[critique] – i.t. (2016)

Par Pulpmovies @Pulpmovies

Réalisé par : John Moore

Avec : Pierce Brosnan, James Frecheville et Stefanie Scott

Sortie : 10 novembre en e-cinéma

Durée : 1h35min

Distributeur : TF1 Video

3D : oui – non

1/5

I.T. TÉLÉPHONE MAISON…

Dans I.T., Pierce Brosnan est Mike Reagan, le dirigeant d’une compagnie de transport ultra-richissime et célèbre. Trop cool non ? Tout ce qu’on sait, c’est que la fameuse compagnie développe une application du type Uber… pour que la riche population puisse louer ses jets privés, et s’enrichir encore un peu plus. Et c’est à peu près tout. L’essentiel, c’est que Reagan est riche, puissant, et qu’absolument tout est à sa portée. Jusqu’à ce jour où, merde alors, son Powerpoint ultra-sophistiqué plante au cours d’une présentation. Surprise : Mike Reagan est un gros ignare en informatique, et c’est – évidemment – l’intérimaire qui le sauve. Un intérimaire qui – évidemment – est un gros geek psychopathe décidé à ruiner sa vie.

En plus simple : prenez tous les clichés les plus gros que vous pourrez trouver concernant l’informatique, les nouveaux moyens de communication, le hacking et les tarés, balancez le tout au mixeur, hachez violemment… et vous obtenez le scénario d’I.T. Un bon gros calvaire disponible « exclusivement en e-Cinéma », à grands renforts de publicité sur la grande chaîne nationale TF1, mettant en valeur son acteur vedette Pierce Brosnan.

Le truc, c’est que lui-même a l’impression de devenir trop vieux pour ces conneries. On le sent à côté de la plaque, le regard livide, dans un film qui compte avant tout sur son aura d’ex-James Bond mais dont le réel potentiel héroïque frise le néant absolu. Ce même si John Moore kiffe son acteur, vraiment. Le dernier plan, au ralenti, sublimant le regard bleu perçant de Brosnan envers sa screen girlfriend, avec une musique bien kitsch, relèverait presque du génie. Ce à quoi l’on s’attend forcément venant du réalisateur de Max Payne et Die Hard 4 !

Le néant, c’est ce qui caractérise tous les personnages du film, d’ailleurs. Reagan, en magnat de son domaine, ne connaît évidemment pas les noms de ses employés. Il vit dans une maison hyper-connectée dont il ne comprend pas grand chose, et calcule assez peu sa femme et sa fille. Enfin bon, quand ta fille de dix-sept ans est le stéréotype ultime de l’ado chieuse, ça se comprend : greffée à sa tablette, tout le temps en train de se plaindre que le WiFi est trop lent (non, on ne tolère pas « la WiFi » chez nous, navrés), et en pleine recherche de plaisir (il faut évidemment qu’elle veuille s’encanailler avec le fameux intérimaire).

Ed Porter, le fameux intérimaire (incarné par James Frecheville) est tout aussi hallucinant de médiocrité : puisqu’il est un geek/hacker/psychopathe (rayez la mention inadéquate), il vit forcément seul dans un appartement décrépi et sombre, dans lequel trônent environ six grands téléviseurs où s’affiche le résultat de ses expériences sur le dark oueb… et les photos de la jolie petite fille de Mike. Le tout sur un fond musical hyper grave/dark/electrotrash eurobeat, et la tête du mec aussi perturbante que celle de Morandini ouvrant ses mails après un casting. Gênant.

On prend peine à vouloir croire un seul instant à cette histoire ou même exprimer une quelconque empathie envers ses personnages – même à l’intervention de Mikael Nyqvist (le héros de la saga Millénium) en super hacker/nettoyeur/deus ex machina (vu que Reagan n’est pas foutu de s’en sortir tout seul). Après tout, le hacking, c’est magique, alors pourquoi se compliquer la vie à faire un scénario sophistiqué ? I.T. n’est même pas plaisant à regarder tant il semble convenu et à la limite de la caricature. Autant se faire un bingewatching des deux saisons de Mr.Robot que de s’infliger ce film, à moins d’être un Brosniac pur et dur (on n’avait pas d’autres idées pour appeler les fans de Brosnan). On sait aussi à qui pourrait plaire le film : aux fans de Taylor Swift, parce que, guess what? Son frère joue dedans ! Oui oui ! Mais guess what? (numéro deux) Son rôle de troisième roue du carrosse auprès de Nancy, la fille Reagan, est aussi creux que le reste. C’est vraiment triste.

Rien à sauver dans ce thriller où même Pierce Brosnan cabotine, conscient de l’escroquerie dans laquelle il s’est lancé.