[CRITIQUE] : En Liberté !

Par Fuckcinephiles

Réalisateur : Pierre Salvadori

Acteurs : Adèle Haenel, Pio Marmai, Damien Bonnard, Audrey Tautou, Vincent Elbaz, ...
Distributeur : Memento Films Distribution
Budget : -
Genre : Comédie
Nationalité : Français
Durée : 1h48min

Synopsis :

Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

Critique :

Bulle de légèreté folle mais jamais malade, alignant les dialogues ciselés et les instants de pure comédie avec une frénésie férocement enthousiasmante, #EnLiberté est un bonheur de feel good movie jouissif et burlesque, au casting impeccable pic.twitter.com/2mnpNGIOBG— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) 9 novembre 2018

Artisan décalé d'une comédie française où ses envolées loufoques et fantaisistes ne marquent pas autant les rétines qu'elles le devraient (Dans la Cour en tête), Pierre Salvadori continue pourtant de rouler sa bosse et de proposer des expériences comiques uniques à qui veut les mirer, dans des salles obscures hexagonales qui ne demande justement que cela pour s'extirper des méandres d'un divertissement populaire de moins en moins défendable - malgré quelques exceptions notables mais trop fugaces.

S'essayant pour la première fois à la si délicate screwball comedy, le cinéaste, toujours fièrement singulier, nous revient avec ce qui est, sans doute, son plus bel essai à ce jour : En Liberté !

Bulle burlesque d'une légèreté et d'une finesse incroyable menée tambour battant, alignant les dialogues ciselés (quoique un poil sur-écrit) et les instants de pure comédie avec une frénésie férocement enthousiasmante, le Pierre Salvadori nouveau, développant une intrigue jouissivement WTF-esque (une jeune inspectrice/mère courage tout juste veuve, découvre que son mari de flic n'était pas l'exemple de droiture fantasmé mais un ripou de premier ordre n'hésitant pas à faire condamner un innocent) permettant de brasser une multitude de thèmes fort (les notions de famille, de culpabilité, de justice, de mensonge, de rancoeur ou encore de pardon...), utilise tous les artifices possibles autant pour faire rire son auditoire que l'émouvoir avec une poésie étonnamment touchante.

Un film fou mais jamais malade, interprété à la perfection (Adèle Haenel est convaincante, le couple Pio Marmai/Audrey Tautou est formidable) et dont on ressort avec une joie indescriptible.
Indiscutablement LE feel good movie du moment, avec Le Grand Bain de Gilles Lellouche.


Jonathan Chevrier


En Liberté est un film qui traite des légendes et de ce que nous choisissons de raconter et de ce que nous préférons passer sous silence.

Le film s’ouvre sur un générique de fin, façon subtile de nous montrer que l’histoire que nous sommes sur le point d’entendre à déjà été racontée maintes et maintes fois, c'est la légende de Jean Santimari, courageux flic, fort comme un lion et mangeur de gangsters au petit déjeuner.

Yvonne, sa jeune veuve, découvre que le récit qu’elle conte à son fils pour l’endormir est faux suite à une perquisition musclée dans un bordel SM. Sa vie confortable ne reposait que sur des mensonges qu’elle a transmis à sa progéniture.

Pour faire amende honorable, elle décide d’aider Antoine, un innocent qui a écopé d’une peine de prison de huit ans pour un braquage qu’il n’avait pas commis et dont la vie fût gâchée par la faute du flic ripou.
Le retour à la civilisation d’Antoine est très difficile et son innocence est bien loin derrière lui.
Yvonne court après la rédemption comme Antoine court vers la culpabilité et leurs trajectoires se croisent dans des élans de comédie très inspiré.
Le film s'attache particulièrement à déconstruire les archétypes : les mamans ne sont pas que douces, les flics ne sont pas toujours des héros et les innocents ne sont pas des candides.

Rien n’est plus confortable qu’une routine historique dans laquelle on s’installe pour justifier de nos actions et un film qui s’interroge sur la construction des légendes avec une telle rigueur mérite largement le coup d’œil : les acteurs, très dirigés devant la caméra par un Pierre Salvadori plus control freak que jamais, rendent hommage au texte du réal ; malgré une maîtrise un peu rigide, il est délivré avec une sincérité désarmante.

Je ne peux que vous conseiller ce film extrêmement cohérent, drôle et beau. Vous y verrez une très jolie histoire.
‘’ Si la légende est plus belle que l’histoire, imprimez la légende ‘’.


Marie-Laure