[CRITIQUE] : Skyscraper

Par Fuckcinephiles

Réalisateur : Rawson Marshall Thurber
Acteurs : Dwayne Johnson, Neve Campbell, Chin Han, Roland Møller, Pablo Schreiber,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Americain.
Durée : 1h42min.
Synopsis :
Will Ford, ancien leader de l’équipe de libération d’otages du FBI, ancien vétéran de guerre, et maintenant responsable de la sécurité des gratte-ciels est affecté en Chine. Il découvre le bâtiment le plus grand et le plus sûr du monde soudainement en feu et est accusé de l’avoir déclenché. Désormais considéré comme un fugitif, Will doit trouver les coupables, rétablir sa réputation et sauver sa famille emprisonnée à l’intérieur du bâtiment…au-dessus de la ligne de feu.



Critique :

Rendant un hommage (pillage ?) appuyé à Piège de Cristal et La Tour Infernale au sein d'un blockbuster régressif à mort porté de bout en bout par un Dwayne Johnson plus badass que jamais, #Skyscraper est le divertissement estival XXL parfait, limité et prévisible, mais (très) fun pic.twitter.com/dmdwT9Ia2S— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) 11 juillet 2018

Il y a quelque chose d'infiniment jouissif à voir Dwayne Johnson, plus encore qu'Arnold Schwarzenegger en son temps, sauver notre monde - et plus particulièrement sa famille -, de toutes les potentielles menaces qui l'habitent, en super-héros humain (facteur très important à une époque où les blockbusters super-héroïques pullulent dans les salles obscures) aussi cool qu'il est férocement musclé.
Et il faut dire aussi le capital sympathie de l'éternel The Rock ne cesse de grimper en flèche depuis qu'il a dépassé le statut déjà hautement enviable dans la jungle Hollywoodienne, de viagra des franchises, pour arborer celui de porte étendard du divertissement populaire monstrueusement fun.


Après avoir joué les primatologues BFF d'un immense gorille albinos luttant contre des gigas monstres dans le décérébré - mais foutrement fun - Rampage en mai dernier, le voilà déjà de retour avec Skyscraper, belle promesse d'une série B bien régressive ou il campe un ex-marine/agent du FBI/spécialiste de la sécurité unijambiste obligé de sauver sa (sublime) Neve Campbell de femme et ses mioches, des griffes de terroristes scandinaves s'en prenant à un milliardaire chinois dans le plus grand gratte-ciel du monde, en passe d'être franchement réduit en cendres.
Plus B movie à la lisière du Z, tu meurs.
Sur le papier, le plagiat (évidemment et heureusement) assumé de la référence Die Hard est tel que s'en est limite indécent, et la présence derrière la caméra du réal du sympathique mais limité Agents Très Spéciaux - déjà avec The Rock -, Rawson Marshall Thurber, n'avait rien pour nous rassurer quand au contenu de ce gros blockbuster qui tâche, qui semblait tout réunir pour ne pas DU TOUT se démarquer de la production ricaine annuelle de moins en moins défendable.


Et pourtant, même si les emprunts aux intemporels Piège de Cristal et La Tour Infernal sont tellement importants qu'un procès menace continuellement de pointer le bout de son nez durant les (trop courtes) cent minutes de métrage, Skyscraper est de ces nanars jouissifs tellement limités qu'ils en deviennent presque aussi divertissant qu'attachant, véritable véhicule bancale et sous-stéroïdes pour asseoir le " Star Power " d'un Dwayne Johnson plus Superman que jamais, tant il arrive à rendre follement divertissant le moindre script nanardesque par la force de son charisme inégalable et de son humanité palpable.
Retenant la folie magique - mais réaliste - des scènes d'action emballées par John McTiernan (mais jamais la tension ni l'urgence qui en découlent) pour pousser le bouchon du Bigger and Louder encore plus loin à coups de cascades plus ou moins vertigineuses explosant gaiement le curseur du WTF, et un ton tellement décomplexé et boursouflé à la surenchère qu'on se croirait presque au beau milieu des 90's - présence nostalgique de Neve " Sidney Prescott Forever " Campbell en prime.


Fun et régressif comme ce n'est pas permit même s'il est presque impossible de ressentir la moindre émotion/empathie face à cette mission sauvetage prévisible de bout en bout (qui peut douter que The Rock ne sauve pas tout le monde et ne savate pas tous les terroristes ?), scénarisé avec les pieds - ou la photocopieuse, si on est mauvaise langue - mais porté à bout de bras (et quels bras...) par sa superstar et des seconds rôles sympathiques (Neve Campbell assure et son couple avec Johnson tient la route); Skyscraper fait sérieusement le job à défaut de pleinement convaincre ou se démarquer de ses illustres aînés, dont l'ombre plane lourdement au-dessus de sa pellicule.
Mais pour un divertissement estival classique et jouissivement XXL sur les bords, on a de quoi faire gentiment péter les popcorn sans le regretter.
Jonathan Chevrier