Bohemian Rhapsody (2018) de Bryan Singer.

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Le projet d'un biopic sur Freddy Mercury, leader du groupe Queen date de 2010 mais finalement, plus qu'un biopic il s'agit de la naissance et de l'éclosion du groupe vus par le biais du leader... Rappelons tout de même et avant tout que Queen c'est le groupe qui est resté le plus longtemps dans le top Album du Royaume-Uni avec un total de 27 années, que le groupe a vendu entre 150 et 300 millions d'albums. Par là même, Freddie Mercury a été élu "Ultime Dieu du Rock" d'après l'institut de sondage OnePoll devançant Elvis Presley, sa performance au concert Live Aid 1985 a été élue "meilleure performance live de tous les temps"... Le premier projet prometteur était prévu avec l'acteur Sacha Baron Cohen dans le rôle titre, une idée géniale qui prendra l'eau en 2013 après des désaccords entre l'acteur et les producteurs Brian May et Roger Taylor, membres de Queen. Il semble que l'acteur voulait un vrai biopic et gratter plus en profondeur le personnage alors que les membres de Queen voulait un peu plus de place et rester dans l'idée d'un film grand public. Après plusieurs années de tergiversions, le réalisateur choisi est Bryan Singer connu pour son chef d'oeuvre "Usual Suspects" (1995) et la saga (2000-...). Le scénario revient à Anthony McCarten auteur des biopics "Une Merveilleuse Histoire du Temps" (2015) de James Marsh et "Les Heures Sombres" (2018) de Joe Wright. Et enfin, après avoir envisagé plusieurs interprètes possibles dont Ben Wishaw et Dominic Cooper c'est finalement le méconnu Rami malek qui est choisi. Ce dernier a été révélé par la comédie "La Nuit au Musée" (2006) de Shawn Levy et apparu dans un des rôles principaux dans le remake (2018) de Michael Noer. Pour les nombreux seconds rôles on notera surtout le personnage de Mary Austin, épouse et grand amour de Freddy qui est incarnée par la délicieuse Lucy Boynton révélation de l'excellent "Sing Street" (2016) de John Carney...

En prime on notera également la présence de Mike Myers, méconnaissable en producteur Ray Foster, clin d'oeil sympa puisque l'acteur chantait avec ses comparses une chanson de Queen dans une scène culte du film "Wayne's World" (1992) de Penelope Spheeris. Niveau anecdote; moins sympa, le réalisateur Bryan Singer a été viré et remplacé à seulement deux semaines de la fin du tournage !... Le film retrace l'histoire du groupe via un portrait de Freddy Mercury de 1970 à 1985. Première chose qui frappe : l'horrible dentier dont est pourvu Rami Malek. Un dentier laid et surtout caricatural car jamais Freddy Mercury n'était aussi affublé. C'est d'autant plus ridicule et dommageable qu'on remarque l'acteur forcer sur ses joues afin de pouvoir fermer sa bouche. Résultat, on ne voit plus que ça ! Ensuite, le scénario s'avère très classique et semble idéalement adoubé par le Queen de Brian May et Roger Taylor ; ils ont leur importance, ils sont montrés comme des "sages" rockers compréhensifs, bons pères de famille, co-auteurs-compositeurs... etc... Le vrai soucis est que jamais le personnage de Freddy Mercury n'est réellement approfondi qui reste résumé à un performer sur scène omettant trop qu'il écrit et compose puis bien montrer que son homosexualité n'a pas été un problème aussi profond qu'on pourrait l'imaginer avec sa famille et notamment son père. D'ailleurs le film n'est pas dépourvu de quelques séquences qui sentent bon le fantasme comme la visite pré-Live Aid ou la sortie de "chapelle" suite à son diagnostic... On sent l'ombre Brian May et Roger Taylor également sur la partie Freddie en solo alors que, pourtant, l'année "pause" du groupe était en 1983, que Freddie a sorti son premier single solo en 1984, son premier album solo en 1985 alors même que Brian May a sorti son solo dès 1983 ce que le film omet bien de préciser !...

Et enfin, le final du film qui se termine au concert Live Aid 1985 dure trop longtemps. Si on voulait revoir le concert on reverrait le vrai concert tant qu'à faire. Surtout qu'il reste peu compréhensible que le film s'arrête sur cette date... Peut-être parce qu'ensuite Freddie faisait encore plus d'ombre au reste du groupe notamment avec ses deux albums solos dont un avec la chanteuse d'opéra Monserrat Caballé, sans compter évidemment et malheureusement sur les tabloïds. Idem sur la date de sa maladie : en réalité Freddy connaît son diagnostic en 1987... Comme si Brian May et Roger Taylor voulaient effacer le fait qu'ils l'avaient sans doute appris trop tard à leur goût... Une chose est sûre, les membres survivants du groupe semblent avoir donné leurs directives, d'où sans doute le départ de Sacha Baron Cohen qui était d'avance bien plus approprié et audacieux. On apprécie par contre la relation décrite avec son "amie" Mary Austin et, surtout, la B.O. qui est sans surprise absolument dantesque. En conclusion les fans du groupe seront sans doute aveugles ou indulgents, les autres n'iront sans doute pas ce qui assure au film un minimum pour en faire un petit succès. Mais, avec un minimum d'objectivité on décèle trop de "Queen survivants" dans les interlignes du scénario, ce qui fausse un peu le récit. Un bon moment via la B.O.... Cinématographiquement ça reste bancal et inabouti, voire arrangé et travesti... Dommage...

Note :