Réalisateur : M.Night Shyamalan
Acteurs : James McAvoy, Anna Taylor-Joy, Haley Lu Richardson,...Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Thriller, Fantastique
Nationalité : Américain.
Durée : 1h56min.
Synopsis :
Les fractures mentales des personnes présentant un trouble dissociatif de la personnalité ont longtemps fasciné et échappé à la science, il se dit que certains peuvent également manifester des attributs physiques uniques pour chaque personnalité ; un prisme cognitif et physiologique dans un seul être.Kevin a manifesté 23 personnalités devant son psychiatre de longue date, le Dr Fletcher mais il en reste une, immergée, qui commence à se matérialiser et à dominer toutes les autres. Contraint d'enlever trois adolescentes, dont la volontaire Casey, Kevin se bat pour survivre parmi tous ceux qui évoluent en lui-même – et autour de lui- tandis que les murs entre ses personnalités volent en éclats.
Critique :
#Split ou un brillant thriller psychologique, anxiogène & totalement imprévisible, aussi hallucinant et fascinant que son interprète vedette pic.twitter.com/u8rqTgDSVk— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) January 10, 2017
Tous ceux qui, au début des années 2000 après les sorties monumentales de Sixième Sens et Incassable, voyaient en M. Night Shyamalan un futur Steven Spielberg en puissance, roi de l'entertainment racé et intelligent, doivent désormais se bouffer les yeux à la petite cuillère.
Non seulement le bonhomme n'a jamais su réussir à confirmer son potentiel statut (beaucoup trop vite offert par les critiques, on est d'accord) avec ses péloches suivantes - tout aussi divertissant que fut Signes et Le Village -, mais surtout en à peine dix ans, il avait accompli la prouesse de devenir le paria number two du tout-Hollywood juste derrière Uwe Boll.La machine à rêve est une putain ingrate on le sait, mais Shyamalan n'est pas à plaindre vu que le bonhomme s'est sadiquement amusé à donner autant qu'il l'a pu, le bâton pour se faire battre plus que de raison.
Et oui, pour perdurer à Hollywood, que tu t'appelles Steven Spielberg ou Marty Scorcese, il y a une règle et une seule à suivre : ne tourne JAMAIS le dos à l'industrie qui t'a fait naitre pour ton propre profit personnel.
Avec une sale image de mégalomane suffisant et caractériel (pour preuve son bras de fer avec Disney à l'époque de La Jeune Fille de L'Eau, que Mickey a bien fait d'éviter) collée avec de la super glu sur le front, il a pourtant brillamment su redresser la barre l'an dernier avec The Visit, petite et humble série B horrifique aussi imprévisible et glauque juste ce qu'il faut qu'elle est solide esthétiquement et scénaristiquement.
Thriller psychologique ambitieux et totalement imprévisible, prenant pour toile de fonds les fractures mentales d'un héros ayant un méchant trouble dissociatif de la personnalité (le personnage en aurait 23 différentes, même si le film n'en montre que quelques-unes, du psychopathe Dennis au mioche qui zozote, Hedwig, en passant par l'exubérant Barry), le film multiplie les fausses-pistes pour mieux berner un auditoire totalement acquis à sa cause, en le perdant lentement mais surement dans les méandres d'une toile d'araignée aussi vénéneuse que puissante.
Qui l'eût cru, Shyamalan est réellement de retour et ne semble pas le moins du monde, avoir perdu la sa capacité à signé une de ces oeuvres malicieuses et exigeantes, aux multiples niveaux de lectures, qui trottent dans les mémoires encore longtemps après vision.
Le roi est de retour, longue vie au souverain.
Jonathan Chevrier