Azur et Asmar

Par Inglourious Cinema @InglouriousCine

Il y a bien longtemps, deux enfants étaient bercés par la même femme. Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice. Elevés comme deux frères, les enfants sont séparés brutalement. Mais Azur, marqué par la légende de la Fée des Djins que lui racontait sa nourrice, n'aura de cesse de la retrouver, au-delà des mers. Les deux frères de lait devenus grands partent chacun à la recherche de la Fée. Rivalisant d'audace, ils iront à la découverte de terres magiques, recelant autant de dangers que de merveilles...
Azur et Asmar – 25 Octobre 2006 – Réalisé par Michel Ocelot
En Juin 2001, Michel Ocelot contacte Eric Serre et Anne Lise Koehler pour travailler avec lui sur son nouveau projet « Azur et Asmar », deux personnes avec qui il a déjà collaborer notamment sur « Kirikou et la sorcière ». Trois mois plus tard, les attentats du 11 septembre ébranle le monde entier, tout comme Ocelot et son équipe qui sidération oblige s’arrêtent de travailler pendant quelques jours. L'émotion passe et la nécessité absolue de porter à l'écran l'histoire de « Azur et Asmar » devient une évidence. Car ce qu'il s'est passé vient de fracturer le monde en deux, et qu'il y a un grand besoin de réconcilier ces deux mondes que sont l'Orient et l'Occident, une volonté qu'Ocelot porte au plus profond de lui.


C'est une histoire qui commence il y a bien longtemps dans l'Europe Médiévale, Jenane est la nourrice d'une famille. Elle élève avec le même amour les deux enfants qui vivent sous ce toit, Azur le fils de celui qui l'héberge elle et son fils Asmar. Les deux enfants vont grandir ensemble et développer une belle complicité, une entente a peine entamer par l'amour qu'ils portent Jénane la mère et Jénane la nourrice. Le père d'Azur voit d'un très mauvais œil l'influence de cette nourrice qui n'est pas de chez eux; pour s'en débarrasser il envoie son fils chez un percepteur pour continuer son éducation et mets a la porte sans aucun préavis la nourrice et son enfant. Devenu adulte Azur ne rêve que d'une chose c'est de partir sur les traces de la fée des djinns dont sa nourrice lui comptait l'histoire !
Hélas ce voyage ne se passera pas comme prévue, il se retrouve naufragé sur les terres de l'autre coté de l'eau, sans savoir où il se trouve vraiment après une violente tempête. Un accident qui va l'amener sur les traces de son ancienne nourrice Jenane devenue une puissante commerçante et de son « frère » Asmar …
Ce conte aux multiples influences est un vrai petit bijou ! Si j’admets qu'on voit venir certains rebondissements, notamment parce qu'il s'agit d'un conte qui utilise la structure des récits d'apprentissage, l'histoire écrite par Michel Ocelot est malgré ça bien écrite et surtout subtilement raconter. Le film est techniquement irréprochable, Michel Ocelot s'essaye à la 3d et livre cependant un film fidèle à ses envies ou l'épure totale côtoie des tableaux d'une incroyable richesse et d'une beauté infinie; ou les diverses cultures s’entremêlent, avec des éléments mythologique perses (Le Simourgh) pour nous happer dans ce conte et finir de nous émerveiller.
Une ode à la fraternité et a la tolérance d'une humanité incroyable ou l'ignorance est le plus grand des dangers. Une chose qu'on a tendance à minimiser, car c'est aussi une protection quelque par mais hélas c'est bien plus souvent un défaut, un manque qui anime les personnes, qui les aide à se conforter dans leurs propres croyances et qui les ferme au monde aussi sûrement qu'un mur. Les non-dits s'accumulent, la peur s'installe et la violence germe dans le cœur des gens. Ocelot livre une histoire pour réconcilier les peuples, pour les ouvrir les uns envers les autres, ou au delà des rancœurs il y a simplement des hommes, des femmes et des enfants qui n'ont qu'une envie coexister en paix. Et quand on réfléchit à tout ce qui se passe dans le monde depuis près de seize ans, ce film est une bénédiction, une lueur d'espoir pour quiconque rêve d'un monde meilleur, là ou des présidents ne rêvent que de voir le monde brûler. 

Une perle, à voir et à revoir !