Thugs cow-boys – Les 7 Mercenaires

Par Z. @Bizardbizard

Sortie le 28 septembre 2016 Réalisation : Antoine Fuqua Durée : 2h13

Avec : Denzel Washington, Ethan Hawke, Chris Pratt, Vincent D'Onofrio, Byung-Hun Lee, Manuel Garcia-Rulfo, Martin Sensmeier, Peter Sarsgaard, Haley Bennett

Production : MGM, Columbia Pictures, Escape Pictures, Pin High Productions

Distribution : Sony Pictures Releasing France

Le pouvoir des trois

Quinze ans après Training Day, Notre sainte Trinité nous est enfin revenue. Bien que le cinéma portant sur le temps de la porte de saloon battante n'est pas spécialement notre dada, on ne pouvait raisonnablement pas dire non à deux heures passées avec Denzel, Ethan et Antoine.

À la sombre époque où Jack (Daniels) et Jim (Beam) régnaient en maître, la paisible ville de Rose Creek connaît une période bien difficile. Passionné de billets verts, le riche industriel Bartholomew Bogue mène une vie impossible à ces humbles habitants. Fatigués et endeuillés ceux-ci font appel à Sam Chilsom, chasseurs de prime et conseiller pôle emploi à ses heures perdues. Afin de mener à bien sa mission et soucieux d'élargir ses horizons professionnels, l'homme à chapeau lance une grande campagne de recrutement, à la plus grande joie des chômeurs-bandits du Far West. C'est accompagné de six heureux rois de l'assassinat que Chilsom s'en va reprendre Rose Creek aux mains diaboliques du businessman sans cœur.

Adaptation plus proche des Sept Samouraïs que de la version de 1960, Les 7 Mercenaires est un pur divertissement qu'il faut savoir prendre comme tel. Si Antoine Fuqua fait voyager sa thug patte dans le temps, il cherche avant tout à nous offrir du grand spectacle, des personnages haut en couleurs incarnés par de purs acteurs, et surtout, des fusillades à gogo. Bien que les codes du western soient respectés, c'est surtout le côté street du genre qui est exploité ; comprenez par là une multitude de punchlines et du cow-boy aussi swagg que badass. Et ce n'est pas avec quelques chapeaux et deux scènes de cavalcades endiablées que l'on nous fera dire le contraire (Antoine, nous t'avons reconnu sous ton bandana).

L'époque où la guerre se faisait en costume trois pièces n'est qu'une couverture et une toile de fond à ce film qui amuse et s'amuse. Le réalisateur, pas vraiment reconnu pour son esthétique plutôt lisse et sa réalisation plutôt simple, transpose ses thèmes de prédilections et sait faire jouer ses atouts : la direction d'acteurs et le gunfight. Car si Les 7 Mercenaires ne compte pas le scénario - laisser aux mains de Nic Pizzolato MONSIEUR True Detective - dans les qualités que l'on peut lui louer, les personnages sont sûrement ce qu'il y a de plus réussi. Là encore on ne parlera pas de l'écriture, d'une banalité et d'une brusquerie caractérisée, mais bien des acteurs et de leur interprétation. Le plaisir de jouer au cow-boy est palpable et chacun des comédiens sait faire de ce petit bonheur personnel quelque chose de sympathique à regarder. Si cet aspect saura exaspérer certains, le cœur sensible de quelques autres (comme nous) sera évidemment touché au plus profond grâce à la réunion du " motherfucking wolf " et de son apprenti (Denzel Washington et Ethan Hawke. La décence nous oblige à le préciser, mais sachez que notre œil est partout et vous jugera avec mécontentement si vous n'aviez pas compris la référence à Training Day en lisant ces lignes).

Ainsi, malgré un scénario peu poussé et sans surprises, Les 7 Mercenaires sait être à la hauteur de ce qu'on lui demande: être un film efficace et divertissant. Fort d'un casting trois étoiles et d'un budget conséquent, le dernier bébé d'Antoine Fuqua saura amuser ou légèrement ennuyer, selon ce que chacun voit dans le verre de bourbon.

L'avis de Bizard Bizard : allez-y trot (mais au triple galop pour la fin fucking fuquiesque !)

Nous tenons à nous excuser de l'emportement émotionnel dont nous faisons preuve lorsque le sujet de Training Day est évoqué.

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