American Nightmare : The Purge (Une nuit par an, le crime est légal)

Par Olivier Walmacq

Réalisateur : James DeMonaco

Année : 2013

Genres : Thriller, Epouvante-horreur

Durée : 1h26 (interdit -12 avec avertissement)

Résumé

Dans une Amérique rongée par une criminalité débridée et des prisons surpeuplées, le gouvernement a donné son accord pour qu’une fois par an, pendant 12 heures, toutes activités criminelles, meurtres inclus, soient légalisées. La police ne peut intervenir. Les hôpitaux suspendent leurs services. Une nuit durant, les citoyens sont à même de définir leurs propres règles et de faire leur propre loi, sans avoir à craindre de sanctions. Au cours d’une telle nuit hantée par la violence et le crime, une famille va devoir faire un choix – bourreau ou victime ? – face à un inconnu venu frapper à sa porte.

La critique :

Pour ma tout première chronique sur le blog de Cinema Choc, je viens pour vous proposer une toute nouvelle chronique sur un film dont le 3eme épisode sort tout juste dans les salles obscures, à savoir American Nightmare, La Purge en VF.

Je vais être directe, ce film n'est pas un film extrême ou choquant dans la lignée de ceux que vous avez l'habitude de voir. Néanmoins, il offre une réflexion et une vision sur un futur peut être pas si éloigné que ça.

Critique mitigée tant du côté presse que du côté spectateur, il faut dire qu'avec un tel postulat, la violence légalisée durant 12heures comme solution face à la criminalité et au chômage dans un pays en crise et en banqueroute morale, le film risquait aisément de sombrer dans de nombreux pièges, en particulier celui d'une fin angélique, totalement en inadéquation après le déchaînement de violence l'heure précédente. Soyons honnête, ce film accumule de nombreux défauts : qualité inégale du jeu des acteurs, personnages souvent caricaturaux, clichés à gogo, postulat qui vire au home invasion, happy end totalement ridicule et risible. Bref, il ne part pas gagnant dans la catégorie des films indispensables.

Cependant, c'est un film qui m'a accroché d'une certaine manière. Alors certes, ce n'est pas le film de l'année 2013 (l'année de sa sortie) mais il propose quand même une version moins reluisante de l'Amérique. Le rêve américain s'est transformé en cauchemar, d'où le titre. Pour défendre sa prospérité, les nouveaux pères fondateurs sont prêts à renier les valeurs d'humanisme en laissant la rage et la haine (et même plus simplement, la cruauté et le sadisme gratuit) s'exprimer le plus librement possible, se cachant derrière une criminalité et un chômage en baisse les 364 autres jours de l'année qui justifiraient la purge ce jour particulier. A l'heure où les USA sont secoués par des tensions entre les communautés et d'une manière plus globale, la violence tant par la parole que par des agressions physiques filmées et diffusées sur les réseaux sociaux sans aucun complexe, sans parler des derniers attentats, qui semblent se libérer et atteindre un point de rupture, American Nightmare pourrait devenir la nouvelle tentation d'un monde toujours plus égoïste, toujours plus indivualiste, proche de l'implosion et dont les valeurs ne trouvent plus d'écho dans une population totalement désabusée et qui ne sent plus écoutée.

Derrière les slogans patriotiques voire nationalistes et les discours pré et post-purge, on y décèle une certaine jubilation de la part des autorités qui affichent sans complexe le fait notamment de se débarrasser des élèments qu'ils considèrent comme nuisibles sans pour autant se salir les mains ou du marché des armes toujours plus florissant. Les extraits en voix off du générique de fin, qui soulignent entre autres qu'il "reste 364 longs jours avant la nouvelle purge", démontrent avec quelle facilité les gens comme les gouvernements peuvent s'accommoder de telles décisions qui sont en contradiction avec les principes démocratiques. Autre phrase assénée qui renforce ce propos, tant dans ce premier film que dans le suivant, à savoir : "c'est le gouvernement qui m'en donne le droit (de tuer qui que ce soit pendant cette fameuse nuit). Déresponsabilisation totale.
Si le gouvernement a sa part de culpabilité dans les nombreuses morts en ayant légiféré pour qu'une telle nuit puisse avoir lieu, les citoyens eux-mêmes portent cette part de responsabilité, puisqu'ils ont le choix de ne pas tuer. Sans doute est-ce là la raison de la fin avec la décision de la mère de famille (Lena Headey), l'un des rares personnages à tirer son épingle du jeu, (très différente de ses rôles en Reine de Sparte dans 300 ou en Cersey Lannister de la série Game of Throne, j'avoue que sur le coup, je ne l'avais pas reconnue) d'épargner ceux qui voulaient la tuer, ainsi que ses enfants par pure jalousie (et en effet, on est loin de la Cersey qui fait tout péter avec un sourire satisfait dans le dernier épisode de GoT... bref... laissons les habitants de Westeros et revenons à nos braves citoyens américains...).

Revenons un peu sur cette fin considérée par nombre de spectateurs comme décevante par rapport au reste du film. En effet, on ne pouvait que s'attendre à un final apocalyptique après la nuit d'horreur vécue par la famille qui croyait être protégée par une sécurité sophistiquée. Résultat, une fin au goût d'inachevé sur une note d'optimisme de la nature humaine qui a pourtant montré le pire d'elle-même. Mais avec du recul, le choix pris par la mère de famille n'est peut-être pas dénué de logique, en tout cas par rapport au message délivré par le film. Après, il est vrai que la conclusion finale vient plomber le film .

Enfin, dernier point, pas lié au premier film mais à la sortie du 3eme opus, qui d'ailleurs est confronté à un sérieux concurrent, à savoir Independance Day : Resurgence, une franchise totalement à l'opposé d'American Nightmare. Ironie du cinéma ou hasard, je ne le sais pas du tout. En tout cas, le timing était suffisamment amusant pour être signalé. En conclusion, American Nightmare : The Purge possédait un véritable potentiel qui, malheureusement, a été gâché par les nombreux défauts pré-cités.

Ma note : 08/20

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