Spider-man : homecoming – 14/20

Par Taibbo

De Jon Watts
Avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr.

Chronique : Un nouveau Spider-man ? Sérieusement ? Hé bien oui. Et très sérieusement même.
Profitant de l’extraordinaire rayonnement pop du Marvel Cinematic Univers, Sony s’est allié avec la Maison des idées pour rebooter une 3ème fois son joyau et ressusciter
une licence qui battait clairement de l’aile.
La filiation avec les autres productions Marvel est évidente. Humour omniprésent, storytelling maitrisée, légèreté de ton, rythme enlevé, Homecoming marche sur les traces de la joyeuse naïveté de Thor et de la jouissive désinvolture d’Ant-man. Et surtout, c’est une nouvelle fois un sans-faute au niveau du casting.
Tom Holland est le Peter Parker parfait, ni plus ni moins. Drôle, impertinent, maladroit, charmant, il est tout ce qu’on peut attendre de l’ado qui commence à appréhender ses pouvoirs.
Contrairement aux incarnations passées du héros, Parker n’est pas torturé par sa condition, il est contraire exalté par ses nouvelles capacités, ce qui offre une approche rafraichissante du tisseur. On revient du coup à l’essence même de Spider-man, le gamin du coin qui à force de vouloir prouver et toujours bien faire finit par provoquer catastrophes sur catastrophes.
Sa relation avec son mentor Tony Star, est en ce sens très réussie, puisqu’elle met en lumière le décalage entre ce que Peter s’imagine être et ce qui lui reste à accomplir.
Un peu comme tous les ados finalement, qui s’imaginent en adulte responsable avant même d’avoir du poil au menton. Car Homecoming est aussi, et avant tout, un coming of age movie. Le choix narratif de ne pas revenir à l’origin story (la piqûre d’araignée et la mort de l’oncle Ben ne sont que suggérés) laisse tout le temps nécessaire pour développer ce pan plus pragmatique du scénario. La vie au lycée, les cours, les concours, les soirées, le sport, le bal de fin d’année… et bien sûr les amours. Ce sont pour Peter des motifs d’angoisse tout aussi effrayant qu’affronter le Vautour, surtout lorsqu’il s’agit d’aborder son crush. Une petite bande d’acteurs particulièrement doués et complémentaires entourent Tom Holland dans ses pérégrination lycéenne et forment un petit groupe brandissant fièrement l’étendard de la diversité qu’on a très envie de revoir.
C’est sans doute sur ce point que Homecoming se distingue des autres titres du MCU, son ancrage dans le réel, très réussi. Ce réalisme est à l’image du bad guy incarné par Michael Keaton, dont les motivations sont pour une fois parfaitement claires et compréhensibles. Le Vautour est le fruit d’une classe moyenne laissée pour compte – ça c’est pour la (légère) pique sociale – et la conséquence des actes des super-héros, puisque directement lié à la destruction de New-York dans le premier Avengers. L’inégalable Loki mis à part, c’est dans doute l’un des méchants Marvel les mieux construits et les plus convaincants depuis le lancement du MCU.
Si les scènes d’action sont franchement laborieuses, on est gré à Jon Watts de nous épargner une nouvelle scène de « destruction porn » en guise de combat final. Comme pour le reste de ce Spider-man : Homecoming, la dimension humaine prime sur la dimension héroïque.
Si la nécessité d’inscrire le film dans la timeline du MCU amoindrit forcément sa portée émotionnelle et tasse ses enjeux, le scénario n’est pas avare de surprises. Certes, on n’atteint ni la virtuosité de la mise en scène ni le lyrisme romantique des (deux premiers) films de Sam raimi, mais Spiderman est bel et bien de retour. Il faudra sans doute attendre un peu pour explorer ses traumas et lui conférer plus de profondeur, mais il a encore le temps de découvrir que de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités…
En attendant, il est fun et cool, et s’installe assez légitimement parmi les réussites du MCU.
To be continued…

Synopsis : Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui…