La Fièvre du Samedi Soir (1978) de John Badham

Ce film est d'une importance non négligeable pour le cinéma en général et pour le seventies en particulier. D'abord il est inspiré d'un article publié dans le New-York Times, "Inside the Tribal Rites of the New Saturday Night" (1975) de Nik Cohn qui était alors un journaliste critique musical majeur (Tout savoir ICI !). Le producteur du film n'est autre que Robert Stigwood, créateur de labels musicaux et qui était déjà derrière des films musicaux cultes comme "Jésus Christ Superstar" (1973) de Norman Jewison et (1975) de Ken Russell. Le projet est signé de John Badham qui avait alors réalisé un seul film, le western "The Godchild" (1974) mais qui deviendra un réalisateur à succès par la suite avant de se fourvoyer comme réalisateur occasionnel sur quelques séries TV à partir du début des années 2000. Le scénario est par contre signé de Norman Wexler qui s'était fait un nom avec les scénarios de "Serpico" (1974) de Sidney Lumet et (1975) de Richard Fleischer.

La Fièvre du Samedi Soir (1978) de John Badham

Le coup de génie reste l'acteur choisit pour le rôle principal de Tony Manero qui revient ainsi au John Travolta qui venait d'être révélé par le film "Carrie au bal du Diable" (1976) de Brian De Palma. Le reste du casting est composé pour les plus jeunes d'inconnus qui assurent ici, pour la plupart,leur première apparition au cinéma comme Karen Lynn-Gorney, Joseph Cali, Donna Pescow, Barry Miller et même Fran Drescher future star de la série TV "Une Nounou d'Enfer" (1993-1997). Pour l'anecdote, la mère et la soeur de John Travolta font une apparition dans le film... Au premier abord le film est un drame musical assez classique mais s'avère beaucoup plus riche et dense. L'histoire aborde des sujets aussi divers que le racisme, la foi, l'ambition, grossesse et contraception alors même que la narration se base sur l'émergence de la musique et la mode Disco. La réussite du film réside sur un scénario qui ne se focalise pas uniquement sur sa BO et ses séquences disco, bien au contraire, il s'agit avant tout de l'éveil à la maturité et donc à la réflexion d'un ado sur son avenir. Il n'y a pas de "héros" dans ce film, juste des individus lambdas qui traversent le quotidien comme ils le peuvent avec les moyens qu'ils ont et surtout vis à vis du contexte social et des convenances d'une époque qui pourrait nous paraitre complètement dépassée aujourd'hui.

La Fièvre du Samedi Soir (1978) de John Badham

Le film est presque coupé en deux, le bonheur ne semble possible que sur la piste de danse alors qu'à l'extérieur le malheur est au coin de la rue. Le film est un symbole historique des seventies, Tony Manero affichent par exemple Farrah Fawcett, Bruce Lee, Al Pacino sur les murs de sa chambre, et même "Rocky", ce qui est amusant quand la suite du film "Stayin Alive" (1983) sera réalisé par Sylvester Stallone ! On notera aussi que la discothèque porte son nom en référence directe à "2001 l'Odyssée de L'espace" (1968) de Stanley Kubrick. Mais le film reste et demeure le plus célèbre vecteur de diffusion du style Disco grâce en prmeier lieu aux chansons signées du groupe Bee Gees dont les titres "Saturday Night Fever" et "How Deep is Your Love" composent une BO historique vendue ensuite à plus de 40 millions d'exemplaires ! A noter qu'outre les Bee Gees, le compositeur de "Conversation Secrète" (1974) de Francis Ford Coppola et "Les Hommes du Président" (1976) de Alan J. Pakula, David Shire a signée également plusieurs titres et des orchestrations... Si le film apporte un message optimiste en conclusion il reste en vérité sombre et pessimiste, comme si l'avenir sous le signe du bonheur n'était assurément pas gagné d'avance. Le succès mondial du film participa donc grandement au succès et à la mode du Disco, mais aussi à John Travolta qui devient une star dont le statut se confirmera en enchainant aussitôt avec un autre succès musical, "Grease" (1978).

Note :

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