elle a et après la mort de son fils, affronter celle de son ami. Il y a aussi Michelle Rodriguez, en retenue, qui souhaite ne pas perdre son commerce et ses enfants, Cynthia Erivo (repérée dans El Royale le mois dernier), et surtout la surprenante Elizabeth Debicki qui va apprendre à vivre pour elle. Quatre caractères bien trempés mais surtout quatre personnages formidablement écrits par Gillian Flynn (Gone Girl, Sharp Objects).

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Féministe, social et politique

L’histoire et les personnages vont alors afronter des emûches qui donnent au film une portée bien plus importante que le simple braquage. En effet, le réalisateur s’attarde régulièrement sur des détails, du contexte, qui étoffent la portée du film. Avec son style brut, correspondant au lieu de l’action, Chicago, il remet alors au centre du récit les quartiers défavorisés, les minorités dont sont issues les héroïnes, les valeur armes, argent et voiture, et les manipulations politiques. Tout cela n’est pas innocent et remet en lumière les multiples injustices actuelles de la société américaine avec bonne louche anti-Trump.

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Et puis évidemment, il y a une touche féministe post-meToo fortement présente dans le film. Car non seulement ces quatre femmes qui vont apprendre à se connaître vont devoir endosser le rôle qu’avaient leur compagnon, mais elle vont surtout devoir se montrer fortes face à des ennemis masculins qui veulent les brimer et n’ont pas conscience de la force qu’elle peuvent développer. La progression se fait naturellement, sans avancer une morale lourde. Steve McQueen laisse donc toute la place à la scénariste et aux actrices pour s’exprimer, apprenant lui-même à s’effacer pour les aider, rendant alors le propos plus fort et authentique.

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C’est ainsi que Steve McQueen propose bien plus qu’un simple film de cambriolage au féminin pour des raisons commerciales (coucou Ocean’s 8). Non, il s’agit bien ici d’un film féministe qui tape juste et étendant son propos sur le deuil, le social, la politique. Ce qui en fait donc un drame percutant et qui aurait tout à fait sa place aux Golden Globes ou aux Oscars.


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