La Petite Mort (Séquence léthargique)

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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux moins 18 ans)
Année : 2009
Durée : 1h16 (version uncut)


L'histoire : Trois jeunes touristes allemands déambulent dans les rues de la ville de Stuttgart en attendant de prendre leur avion pour Majorque en vue de vacances idylliques. Au détour d'une impasse, ils s'arrêtent prendre un verre dans un bar pour tuer le temps... sans se douter un seul instant de l'enfer qu'ils vont vivre.

La critique :

Les amateurs d'horreur underground d'outre Rhin connaissent bien Jorg Buttgereit, Olaf Ittenbach, Marian Dora ou encore Andreas Shnass. Tous ces réalisateurs sont des adeptes d'un cinema extrême mêlant souvent l'ultra violence et un côté malsain de la nature humaine. A cette liste, il conviendra d'ajouter dorénavant le nom d'un petit  nouveau : Marcel Walz. Avec La petite mort, celui ci entre de plein pied dans le club fermé des teutons psychopathes et mal lunés.
Les débuts de Walz ont lieu en 2008 avec Tortura, film confidentiel passé totalement inaperçu. L'année suivante, il s'attelle à la réalisation de La petite mort, oeuvre déjà plus ambitieuse, avec comme collaborateurs, Marian Dora (Melancholie der engel) au scénario, et Olaf Ottenback (Black past, The burning moon) à la réalisation des effets spéciaux. Deux noms qui auraient dû être un gage de qualité.

Hélas, si les effets spéciaux sont proprement sidérants (j'y reviendrai), le reste du film n'est pas à la hauteur et globalement, La petite mort s'avère être une relative déception. Tournée en 16mm, aux limites de l'amateurisme, ce film ne marquera pas les annales du cinema. Au casting, on relèvera surtout la présence de Manoush, véritable papesse du gore allemand. Attention spoilers ! Simon, sa petite amie aveugle et Dodo, une copine du couple, arrivent à Stuttgart en vue d'embarquer pour Majorque le soir même. Au programme, des vacances de rêve au soleil.
En attendant, camescope au poing, ils se balladent dans les rues de la ville, quand ils décident de faire une pause au Jail's, un bar à l'entrée discrète et mal éclairée. Dans ce club vaguement SM, une gogo danseuse se trémousse sur la piste tandis qu'une hôtesse vient, sans détour, importuner les trois amis en draguant ouvertement Simon, seul mâle du groupe. Bien sûr, les filles s'en mèlent et le climat s'envenimant, tout ce petit monde commence à perdre ses nerfs. Aussitôt dit, aussitôt fait, notre trio se retrouvera bailloné et ligoté en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

Il faut dire que ce club un peu spécial appartient à Madame Madeleine, curieux mélange entre Cruela et Madame Claude, et que les deux entraineuses sont ses filles Angelique (prénom peu approprié !) et Dominique. Toutes trois sont de vraies furies. Elles séquestrent et torturent elles mêmes de jeunes proies, féminines de préférence. Elles peuvent aussi les réserver, moyenant finances, à de vieux pervers friqués en mal de sensations fortes (ça vous rappelle pas quelque chose ?). Voilà pour l'intrigue, aussi fine que le fil à couper le beurre... Walz met un quart d'heure à nous présenter les personnages puis consacrera une heure de son film aux tortures, toutes plus gratinées les unes que les autres. A partir de là, bienvenue dans un monde d'énucléation, d'émasculation, de scalps et autres douceurs !
Nous aurons droit, également, à une langue prise dans un piège à rat ainsi qu'à une machine à broyer les membres. Une infortunée victime sera d'ailleurs obligée de boire le sang de son bras, tout fraîchement arraché... un vrai bonheur !

Si j'énumère en détail toutes ces horreurs, c'est pour souligner le gros point fort du film: les effets spéciaux. D'un réalisme effrayant, ils sont signés par un Olaf Ittenbach en super forme. Nul doute qu'une grande partie du budget soit passée en confection de prothèses, ce que le bonus du dvd tendrait à confirmer. Les tortures sont effectuées avec un plaisir non dissimulé par les actrices et les torturés sont au diapason. Car il faut le reconnaître, les acteurs sont assez convaincants, ce qui assez rare dans ce genre de production. Je passerai très vite sur la fin du film où, comme par hasard, une victime expiatoire, Dodo en l'occurrence, réussira à échapper à ses tortionaires, zigoullera Angelique et Dominique, les deux soeurs infernales, et parviendra à faire arrêter Madame Madeleine, que l'on devinera destinée à passer de longues années à l'ombre. La petite mort serait tirée d'un fait divers qui eu lieu en 1996 dans le sud de l'Allemagne.
Résolument trash mais pas vraiment extrême, ce torture porn se positionne entre le gentil Hostel et l'effroyable Tumbling doll of flesh, d'où un léger sentiment d'inachevé chez l'amateur de ce genre de cinema. Avant de conclure, il faut quand même dire un mot sur ce titre étrange : La petite mort. En fait, ce serait comme cela que l'on nomme l'instant précis qui survient juste après l'orgasme masculin. Un court laps de temps où l'homme se retrouve hébêté, à bout de souffle et où il est plongé dans un état de satisfaction léthargique de "petite mort". Quel rapport avec le film ? Ça, allez le demander à Marcel Walz !

Côte : Navet

tumbling doll Inthemoodforgore