[CRITIQUE] : A Second Chance

[CRITIQUE] : A Second Chance
Réalisateur : Susanne Blier
Acteurs : Nikolaj Costar-Waldau, Lykke May Andersen, Nikolaj Kie Laas, Maria Bonnevie,...
Distributeur : KMBO
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Danois.
Durée : 1h42min.
Synopsis :
Andreas est un jeune inspecteur prometteur qui gère, en plus de son travail, les crises et déboires de Simon, son coéquipier récemment divorcé. Quand il rentre de son service, il a le bonheur de retrouver sa femme et leur nouveau-né. Un matin, Andreas et Simon sont appelés pour une violente dispute chez un couple de junkies. Ils découvrent sur place un nourrisson laissé pour compte, caché dans un placard. Par identification avec son propre enfant, Andreas est en état de choc. Il retourne plus tard chez lui perturbé par cette intervention. En pleine nuit les cris de sa femme le réveillent. Face à l'impensable, Andreas va prendre une décision au-delà de toute raison.

Critique :
#ASecondChance ou un thriller amer et rugueux, certes prévisible mais au suspens maitrisé et porté par un Nikolaj Coster-Waldau convaincant— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) 18 Décembre 2015

Depuis que le succès monstrueux de l'inestimable série HBO Game of Thrones ne se fait plus démentir, force est d'avouer qu'une grande partie de son casting vedette est devenu hautement attrayante aux yeux du septième art mondial.
Si certains se retrouvent même dans des blockbusters Hollywoodiens loin d'être fameux (Kit " Pompeï " Harrington, Emilia " Terminator Genisys " Clarke, Peter " Pixels " Dinklage), d'autres, dont la carrière était déjà pleinement consommée avant le démarrage du show, ont préféré perdurer dans l’industrie avec des projets  un poil plus mineur, non sans démontrer un certain gout pour les péloches de qualité.
[CRITIQUE] : A Second Chance
Personnage phare de la série (le salopard repentit Jaime Lanister), Nikolaj Coster-Waldau est décemment de cette seconde catégorie, même si le bougre s'est décidé à tâter du film à gros budget tout récemment, dans ce qui sera sans l'ombre d'un doute l'un des gros tâcherons de l'année ciné 2016 - Gods of Egypt du pourtant génial Alex Proyas.
Découvert en vedette dans Le Veilleur de Nuit d'Ole Bornedal (le film original, pas le remake toujours signé Bornedal), et ayant trainé sa trogne dans quelques masterpieces durant les années 2000 (les deux Ridley Scott, La Chute du Faucon Noir et Kingdom of Heaven), le bonhomme a surtout su démontrer depuis GOT son habileté à rattaché son nom à quelques bons films made in Europe (Headhunters, Mama, L’Épreuve) et même ricain (Oblivion).
Cette fois, il nous revient devant la caméra de l'excellente cinéaste danoise Susanne Bier (Nos Souvenirs Brûlés, Revenge, Love is all you need), dont le très beau Serena, porté par le formidable duo Bradley Cooper/Jennifer Lawrence (surtout), avait incarné l'une des plus belles fresques de l'année 2015; avec A Second Chance, thriller urbain dans la froideur du cadre danois.
[CRITIQUE] : A Second Chance
On y suit le destin d'Andreas, jeune inspecteur de police tout récemment papa d'un fils, Alexander, qu'il vient d'avoir avec sa femme Anna. Les premiers mois des nouveaux parents s’avèrent exceptionnellement éprouvants parce que leur bébé peine à trouver le sommeil. Lors d’une intervention avec son collègue et ami Simon, Andreas recroise le chemin de Tristan, un toxicomane violent qu’il avait déjà mis derrière les barreaux.
Il habite désormais avec Sanne et leur bébé Sofus dans des circonstances épouvantables.
Quand Alexander meurt subitement en pleine nuit, Andreas prend une décision lourde de conséquences...
Sous fond de dualité entre le bien et le mal (thème usé jusqu'à la moelle), que ce soit aussi bien dans le mode de vie de deux familles à l'éducation parentale contrasté, que dans le conflit intérieur d'un homme foncièrement bon mais capable de l'impardonnable; Suzanne Blier signe avec A Second Chance un thriller noir et intense certes dénué de toute originalité - le déjà-vu n'est jamais loin - mais joliment efficace et prenant dans sa critique assassine des dérives de la société danoise et ses multiples coups de théâtres.
Une mise en abime terrible d'un justicier en apparence juste et sans reproche qui, pour l'amour de sa femme - et de son fils également -, n'hésitera pas à plonger tête la première dans une voie de non-retour (l'acte immoral d'échanger un bébé mort contre un autre vivant, qui n'est pas le sien) aux conséquences terribles, aussi bien pour ses proches que pour " l'autre " famille.
[CRITIQUE] : A Second Chance
Brassant des thèmes profondément contemporain (la question de la maternité chez certaines femmes pas forcément " faites " pour être mère, les limites de la moralité) et masquant ses faiblesses scénaristiques - c'est assez prévisible tout du long - par un rythme enlevé (bien aidé par une mise en scène nerveuse), une narration au suspens maitrisé - et qui prend souvent aux tripes - ainsi que par une direction d'acteurs inspiré.
Outre la prestation subtile d'un Nikolaj Coster-Waldau tout en intériorité et les nerfs à vifs,on retiendra également les prestations convaincantes des deux mères, Lykke May Andersen et Maria Bonnevie.
Amer et rugueux sans pour autant péter dans la soie de l'originalité, A Second Chance est un excellent thriller sombre et moraliste au casting remarquable.
Un bon petit film pour commencer une année 2016 aussi prometteuse que la précédente...
Jonathan Chevrier
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