Sauvage, critique

Par Fredp @FredMyscreens

Remarqué à la Semaine de la Critique Cannoise, Sauvage est un premier film qui met surtout en avant l’intensité d’un comédien à suivre, Félix Maritaud, en plus de la présentation d’un milieu difficile.

Sauvage, c’est un premier film intense, et la révélation d’un acteur. En effet, repéré avec quelques courts-métrages, Camille Vidal-Naquet choisit, pour s’immerger dans le long-métrage, de s’attaquer à un sujet compliqué et difficile à travers un portrait de personnage à fleur de peau.

Léo se vend dans la rue, pour un peu d’argent, un peu de drogue. Les hommes défilent et lui reste sauvage, alors que sa santé et son moral déclinent. Voilà un rôle qui n’est pas simple à interprété et à raconter. Heureusement, le réalisateur a trouvé l’acteur pour l’interpréter et il s’appelle Félix Maritaud.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Félix Maritaud est apparu dans 120 Battements par Minutes et Un Couteau dans le Coeur. De courtes figurations mais où il attrapait déjà la caméra en un instant. Il était donc naturel de lui donner enfin un premier rôle et celui-ci est dangereux.

Parce que Léo est un personnage d’une intensité folle qui, entre la maladie, l’esprit perdu, les experiences sexuelles hard, la drogue, se détruit de bout en bout. Cela pourrait faire beaucoup pour un acteur et confiner au portrait qui en fait trop dans la dramaturgie. Mais heureusement, Félix Maritaud a ce côté sale gosse autant qu’un côté attachant qui fait que l’on se préoccupe de son sort, malgré ses défauts.

De son côté, Camille Vidal-Naquet, fait donc le portrait d’un jeune homme qui s’auto-détruit. De manière didactique et parfois mécanique, il enchaine donc les démonstrations de cette mutilation physique et psychologique, ce qui rend souvent le film prévisible et très attendu.

Mais il trouve tout de même, au milieu de cette destription de la prostitution masculine gay certains instants touchants voir poétiques qui donnent tout de même un supplément d’âme à Sauvage. Et avec Maritaud qui se donne devant la caméra, il arrive au final à offrir un premier film intense, dur et digne d’intérêt.