Les Clefs de Bagnole (2003) de Laurent Baffie

Après une première expérience avec le court métrage "Hot Dog" (1999), l'humoriste laurent Baffie se lance dans une premier long métrage avec l'idée qu'il "valait mieux tenter de faire un bon film avec une mauvaise histoire plutôt que l'inverse". Malheureusement pour lui, après sept années de recherche de financement il s'est décidé à s'auto-financer. Laurent Baffie se retrouve donc aux divers postes clefs (!) en étant producteur-réalisateur-acteur-scénariste-dialoguiste de son film. D'ailleurs le film s'ouvre avec une multitude de grands noms du cinéma qui déclare refuser de tourner dans son film, dont quelques grands producteurs.

Les Clefs de Bagnole (2003) de Laurent Baffie

D'ailleurs, le grand atout du film reste son générique sans aucun doute l'un des plus prestigieux du cinéma français, dont la plupart jouant leur propre rôle avec pêle-mêle : Laurent Baffie lui-même, Daniel Russo, Pascal Sellem, Jean-Marie Bigard, Alain Chabat, Gérard Depardieu, Michel Galabru, Roshdy Zem, Patrick Timsit, Elie, Semoun, François Rollin, Jean-Paul Rouve, Pierre Richard, Jean Rochefort, Eddy Michell, Vincent Lindon, Bruno Putzulu, Marina Foïs, Dominique Farrugia, Daniel Auteuil, Gérard Darmon, Yvan Attal, Dieudonné, Jean-Marc Barr, Albert Dupontel, Lorant Deutsh, Jacques Gamblin, Thierry Lhermitte, Vincent Perez, Bruno Solo, Thierry Frémont, Edouard Baer, Bernard Menez, Patrick Braoudé, Romain Duris, Bernard Campan, Mickael Youn, Chantal Lauby, Chantal Ladesou, Bruno Moynot, Thierry Ardisson, Michael Madsen, Jean-Louis Aubert, Maxime Le Forestier, Claude Berri, Nelson Montfort, Marc Lavoine, Michel Boujenah, Jean-Claude Brialy, Sophie Marceau, Jean Dujardin, Yvan Le Bolloch, Pierre-François Martin-Laval, Olivier Baroux, Pierre Arditi, Pascal Legitimus, Kad Merad, Eric Cantona, Mouss Diouf, Gérard jugnot, Alain Sarde, Maitre Cappelo, Geneviève de Fontenay, Alain Terzian, Charles Gassot... etc... Le speech est effectivement aussi court que simpliste, où comment Baffie perd ses clefs de voiture et part à leur recherche à travers Paris. La quête va être évidemment ubuesque et absurde faisant entre temps mille et une rencontres. Baffie y joue à fond ses cartes à tel point qu'il tente même une promo osée en placardant en gros : "N'y allez pas, c'est une merde !"... Il s'avèrera que le public a semble-t-il pris cette boutade à la lettre ce qui fera dire à Baffie des années plus tard : "Si vous n'avez pas aimé mon film, c'est que je vous avais prévenu !"... Laurent Baffie signe un film très personnel, invitant bon nombre de ses amis au casting, y mettant tout son style d'humour entre l'autodérision et le non-sens, , en y plaçant quelques références cinéphiles de "Les 400 Coups" (1959) de François Truffaut à "Dupont Lajoie" (1974) de Yves Boisset en passant par "La Guerre des Boutons" (1962) de Yves Robert et "Un Singe en hiver" (1962) de Henri Verneuil, mais aussi en faisant apparaitre plusieurs animaux (il est passionné de zoologie) et en faisant référence également au nombre 23 son nombre fétiche...

Les Clefs de Bagnole (2003) de Laurent Baffie

Le scénario part un peu dans tous les sens, on sent que Baffie a dû gérer son récit au fur et àmesure de son inspiration tout en gardant sa ligne directrice. On passe ainsi du récit principal (chercher ses clefs) à des témoignages pris sur le vif dans la rue, aux rencontres avec des stars en passant par des séquences clefs qui sonnent comme de sketchs comme le "braquage" de banque qui renvoie évidemment à ses déboires pour financer son film. En prime une séquence animée et la loufoquerie d'un "voyage spatio-temporel". Baffie signe un film somme de son univers à la fois personnel et professionnel, c'est un peu le fouilli, c'est un peu bancal voir maladroit mais il y a une vraie générosité et le côté jouissif d'une idée simple qui part en vrille. Baffie ne fait pas toujours rire, loin de là, mais on sourit de bon coeur et quelques passages sont particulièrement savoureux. Le film n'est pas un énorme succès et Baffie se retrouvera dans une situation financière critique. Dans une émission en 2011 l'humoriste affirme : "Ce n'est pas beaucoup, c'est 200000, mais c'est plus que 100000 et j'y tiens"... Avec le temps, 200000 ce n'est pas si mal ajouté aux notes respectables que le film obtient sur les sites spécialisés. Baffie n'a pas à rougir, il signe une comédie unique et originale, plus ambitieuse qu'il n'y parait. A voir et à conseiller.

Note :

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