[CRITIQUE] : Hérédité

[CRITIQUE] : Hérédité
Réalisateur : Ari Aster
Acteurs : Toni Colette, Gabriel Byrne, Alex Wolff, Milly Shapiro,...
Distributeur :Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre :  Epouvante-Horreur, Drame
Nationalité : Américain.
Durée : 2h06min.

Synopsis :

Lorsque Ellen, matriarche de la famille Graham, décède, sa famille découvre des secrets de plus en plus terrifiants sur sa lignée. Une hérédité sinistre à laquelle il semble impossible d’échapper.


Critique :

Pur récit d'horreur familial aussi désespéré et funeste que profondément terrifiant, #Hérédité, jamais écrasé par ses nombreuses références, est un bijou de maîtrise hypnotique et imprévisible, un cauchemard diaboliquement précis et d'une puissance graphique rare. Gros must see. pic.twitter.com/Jmp3c5Kj1u— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) 12 juin 2018

Aussi étrange que cela puisse paraître, le cinéma de genre US qui, passé quelques années de disette ou seulement quelques pépites arrivaient à surnager au-dessus des radars du nauséabond et du cruellement classique, se paye depuis peu une cure de jouvence non négligeable, nous envoie à une semaine d'intervalle à peine, deux de ses péloches horrifiques les plus célébrés et buzzés du moment : Hérédité d'Ari Aster ces jours-ci, et Sans un Bruit de John Krasinski la semaine prochaine.

Deux films plaçant la cellule familiale en son coeur (berceau fertile pou les mystères et les secrets les plus fous), s'ancrant solidement dans le réel pour mieux glisser dans l'horreur pure et laisser la terreur s'y immiscer avec une virtuosité proprement indécente.
[CRITIQUE] : Hérédité

Mais si le film de Krasinski rappelle les premières heures (glorieuses) du cinéma de M. Night Shyamalan, celui d'Aster lui, se place instinctivement dans les pas tutélaires des oeuvres phares de l'horreur : Psychose d'Alfred Hitchcock et Les Innocents de Jack Clayton en tête.

Plongée angoissante dans l'intimité d'une famille à l'équilibre plus qu'incertain (et dont le quotidien est déjà gangrené par l'incommunicabilité entre tous ses membres), les Graham, tournée comme une tragédie dramatique sur les névroses familiales virant tranquillement mais surement dans son second tiers, vers le cataclysme funeste profondément oppressant ou chacun des personnages est prisonnier de son sort et n'a aucun contrôle sur un destin déjà tracé; Hérédité déjoue constamment les attentes de son auditoire (qu'il manipule autant que ses personnages, finement croqués) pour mieux l'agripper dans un cauchemar follement introspectif à la précision scénaristique et aux visions horrifiques d'une puissance graphique rare, visions dont on ne se remet jamais vraiment même longtemps après avoir quitté son siège.
[CRITIQUE] : Hérédité

Magistral, imprévisible, hypnotique et totalement désespéré, jamais écrasé par ses nombreuses références (parfaitement digérées) et thèmes aussi forts que casse-gueule (la transmission comme le suggère le titre, la paranoïa, la schizophrénie ou même l'occultisme) tout en étant constamment sublimée par une direction d'acteurs appliquée (Toni Colette trouve aisément ici l'un de ses plus beaux rôles à ce jour); Hérédité est de ces petits miracles sur pellicule aussi fou et halluciné qu'hallucinant, dont la maîtrise diabolique de son jeune cinéaste, ne peut que laisser pantois.

Pour son premier passage derrière la caméra, Ari Aster fait (très) mal, et s'inscrit instinctivement dans la liste des jeunes cinéastes ricains à suivre de près, au même titre que Jordan Peele et Trey Edward Shults.


Jonathan Chevrier


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