[1 CINÉPHILE = 1 FILM CULTE] : The Truman Show

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#48. The Truman Show de Andrew Niccol (1998).

" Truman Burbank mène une vie calme et heureuse.
Il habite dans un petit pavillon propret de la radieuse station balnéaire de Seahaven. Il part tous les matins à son bureau d'agent d'assurances dont il ressort huit heures plus tard pour regagner son foyer, savourer le confort de son habitat-modèle, la bonne humeur inaltérable et le sourire mécanique de sa femme, Meryl.
Mais parfois, Truman étouffe sous tant de bonheur et la nuit l'angoisse le submerge. Il se sent de plus en plus étranger, comme si son entourage jouait un rôle. Pire encore, on se sent observé...
Ses craintes sont justifiées, loin d'avoir tort, il est à son insu une star de télé-réalité américaine, à la vision internationale.
Depuis sa naissance, son monde n'est qu'un gigantesque plateau de tournage, tous ceux qui l'entourent sont des acteurs, lui seul ignore la réalité. Mais Truman doute, et va très vite se lancer dans une quête pour découvrir la vérité...

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On pensait le plus grand bien d'Andrew Niccol à l'époque (un peu moins maintenant, soyons honnête), grâce à la force évocatrice de son brillant Bienvenue à Gattaca, mais on était décemment tombé amoureux du bonhomme gâce à The Truman Show, putain de grand film façon critique habile de la société contemporaine et d'une pléiade de sujets d'actualité (qui l'était en 1998, et qui le sont malheureusement encore plus aujourd'hui en 2018).
Évidemment, c'est la satire télévisuelle qui nous vient en premier à l'esprit en pensant à la péloche, mais la superficialité de nos programmes et l'omniprésence de la publicité, ne sont que la partie visible d'un iceberg infiniment riche, tant c'est in fine la mise en images de notre goût abject pour le voyeurisme qui est la plus pertinente.
Un penchant pour le voyeurisme et, par effet de cause, de l'extinction de la sphère privée, qui font qu'aujourd'hui l'idée de voir des gens filmés, épiés 24h/24 et 7/7, nous paraît désormais étrangement commun et banal.
Ce n'est pas un hasard si les énièmes émissions de télé réalité continuent de cartonner : l'être humain a perdu tout sens moral, au point que cela est même presque devenu un luxe de pouvoir montrer ses fesses à la face du monde, si cela permet un temps soit peu d'être célèbre pendant un court moment : célébrité ou le Saint Graal de l'absurdité du monde moderne.
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The Truman Show joue sur cette ambivalence pour nous démontrer qu'à cause du monstrueux cyclope (la télévision), seul l'image et le manque de réflexion priment sur nos vies, nous qui sommes à la fois victime et coupable de notre propre consommation télévisuelle.
Le film démarre automatiquement sur le ton faussé de la comédie (le générique de l'émission servant d'introduction au film), dépeignant un héros naïf et niais (et presque tout droit sorti d'une sitcom), pour ensuite virer vers la tragédie Shakespearienne (comme dans tout bon " drama " télévisé) ou le créateur n'a plus d'emprise sur sa création.
Caricaturée, maniérée et pour le coup ridiculisée, la cité de Seahaven - littéralement " le paradis de l'océan " -, n'est qu'un enfer pour Truman qui y est enfermé : un monde contrôlé par une seule personne, un showrunner placé tout en haut du studio dans la lune (une allégorie de Dieu, puissant et dominateur).
Il a tous les pouvoirs sur la vie de Truman, tout autant que les spectateurs qui décident de l'avenir de l'émission (et donc directement de celui de Truman) en choisissant ou non, sa chaine, en choisissant ou non, de le regarder.
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Une supercherie absolue à laquelle s'ajoute de faux proches, campés par des acteurs qui ne s'adressent à Truman que par des slogans publicitaires où des répliques de scripts savamment écrits à l'avance.
Pitoyable, nous sommes donc tous capable de violer la liberté d'un individu, pour seul but de l'aimer, et de par la suite s’identifier à lui.
Étouffé par l'omniprésence des caméras et des acteurs (don't forget Big Brother), victime de l'ignorance et de la banalité, Truman (homonyme vibrant de true man) semble tout droit sorti d'un monde Orwellien, voir d'un roman de Philip K. Dick, un homme tranquille qui doute petit à petit de la réalité (d'ailleurs, l'ombre de la cultissime série Le Prisonnier plane énormément au-dessus métrage).
Mais heureusement, la marionnette, le pantin fragile des producteurs (qui lui offrent " généreusement " une vie) qu'il incarne, arrivera tout de même à fuir de sa prison, dans un final tout en émotion, éloge de la liberté de pensée et de décision.
Porté par le désir fou de rencontrer réellement une femme qui la conquit alors qu'ils ne se sont vus qu'une poignée d’instants, il choisira d'embrasser une vie de liberté -  et ses problèmes - et non une vie contrôlée - et systématiquement surveillée -.
L’amour guide de toute rébellion... une belle conclusion, pas vrai ?
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Tout du long, le duo Weir/Niccol sait ou il nous emmène, nous manipulant nous les fans de Truman, mais avant tout simples spectateurs face à un écran de cinéma, au sein d'un joli pied-de-nez à la cynique Hollywood qui, même si elle a beau affirmer vouloir produire des œuvres prônant l'éloge du libre-arbitre, impose ouvertement un dictat du conditionnement humain, du " celui à qui l'on doit ressembler ", dans chacune de ses grosses productions populaires.
Que ce soit par le biais de la surconsommation à outrance, de l'omniprésence des médias dans nos existences, tout comme l'hypocrisie et superficialité des relations " politiquement correct " que chacun de nous s'impose, The Truman Show cherche à nous ouvrir les yeux en nous démontrant simplement (et donc violemment) combien l'habitude, le confort, le matérialisme et l'ignorance sont aliénants pour nous.
En moins de deux heures montre en main, il détruit sans remords toutes les valeurs du monde occidental, que l'homme s'est borné à construire au fur et à mesure des années et de notre évolution (régression ?); soutenu par la partition cinq étoiles d'un Jim Carrey éblouissant
En héros malgré lui, entre rires forcés et émotions sincères, tiraillé entre son existence tranquille et posée et son envie de découvrir inacceptable vérité, il éblouit tout autant qu'il émut dans un one man show troublant démontrant toute l'étendue de son talent.
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Empreint de finesse, marquant, passionnant, drôle et émouvant tout autant qu'il est tragique et ignoble, The Truman Show est une merveilleuse satire d'anticipation sur la société contemporaine, régi par l'endoctrinement de la conformité et des faux-semblants qui rassurent, à coups de propagande publicitaires factices et superficiels.
Visionnaire jusque dans ses plus infimes détails, et si la morale du film était celle qui pouvait sauver notre monde qui peu à peu s'éteint ?
Être libre, c'est avant tout savoir...
"

Jonathan Chevrier
  Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Blog : Fucking Cinephiles
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