[CRITIQUE] : Bienvenue à Suburbicon

[CRITIQUE] : Bienvenue à Suburbicon
Réalisateur : George Clooney
Acteurs : Matt Damon, Julianne Moore, Noah Jupe, Oscar Isaac, Glenn Fleshler,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Policier, Drame, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h44min.
Synopsis :
Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence... Bienvenue à Suburbicon.


Critique :
Thriller burlesque façon jeu de massacre (logiquement) prévisible mais savoureusement corrosif et prenant, sur une Amérique carte postale proprement terrifiante et oppressante, #BienvenueASuburbicon aurait très bien pu être un excellent Coen, il sera finalement un grand Clooney. pic.twitter.com/lGMDO8hp1Q— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) December 6, 2017

Après une fresque historico-comique pas toujours maîtrisé sur la longueur (à tel point qu'elle était plus poliment ennuyeuse qu'autre chose), George Clooney joue la sécurité et rentre gentiment dans le rang avec un sixième long dans la droite lignée des frangins Coen, Bienvenue à Suburbicon; logique en même temps, puisque Ethan et Joel lui ont confié un de leurs vieux scripts.

Au départ voulu comme une chronique bouillante contre la haine raciale de l'Amérique blanche des 50's (Clooney désirait mettre en images une histoire vraie survenue à Levittown en 1957, ou des blancs s'étaient opposés à l'installation d'une famille noire dans leur quartier), Suburbicon en v.o, prendra finalement les traits d'une comédie loufoque gentiment le cul coincé entre les chaises du sérieux (la tension raciale ne sert que de contexte) et de la gaudriole, réglée telle une horlogerie suisse par un cinéaste connaissant trop bien - comme nous - la mécanique bien huilée du cinéma cartoonesque et noir des Coen.
[CRITIQUE] : Bienvenue à Suburbicon

Vraie satire politico-sociale - la charge anti-Trump est plus que perceptible - sans la moindre empathie pour ses personnages, qui démonte à coup d'humour un tantinet morbide l'american way of life et ses gros travers, le film est un gros plaisir coupable narré à travers les yeux d'un jeune garçon, figure d'innocence au milieu d'adultes/losers - au minimum - minables et hypocrites, qui ne comprend que trop bien que le monde dans lequel il vit, est pourri de l'intérieur (désintégration habile et cruelle du rêve américain, ou l'un des thèmes phares du cinéma des frères Coen).

Dans le rôle de la figure paternel, vraie pauvre type, faux con mais vrai sale type, Matt Damon excelle tandis que le flippant Glenn Fleshler impressionne à nouveau dans la peau d'un tueur sadique au possible (le Yellow King de True Detective, c'est lui).
Mais avec (trop) peu de scènes, c'est finalement le brillant et méchamment charismatique Oscar Isaac qui vole le show, absolument génial en détective moustachu.
[CRITIQUE] : Bienvenue à Suburbicon

Thriller burlesque façon jeu de massacre (logiquement) prévisible mais savoureusement corrosif et prenant, sur une Amérique carte postale proprement terrifiante et oppressante (à la reconstitution léchée et appliquée), Bienvenue à Suburbicon aurait très bien pu être un excellent Coen, il sera finalement un grand Clooney.


Jonathan Chevrier


[CRITIQUE] : Bienvenue à Suburbicon

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