L'origine de la violence

Un grand merci à M6 Vidéo pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « L’origine de la violence » d’Elie Chouraqui.

Origine_Violence« Il ne faut pas oublier, mais il faut surtout vivre »

Lors d’un voyage en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie. De retour en France, le souvenir de cette photographie ne cesse de l'obséder. Face au silence de son père, il décide alors de se pencher sur l'histoire de sa propre famille. Les secrets qu'il y découvre bouleversent son existence. À l'issue de sa quête, Nathan comprendra que le passé, même enfoui au plus profond des mémoires, finit toujours par ressurgir...

« Les fantômes qui me hantaient dans mes cauchemars, c’étaient ceux des déportés »

BerryD’abord sportif de haut niveau, Elie Chouraqui mène une première carrière de volleyeur professionnel durant laquelle il sera notamment l’emblématique capitaine de l’équipe de France de sa discipline. Rien ne semblait alors le prédestiner au cinéma. C’était sans compter sur le hasard d’une rencontre avec Claude Lellouch durant le tournage de « Smic, Smac, Smoc » qui le prendra sous son aile. Promu assistant réalisateur sur ses films suivants, Chouraqui apprendra ainsi les bases du métier pendant près de dix, en collaborant également avec Claude Pinoteau (« La gifle ») et Yves Robert (« Un éléphant ça trompe énormément »). Il passe avec succès à la réalisation en 1978 avec « Mon premier amour », qui marque pour lui le début d’une quinzaine d’années plutôt fastes et marquées par quelques succès populaires (« Paroles et musique », « Les marmottes ») et par l’ambitieux « Man on fire » pour lequel il réunit un casting international. Se faisant plus rare sur les écrans avec les années 2000, le réalisateur s’intéresse également à des sujets historiques plus graves (« Harrison’s flowers », « Ô Jérusalem »). Après sept années d’absence, il nous revient avec « L’origine de la violence », adaptation du roman de Fabrice Humbert, lauréat du Prix Renaudot du livre de poche en 2010. Un film qui marque également ses retrouvailles avec le comédien Richard Berry avec lequel il n’avait plus tourné depuis 1978.

« A toi il faut que je parle. Mais es-tu seulement prêt à entendre ? »

BouquetEn marge de ses films grands publics, Elie Chouraqui aura aussi consacré une partie de sa filmographie à s’interroger sur la notion d’identité et sur celle de judéité. Des thèmes qui constituaient déjà le cœur quelques-uns de ses films comme « Mais qu’est-ce qui fait courir David ? » ou « Ô Jérusalem ». En cela, « L’origine de la violence » apparait comme la parfaite synthèse des obsessions du cinéaste. Construit autour d’incessants flashbacks entre passé et présent, le film suit ainsi le parcours de Nathan, jeune trentenaire qui tente de percer à jour les secrets et les mensonges qui entourent l’histoire de sa famille pour découvrir sa véritable identité. Quête identitaire et de l’intime, la « petite » histoire familiale de Nathan replongera - logiquement - le spectateur dans les méandres des heures les plus sombres de la « grande » Histoire. La guerre. L’antisémitisme. La peur. Jusqu’à ce que les tourments des grandes histoires d’amour se conjuguent avec les petites mesquineries de ceux qui se sentent lésés. Et puis, il y a les silences insupportables qui entourent les remords, les souffrances et la mort. Les non-dits qui camouflent les hontes. Bénéficiant d’un scénario extrêmement fort et rythmé par de nombreux rebondissements, Chouraqui nous entraine dans une quête passionnante dont la principale qualité demeure d’éviter tout manichéisme (en cela, l’ultime « révélation » du film, totalement improbable, est sans doute de trop). Porté par un casting de haut vol (Richard Berry, Michel Bouquet, le revenant Jean Sorel), on regrettera simplement la mise en scène un peu trop empesée de Chouraqui qui, à force de vouloir souligner l’émotion tend parfois à l’écraser. Il n’en reste pas moins que « L’origine de la violence » demeure un joli film apaisé sur la transmission et le devoir de mémoire.

Chouraqui

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Le DVD : Le film est présenté en version originale française (5.1 et 2.0). Le film est accompagné de bande-annonce.

Edité par M6 Vidéo, « L’origine de la violence » est disponible en DVD depuis le 18 janvier 2017.

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