Réalisateur : Pablo Larrain
Acteurs : Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Billy Crudup, Greta Gerwig, John Hurt,...Distributeur : BAC FilmsBudget : -Genre : Drame, Biopic.Nationalité : Américain.Durée : 1h30min.
Synopsis :22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.
Critique :
#Jackie ou un portrait passionnant, sombre et sincère sur une femme en conflit avec elle-même, campée par une sublime et vibrante N. Portman— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) January 31, 2017
Sans forcément faire la fine bouche, on ne peut pas réellement dire que les choix d'actrices de la pourtant brillante Natalie Portman, aient été frappés par le sceau du bon gout depuis qu'elle s'est vu décerner l'oscar de la Meilleure Actrice dans le brillant - et bouillant - Black Swan de Darren Aronofsky.
Comédies foireuses d'un côté (Votre Majesté, Sex Friends), incursion maladroite dans le MCU d'un autre (la franchise Thor, de loin la plus faible de la firme), sans oublier un passage derrière la caméra loin d'être salué (Une Histoire d'Amour et de Ténèbres) ou encore quelques compositions fantomatiques chez des cinéastes talentueux (Knight of Cups de Terrence Malick, Planetarium de Rebecca Zlotowski) et des productions qui n'ont pas rencontré le succès (Orgueil, Préjugés et Zombies, Jane Got A Gun); la carrière de l'éternelle Mathilda de Leon, avait cruellement besoin d'un nouveau souffle sous peine de sombrer dans les méandres d'une jungle Hollywoodienne ou les " bonnes " places se négocient chèrement.
Sur un script étonnant de finesse signé Noah Oppenheim (Le Labyrinthe, Divergente - Au-Delà du Mur), Jackie croque avec minutie le parcours du combattant d'une femme dont le mari est mort sous ses yeux, du choc - évident - au lendemain du meurtre ou sa détresse psychologique est palpable (de ses cauchemars aux pensées suicidaires noyées par l'alcool); à sa reconstruction, petit à petit, par la force d'une intelligence, d'un caractère aussi unique qu'il est pétri de ressources.
Des préparatifs compliqués des funérailles à une interview journalistique plusieurs mois plus tard (les légers bons dans le temps se font avec une fluidité et un travail de montage remarquable), le film se fait spectateur de la vie intime totalement déconnectée et oppressante de l'élégante ancienne première dame des États-Unis, que Larrain filme sous toutes les coutures (dans ses qualités comme dans ses contradictions) au point d'immerger comme rarement, son spectateur dans une expérience de cinéma aussi entrainante qu'elle est joliment didactique.Jonathan Chevrier