Good Time : Pattinson étincelant dans un thriller urbain frénétique

Par Kinocinéblog @amauryfoucart

Promis, on vous assure que Les Proies de Sofia Coppola, lauréat du prix de la mise en scène au festival de Cannes, nous a beaucoup enthousiasmé cet été. Mais après avoir rattrapé Good Time cette semaine, une seule question se pose : Le jury a-t-il dormi pendant la projection du film pour ne pas avoir voulu récompenser la réalisation des frères Safdie ?
Un braquage qui tourne mal… Connie réussit à s'enfuir mais son frère Nick est arrêté. Alors que Connie tente de réunir la caution pour libérer son frère, une autre option s'offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline.

Robert Pattinson


Partant d'un scénario-post-it de braquage loupé, suivi d'une fuite interminable dans les bas-fonds d'un New York poisseux, Good Time s'inscrit dans la pure tradition du thriller urbain, nous baladant ainsi entre le Martin Scorsese d'After Hours et le Michael Mann de Collateral. Sur un principe très simple mais redoutablement efficace de relations fraternelles mises à rudes épreuves par une nuit de galères en tout genre, Ben et Joshua Safdie livrent une mise en scène secouante (peut-être l'une des plus originales et des plus stimulantes qu'on ait pu voir cette année), pour raconter la frénésie que subit le personnage de Connie, parfait antihéros incarné par un Robert Pattinson étincelant (nommez-le aux Oscars !).
Avec ses gros plans enfiévrés, sa caméra portée, sa cromie sous acide et sa tension constante, le film témoigne d'une maîtrise formelle soufflante, aidée par une utilisation tout à fait singulière de la musique composée par Oneohtrix Point Never qui, dans la lignée de celle de Dunkerque et de Mise à mort du cerf sacré (dont nous aurons l'occasion de reparler), se caractérise par des secousses sonores extrêmement bruyantes, qui viennent immerger presque physiquement le spectateur dans le chaos qui se déroule sous ses yeux.
Enfin, au cœur de ce très beau travail d'esthète, une révélation : Ben Safdie, non pas le réalisateur, mais l'acteur, méconnaissable dans la peau du frère perdu de Connie.
Amaury Foucart

Date de sortie : 13 septembre 2017Réalisation : Ben et Joshua Safdie
Genre : Thriller, policier
Nationalité : Américain, luxembourgeois