La première fois

Par Platinoch @Platinoch

Un grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La première fois » de Claude Berri, dans le cadre de la sortie du coffret intégral qui lui est consacré.

« En ce temps là, je ne pensais qu’aux filles. Mais elles ne pensaient pas à moi... C’était pourtant pas faute d’essayer ! »

Claude a seize ans. C’est la fin de l’année scolaire. Pour son père, la seule chose qui compte vraiment, ce sont les examens du Brevet, mais pour Claude et ses copains, les filles passent avant tout. René, Sammy, Bernard et Claude désirent ardemment passer aux actes. Après une première expérience avec une prostituée, ce dernier tombe amoureux d’une jolie Canadienne..

« Quel est le con qui a dit que dix-sept ans c’est le plus bel âge ? C’est l’âge où l’on s’emmerde, oui ! »

On retiendra essentiellement du Claude Berri cinéaste ses fastueuses adaptations littéraires (« Germinal », « Jean de Florette » et « Manon des sources »), ses comédies de mœurs populaires (« Un moment d'égarement ») et ses fructueuses collaborations avec Coluche (« Le maitre d'école », « Tchao pantin »). Ce serait oublier qu'il consacra la première partie de sa carrière à une œuvre volontiers plus légère et surtout plus autobiographique, avec des films centrés autour de quelques moments clés de sa propre vie : ses quelques mois d'exil dans les Alpes chez un vieux maréchaliste à l'abri des rafles antisémites (« Le vieil homme et l'enfant »), son expérience du mariage et du désir (« Mazel tov ou le mariage »), les affres du service militaire (« Le pistonné ») ou encore la découverte de sa vocation de comédien et de cinéaste (« Le cinéma de papa »). Un cycle qu'il clôt en 1976 avec « La première fois », film consacré à son adolescence et à sa quête de l’amour charnel. 

« Tombe amoureux mais ne t’attache pas. Vis ! »

En dépit d’un sujet qui aurait pu vite tourner au grivois ou au graveleux, Claude Berri fait ici une nouvelle fois preuve de beaucoup d'humour et d'autodérision pour nous décrire celui qu'il était à 17 ans et ses déconvenues sentimentalo-sexuelles d’alors. On s'amuse ainsi de son improbable cousin incestueux, de sa tentative de séduire une fille en récitant les pages les plus enflammées de Boris Vian ou encore du complot orchestré par son père pour saboter sa potentielle première fois afin qu’il se consacre à ses études. En filigrane, il dessine d'ailleurs un portrait très tendre de sa famille, et notamment de son père (formidable Charles Denner), homme de principes à la fois autoritaire et très (trop ?) protecteur. Mais comme souvent chez Berri l'humour cache une petite fable morale. Et si le petit Claude se résout finalement à perdre son berlingot dans les bras d'une professionnelle (scène à la fois très drôle et terriblement pathétique), il nous rappelle au fond que rien n'est plus triste que l’expérience du sexe sans amour. Une nouvelle fois il s'agit donc d'un film nostalgique très attachant. A noter qu'on retrouvera une dernière fois le personnage de Claude Langmann près de vingt-cinq plus tard dans « La débandade », autofiction dont le sujet - la perte du désir et la panne sexuelle - résonnera comme un étrange écho, quelque peu désabusé, à celui de « La première fois ». 

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Le DVD : Le film est présenté en version restaurée, en version originale française (2.0). Aucun bonus spécifique ne vient compléter le film.

Edité par Pathé, « La première fois » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray au sein du coffret intégrale des 21 films de Claude Berri, disponible depuis le 3 octobre 2018, qui compte également deux DVD consacrés aux bonus.

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