Thelma (2017) de Joachim Trier

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Après "Oslo, 31 août" (2012) et "Back Home" (2015) le réalisateur dano-norvégien revient avec un thriller fantastique pour une nouvelle co-production franco-scandinave. Joachim Trier retrouve pour l'occasion son fidèle co-scénariste Eskil Vogt, tous deux étant également à la production. C'est Trier qui a lancé le projet en voulant transposer une histoire de sorcière dans le Oslo d'aujourd'hui. Pour s'inspirer les deux compères on regardé plusieurs films gialli, mais aussi "Les Prédateurs" (1983) de , "L'Echelle de Jacob" (1991) de Adrian Lyne et surtout "Carrie au bal du Diable" (1976) de Brian De Palma (d'après Stephen King rappelons-le) dont la parenté est nettement plus claire. On y a rajoutera qu'il s'agit un peu de la forme "psycho" de (2017) de Julia Ducournau...

Le film tourne surtout autour de quatre personnages, l'héroïne évidemment, Thelma incarnée par la jolie Eilie Harboe remarquée dans "The Wave" (2016) Roar Uthaug, son amie est jouée par l'inconnue Okay Kaya, tandis que les parents sont interprétés par Ellen Dorrit Petersen vue dans "Les Révoltés de l'Ile du Diable" (2011) de Marius Holst et Henrik Rafaelsen vu dans (2012) de Pal Sletaune... On suit donc Thelma, jeune étudiante solitaire qui s'inquiète après une crise qu'elle croit être d'épilepsie avant d'être diagnostiquée psychogène non épileptique (ou CPNE, tout savoir ICI !), ce qui ouvrira également une porte vers le passé... Une telle maladie permet au cinéaste d'explorer une nouvelle facette psy, une maladie qu'on a aucun mal à imaginer dans les temps anciens comme une culpabilité de sorcellerie. Le cinéaste plonge dedans avec délectation en ajoutant des parents croyants rigoriste particulièrement protecteur plaçant leur fille sous forte influence. La première partie instaure un climax tendu et mystérieux, qui nous place dans un thriller psycho-fantastique dans lequel on attend de pied ferme le dénouement forcément "sorcier".

Dans un sens on pense aussi parfois au superbe (2016) de Robert Eggers, mais aussi à "Morse" (2009) de Tomas Alfredson. En effet, Thelma reste une bonne élève sous forte dépendance religieuse qui se croit donc punit de ses péchés par des convulsions aux origines mystérieuses. Malheureusement le final est un peu mollasson, qui manque un peu d'envergure. Les dialogues sont aussi un peu fade et ennuyeux. On aurait surtout aimé une montée en puissance plus pregnante. Néanmoins ce film lancinant, à l'atmosphère pesante offre quelques séquences fortes (serpent symbole du péché originelle, théâtre,...) de grande qualité avec en prime une belle performance de la jeune Eilie Harboe.

Note :