The Greatest Showman / La Belle et la Bête, critique de deux comédies musicales

The Greatest Showman / La Belle et la Bête, critique de deux comédies musicales NDLR : Afin d'étancher mes propos sur The Greatest Showman de Michael Gracey, j'ai choisi de le mettre en rapport avec le film Disney La Belle et la Bête de Bill Condon. C'est une occasion pour Les Brouillons du Cinéma de revenir sur ce film qui n'avait pas été abordé à l'époque de sa sortie.

La Belle et la Bête et The Greatest Showman ont tout deux cette énorme faiblesse de déborder de magie. Ce qui rend une qualité plutôt médiocre et un constat final plutôt pauvre. Finalement, ce sont toutes les deux des comédies musicales plus proches de High School Musical de Kenny Ortega que de l'immense Chantons sous la pluie de Stanley Donnen. Le fait est que ces deux films ont préféré se consacrer à leurs cotés " magique " et " fantasmagorique " qu'à leurs cohérences. Pour La Belle et la Bête, cela semble assez approprié dans la mesure où il s'agit d'un conte de fée Disney, mais pour The Greatest Showman, ce choix est à la fois étrange, intéressant et perturbant.

Pour revenir sur La Belle et la Bête, c'est un banal copié-collé du chef d' œuvre de Kirk Wise que Bill Condon a réalisé sans réel agencement juste en reprenant du dessin animé les chansons et mêmes les dessins des costumes. Sauf que la magie d'un dessin animé n'est pas la magie d'un film en prise de vue réel, et ce constat, qui n'a pas paru comme une évidence pour Bill Condon, a gravement affecté le film. c'est vraiment dommage car c'est lorsque le film se démarque de son aîné qu'il est le plus intéressant. Par exemple, la scène où la Bête montre à Belle sa mère mourir de la peste, cette élément dramatique apporte un nouveaux background au personnage qui peut être plus attachant que dans le dessin animé. Mais c'est réellement dans son coté " comédie musicale " que le film se plante lourdement, comme pour The Greatest Showman.

The Greatest Showman raconte l'ascension fulgurante de PT Barnum, véritable instituteur du show-business et du cirque tel qu'il est encore aujourd'hui. Le film est tiré d'une histoire vraie, ce qui est curieux tellement le film est rempli de clichés Hollywoodiens tellement facile à discerner, et le fait que ce soit une comédie musicale renforce son coté fictif. Un spectateur qui ira voir ce film pour son coté Biopic sera fortement déçu. En revanche le travail sur les décors est très intéressant. Il y a un travail sur l'évolution des décors au fur et à mesure du film qui correspond à l'évolution des décors dans le cinéma, mais aussi l'évolution de la vie de PT Barnum. Au début du film, les décors en arrière plan sont du Matte-Painting : peint sur une immense surface plate comme dans le cinéma de la première moitié du Xxème siècle, on voit par exemple que les décors, notamment les couloirs du cirque sont tournés en studio, il y a quelque chose de faux. Et au fur et à mesure, le film va s'ouvrir, d'abord a de vrais décors comme l'opéra pour finir avec des décors dessinés à l'ordinateur à la fin du film. Le tout renforçant le coté très fantasmagorique du film.

Mais après tout ça qu'est-ce qu'on a ? La vie de PT Barnum a-t-elle été aussi chapitré qu'un conte de fées ? La Belle et la Bête a-t-il un répertoire de musique et de danse extraordinaire ? Et après ? The Greatest Showman et La Belle et la Bête ont tout les deux ce souci de dosage. C'est la coordination entre spectacle et récit qui est le principal thème d'une comédie musicale, et à aucun moment le spectacle ne peut être utilisé comme moment de basculement ou de mouvement vers l'avant, mais plus comme une transe, un rêve, un fantasme. Et dans ces deux films, le moment chanté n'est devenu qu'un moyen de représentation d'émotions et de changement. On pourrait dire, " quand on ne sait pas comment faire avancer le récit ou comment dramatiser l'histoire, mettons une chanson ! ". C'est devenu un tic de film à caractère magique et spectaculaire que l'on peut retrouver aussi dans La Reine des Neiges et Vaiana La Légende du Bout de Monde, la chanson est devenu un bref moment d'action de blockbuster. Les moments chantés sont d'ailleurs des enchaînements de plans aussi rapide que pour une scène d'action. On est loin des longs travellings et des performances inhumaines de Donald O'Connor dans le succulent " Make'em laugh " de Chantons sous la pluie ou de Gene Kelly dans " Nina " de Le Pirate.

Un an après La La Land, la comédie musicale semble avoir pris un mauvais chemin. The Greatest Showman et La Belle et la Bête sont au final deux films qui ressemblent à des dessins animés pour enfants, sans prétentions, longs et débordant littéralement de magie, mais dans le mauvais sens du terme car au final, on est facilement agacé devant cette overdose d'irréalisme et d'invraisemblance.

Léo Tyran

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