Le Grand Jeu (2015) de Nicolas Pariser

Premire long métrage écrit et réalisé par Nicolas Pariser qui s'était fait connaitre par le court métrage au titre prémonitoire "La République" (2009 - prix Jean Vigo). La République, il en est question dans ce premier film qui s'inspire de l"The Ghost Writer" (2010) de Roman Polanski et'affaire Tarnac, qui a éveillé en Pariser un idée : "jusque-là, j'avais plutôt l'intuition que les gauchistes n'intéressaient plus ni la police ni le pouvoir en général..." ... La première idée est donc d'en faire un thriller politique, sorte de mixte entre les excellents "L'Exercice de l'État" (2011) de Pierre Shoeller, ajouté avec peut-être "Le Quatrième Pouvoir" (2012) de Dennis Gansel. Malheureusement le thriller politique prend l'eau à la moitié du récit pour se transformer un romance impossible sur fond politique.

Le Grand Jeu (2015) de Nicolas PariserLe Grand Jeu (2015) de Nicolas PariserNote : Grand (2015) Nicolas PariserGrand (2015) Nicolas Pariser

Le réalisateur prévient lui-même d'ailleurs de son choix. Il a décidé de se servir de l'affaire Tarnac comme contexte pour finalement choisir une "démarche romanesque". Quel dommage ! Le scénario prend alors un virage assez net à mi-parcours alors que la première partie instaurait un mystère et une machination sous-jacente intéressante. A mi-film on tombe sur 30mn d'ennui profond dans une ferme écolo-anar où notre romancier nègre oublie ses déboires mais à toute sa tête en se donnant à fond pour mettre la fille dan son lit. On frôle le hors sujet. Que dire de la fin, cette poursuite puérile par des "amis" à priori innoffensifs ?! Heureusement le film recèle d'autres points forts. Un joli casting d'abord avec Melvil Poupaud idéal en bobo ruiné à la fois arrogant et paumé, la charmante Clémence Poésy en militante d'extrême gauche, l'émouvante Sophie Cattani et surtout l'impeccable André Dussolier dans un rôle de politique de l'ombre dans un rôle qui rappelle un autre dans une autre affaire politique dans "Une Affaire d'État" (2008) de Éric Valette. Sur le fond politique le film est d'une lucidité implacable aidé par des dialogues aussi clairvoyants que cyniques. Le côté thriller tient la route jusqu'à cette partie de campagne trop longue. Sur la romance, juste une mante religieuse qui a grignoté le sujet principal, le dentre même de notre intérêt pour le film. En soi un bon film qui se regarde, mais qui râte sa cible et trompe notre envie par un ennui qui grandit au fur et à mesure qu'arrive la fin. Dommage.

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